L’alimentation bio est plus saine, même pour les oiseaux

perdrix grises Harchies

REPORTERRE            Margaux Otter

perdrix grise

Pourquoi les perdrix disparaissent-elles aussi massivement ? Des chercheurs ont étudié les effets des pesticides sur leur santé. Résultats : une immunité en berne, des petits œufs, une reproduction altérée… « Le développement du bio pourrait sauver les agrosystèmes », conclut un chercheur.

« Chez les oiseaux aussi, manger bio est meilleur pour la santé. » C’est le constat d’une étude publiée en mars 2021 dans Environmental Pollution. En 2017, pendant vingt-six semaines, des chercheurs du Centre d’études biologiques de Chizé, dans les Deux-Sèvres, et du laboratoire Biogéosciences de l’Université de Bourgogne ont étudié les effets des produits phytosanitaires sur la santé des oiseaux. Pour cela, ils ont nourri quarante perdrix grises de céréales issues soit de l’agriculture conventionnelle, soit de l’agriculture biologique et en ont étudié les effets sur leur santé. L’étude a été renouvelée l’année suivante avec trente-huit oiseaux.

Ils n’ont pour cela ajouté aucun pesticide dans l’alimentation. « Pour étudier les chances du survie des oiseaux après exposition aux pesticides, les autres études ont recours à l’intoxication. Pour des raisons éthiques, nous nous sommes refusés à cela, dit à Reporterre Vincent Bretagnolle, du Centre d’études biologiques de Chizé, rattaché au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). « Nous ne voulions pas entrainer la mort des individus mais étudier les effets sublétaux, délétères à long terme, et l’effet cocktail des pesticides. » Les graines provenant de l’agriculture conventionnelle ne contiennent ainsi que de très faibles résidus d’une quinzaine de pesticides. Une nourriture que les oiseaux sont susceptibles de retrouver dans la nature. « Même une toute petite différence entraîne des effets spectaculaires », souligne le chercheur.

« Elles ont plus de mal à prendre leur envol et deviennent des proies plus faciles »

À peine dix semaines après le début de l’expérience, les chercheurs ont réussi à mettre en évidence une dégradation nette de l’état de santé des perdrix consommant des aliments non biologiques, avec des dérèglements physiologiques et comportementaux. « En période de reproduction, une tâche colorée apparait sur la joue des individus mâles. Plus elle est colorée, plus l’oiseau est en bonne santé. Or, nous avons observé qu’elle était de couleur moins intense chez les oiseaux nourris avec des graines issues de l’agriculture conventionnelle », explique Jérôme Moreau, chercheur à l’université de Bourgogne et premier auteur de l’étude. Chez les individus femelles, les pesticides tendent à dérégler le stockage du gras. « Les pesticides pourraient donc être une cause potentielle d’obésité chez l’humain. »

La nourriture a également des conséquences sur la reproduction des perdrix. Dans les volières, les mâles sont actifs plus longtemps : « On peut imaginer qu’à cause de la tâche de la joue peu colorée, les mâles ont plus de mal à séduire les femelles. » Les femelles nourries avec des graines issues de l’agriculture conventionnelles, elles, pondent moins. Et selon l’étude, leurs œufs sont en moyenne 10 % plus petits que ceux des femelles nourries avec du bio. « C’est très important car la taille de l’œuf prédit celle du poussin à la naissance et son taux de survie à l’envol », précise Vincent Bretagnolle.

« Les pesticides pourraient être une cause potentielle d’obésité chez l’humain. »

L’ingestion de graines présentant des résidus de pesticides affaiblit enfin les défenses immunitaires des perdrix, expliquent les chercheurs. « Le taux d’hématocrite [soit le volume occupé par les globules rouges dans le sang par rapport au volume total de sang] des perdrix diminue, elles développent ainsi une sensibilité accrue aux pathogènes. En réduisant les défenses immunitaires, les pesticides rendent aussi indirectement les oiseaux moins armés face aux prédateurs. Moins vifs, ils ont plus de mal à prendre leur envol et deviennent des proies plus faciles. »

95 % des perdrix grises disparues dans les Deux-Sèvres depuis 1994

À long terme, une exposition chronique à des doses faibles peut avoir des effets tout aussi dévastateurs sur la survie des individus. Selon l’étude, les perturbations engendrées par les pesticides expliquent en partie la disparition des perdrix du paysage agricole : « Depuis 1994, la population de perdrix grises a baissé de 95 % dans le sud du département des Deux-Sèvres, sur notre zone d’étude. L’espèce est aujourd’hui menacée en France, regrette Vincent Bretagnolle. Nous avons donc cherché à comprendre pourquoi nous perdons des oiseaux. »

Les deux chercheurs regrettent le manque d’analyse des conséquences à long terme en condition naturelle des pesticides avant leur commercialisation. « Les parcelles d’agriculture conventionnelles participent à la perte de biodiversité. Le développement du bio, au contraire, redéveloppe la biodiversité et pourrait sauver les agrosystèmes », conclut Jérôme Moreau.

Ces oiseaux du quotidien dont la population s’effondre

les oiseaux disparaissent

Le nombre d’oiseaux les plus communs, dont le tarier des prés, le chardonneret élégant ou le martinet noir, est en fort déclin depuis trente ans, selon un nouveau rapport. Les raisons de ce déclin : intensification agricole, pesticides, actions humaines…

Les espèces d’oiseaux, même les plus communes, celles que l’on voit tous les jours, connaissent un fort déclin en France depuis trente ans. Voici le constat du programme de Suivi temporel des oiseaux communs (Stoc), mené par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), la Ligue de protection des oiseaux (LPO) et l’Office français de la biodiversité (OFB), dont les résultats ont été publiés lundi 31 mai.

Depuis 1989, plus de 2 000 ornithologues bénévoles ont observé l’évolution du nombre d’oiseaux sur plusieurs territoires donnés. Ils sont retournés aux mêmes endroits, aux mêmes périodes, année après année, notant scrupuleusement tous les volatiles qu’ils apercevaient ou entendaient. Trois décennies plus tard, leur état des lieux est sans appel : sur 123 espèces d’oiseaux les plus communes en France, 43 régressent (soit environ 35 % des espèces étudiées).

« Les oiseaux sont d’excellents indicateurs de l’état de santé des écosystèmes, indique Caroline Moussy, responsable d’enquêtes avifaunes à la LPO et coordinatrice du Stoc. Ces résultats sont très inquiétants pour notre biodiversité commune, même s’ils ne concernent pas des espèces en voie d’extinction, car ils sont le symptôme d’un gros déséquilibre dans notre environnement. » Pour rendre ce bilan plus concret, Reporterre détaille le cas de trois oiseaux communs dont le nombre se réduit d’année en année.

  • Le tarier des prés

Sourcil blanc, poitrail orange, ce petit oiseau était emblématique des milieux agricoles. Mais sa population est en baisse de 60 % depuis vingt ans. « Les tariers des prés [Saxicola rubetra] allaient de pair avec les pâtures extensives, qui leur fournissaient de la nourriture et des endroits où nicher, précise Caroline Moussy. Mais ils ont été affectés par les changements de sols, et par le fait que les pâtures aient été converties en de grandes monocultures. »

les oiseaux disparaissent Tarier des prés. Flickr/CC BY 2.0/Frank Vassen

« On a l’impression de toujours rabâcher les mêmes choses, soupire-t-elle. Il faut changer cette tendance d’intensification agricole, il faut aller vers de l’agroécologie, aider les éleveurs à garder leur activité, ces prairies extensives, continuer à planter et protéger des haies, etc. » Ces changements de pratique aideraient au redéveloppement de la population des tariers des prés, mais seraient évidemment aussi favorables à toutes les espèces, et pas seulement d’oiseaux.

  • Le chardonneret élégant

Ce petit volatile à la face rouge écarlate et aux ailes bariolées de noir et jaune est davantage observé dans les milieux urbains, il niche dans les arbres ou buissons des parcs et jardins. Il n’échappe pas non plus à un fort déclin : sa population a été réduite de près de 31 % ces vingt dernières années. Pour cet oiseau, les raisons de cette baisse sont moins évidentes. « Le Stoc en lui-même n’a pas vocation à évaluer les causes du déclin, c’est un indicateur d’état des espèces », rappelle Caroline Moussy.

les oiseaux disparaissent

Chardonneret élégant. Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0/Ghislain38

Quelques hypothèses peuvent toutefois être mises en avant. « L’artificialisation des friches privant le chardonneret élégant (Carduelis carduelis) de nourriture pourrait être en cause, le braconnage pourrait aussi contribuer à son déclin », suppose la coordinatrice du programme.

  • Le martinet noir

Cette espèce, qui passe le maximum de son temps en vol, est reconnaissable à ses ailes en forme de faucille et à sa couleur foncée. Au fil du temps, le martinet noir est devenu un oiseau urbain, habitué des milieux bâtis, nichant dans les coins de fenêtres des immeubles, des cavités ou sous les toits des bâtiments. Sa population est en baisse de près de 46 % depuis 2001. Il a pu subir la transformation des bâtiments, la rénovation des façades, et plus globalement l’artificialisation des milieux urbains. « À cela peut s’ajouter un conflit avec l’humain : certaines personnes n’ont parfois pas envie d’avoir un oiseau qui niche sur leur fenêtre et fait des déjections partout », soupçonne Caroline Moussy.

les oiseaux disparaissent

Martinet noir. Capture d’écran YouTube/Jean-François Cornuet

« Le martinet noir [Apus apus] est une espèce insectivore, or le nombre d’insectes décline lui aussi, rappelle-t-elle aussi. On connaît très bien les raisons de cette disparition : l’utilisation en milieu agricole de pesticides, et notamment d’insecticides néonicotinoïdes. » Des études ont montré une corrélation spatiale et temporelle entre la commercialisation massive de l’imidaclopride (la substance néonicotinoïde la plus commercialisée en France depuis 1991 [1]) et le déclin des oiseaux.

Le 21 mai 2021, désemparée face au manque d’action politique, la LPO a décidé d’emprunter la voie de la justice. Elle a assigné devant le tribunal judiciaire de Lyon les principaux producteurs, importateurs et distributeurs d’imidaclopride en France. Le but : réclamer une expertise judiciaire pour déterminer l’étendue des dommages et les mesures de réparation à engager. L’association demande aussi au tribunal de faire cesser immédiatement toute commercialisation de produits contenant cette substance.

« Certaines personnes veulent aider les oiseaux avec des petits gestes individuels, comme créer un refuge dans son jardin, dit Caroline Moussy. C’est bien, chaque petite action aide, mais au niveau de déclin de la biodiversité où nous en sommes, il faut passer à une action beaucoup plus importante. C’est une réelle action politique qu’il nous faut. »

À lire en complément

Combien d’oiseaux sont présents sur Terre ?

En Alsace, les cigognes plus nombreuses que jamais

cigognes en alsace1

Des cigognes et leurs petits à Neuwiller-les-Saverne, dans le Bas-Rhin, le 4 juin 2021

AFP – FREDERICK FLORIN

 

Par AFP le 07.06.2021 à 12h30, mis à jour le 07.06.2021 à 15h48 Lecture 4 min.

Les cigognes ont frôlé l’extinction en Alsace. En 1974, Haut-Rhin et Bas-Rhin ne comptaient plus que neuf nids, alors qu’il y avait encore 145 couples en 1960. Aujourd’hui, un comptage national souligne la bonne santé de cette population

Leurs bruyants claquements de bec et leurs nids imposants font partie du paysage: en Alsace, les cigognes blanches n’ont jamais été aussi nombreuses, selon un comptage national en cours, signe de la réintroduction réussie d’une espèce qui peut désormais voler de ses propres ailes.

Jumelles sur les yeux, téléphone dans la main, Yves Muller scrute minutieusement les nids perchés sur un mât, un arbre ou un toit. « Un adulte avec trois jeunes », « un nid supplémentaire que je n’avais pas vu »…, dicte-t-il, avant de rentrer ces éléments dans une base de données localisant précisément chaque nid.

« Le but est de connaître exactement la population française de cigognes blanches et sa répartition, car si on veut protéger une espèce, il faut connaître ses effectifs », explique le président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Alsace.

Depuis plusieurs semaines, des centaines d’observateurs bénévoles examinent nids et couvées de cigogneaux.

Commune d’un millier d’habitants dans le parc naturel des Vosges du Nord, Neuwiller-lès-Saverne compte au moins trente nids. Certains atteignent plusieurs centaines de kilos et un mètre voire deux de haut. Chaque année les couples de cigognes ajoutent une épaisseur de branchages.

Jeune retraité et photographe amateur, Dominique se souvient avoir vu un premier couple d’oiseaux s’installer à Neuwiller-lès-Saverne « au début des années 1990 ». « Maintenant toutes les places sont occupées, c’est la crise du logement », plaisante celui qui a pris des milliers de photos de « (s)es voisines ».

– 1.200 nids –

Le recensement effectué par la LPO cette année est « le premier comptage exhaustif au niveau national » pour cette espèce, explique Yves Muller.

Si l’oiseau noir et blanc au bec rouge est présent depuis au moins le Moyen-Âge en Alsace et en est devenu un symbole, des cigognes blanches venues d’Espagne se sont aussi installées en nombre sur la façade atlantique du pays, en Charente-Maritime, en Gironde, ou dans le Morbihan.

Les données finales de ce comptage devraient être connues cet hiver. D’ores et déjà, une première estimation chiffre la population alsacienne à « 1.200 nids occupés », avec, pour chacun, un couple d’oiseaux et jusqu’à cinq jeunes qui prendront leur envol vers la mi-juin.

Une telle population est du jamais vu, alors que la cigogne a frôlé l’extinction en Alsace. En 1974, Haut-Rhin et Bas-Rhin ne comptaient plus que neuf nids, alors qu’il y avait encore 145 couples en 1960.

Une très forte mortalité intervenait pendant la migration hivernale. Les cigognes étaient chassées, la sécheresse dans le Sahel les empêchait de trouver suffisamment de nourriture et les lignes électriques les fauchaient en plein vol.

– Reproduction en captivité –

L’Alsace se lance alors dans des opérations de réintroduction de son oiseau fétiche, avec des « enclos de repeuplement », dans lesquels sont élevées des cigognes en captivité, perdant en quelques années leur instinct migratoire.

cigognes en Alsace 1

Une cigogne et ses cigogneaux dans leur nid, le 4 juin 2021 à Newiller-lès-Saverne, dans le Bas-Rhin (AFP – FREDERICK FLORIN)

Les cigogneaux relâchés dans la nature ont permis à l’espèce de prospérer de nouveau rapidement. Quelque 79 couples sont dénombrés en 1990, puis 565 en 2011 et 788 en 2015.

« On a sauvé les cigognes d’Alsace, maintenant on laisse la population évoluer librement », explique Yves Muller, régulièrement interrompu par les claquements de bec d’une cigogne saluant son conjoint de retour dans le nid avant de régurgiter la nourriture rapportée aux cigogneaux.

Si la cigogne blanche reste une espèce protégée, la LPO plaide pour que l’oiseau ne soit plus nourri artificiellement et que la population se régule naturellement en fonction de la nourriture trouvée dans les zones humides.

Le sauvetage de la cigogne blanche a reposé sur une « spécificité » de l’espèce, celle de bien se reproduire en captivité.

« On ne peut pas faire avec tous les oiseaux ce qu’on a réussi avec la cigogne », regrette Yves Muller. En Alsace, le grand tétras ou le courlis cendré sont en voie d’extinction.

Combien d’oiseaux sur terre ?

moineau domestique

Combien d’oiseaux sont présents sur Terre ?
Par Anne-Sophie Tassart le 18.05.2021 à 17h16

A l’aide de calculs et d’observations, des chercheurs australiens ont réussi à estimer le nombre d’oiseaux présents sur Terre.

Les moineaux domestiques sont les oiseaux les plus nombreux sur Terre.
Corey T. Callaghan
Certaines données semblent difficiles à estimer tant le dénombrement paraît impossible. Mais des chercheurs australiens se sont risqués à réaliser une telle évaluation. Ils ont réussi à estimer le nombre d’oiseaux sur Terre.
Une quantité gigantesque de données
« Pour les domaines de l’écologie, de la biologie évolutive et de la conservation, les estimations de l’abondance des organismes sont essentielles. Cependant, la quantification de l’abondance est difficile et prend du temps », souligne une nouvelle étude parue le 25 mai 2021 dans la revue PNAS. C’est ici que la science participative entre en jeu : elle permet de récolter rapidement une grande quantité de données partout sur la planète. Les auteurs de cette étude ont compilé plus d’un milliard d’observations d’oiseaux signalées sur le site eBird par pas moins de 600.000 personnes entre 2010 et 2019. Les biologistes ont également développé un algorithme dont les calculs prenaient en compte la détectabilité d’une espèce, c’est-à-dire la probabilité qu’une personne ait repéré un oiseau de celle-ci et l’ait signalé sur le site. Une espèce devient plus visible par exemple si les oiseaux volent en groupe, s’ils sont colorés ou de bonne taille. Le but des scientifiques : estimer le nombre d’oiseaux sur Terre.

C’est l’histoire d’un oiseau extraordinaire. A 70 ans, Wisdom, une femelle albatros de Laysan…..

albatros de Laysan

Voici une histoire comme on les aime. Les experts du US Fish and Wildlife Service sont formels, Wisdom, une femelle albatros de Laysan, a eu un nouveau poussin cette année encore. Wisdom (qui veut dire « sagesse » en anglais) porte bien son nom. A 70 ans, elle est en effet le plus vieil oiseau sauvage du monde. Un record, même pour son espèce. L’albatros de Layson est l’espèce d’oiseau sauvage qui a la grande longévité, lui qui vit en moyenne 50 ans. Wisdom bat donc ce record à plate couture !

Le couple, un facteur essentiel pour l’albatros de Laysan

La septuagénaire a accueilli son nouveau petit il y a un mois. Il s’agit au moins du 40e poussin qu’elle élève. Chaque année, la femelle retourne sur son site de nidification dans l’atoll des Îles Midway, au large de Hawaii, dans l’océan Pacifique. Depuis 2010, elle a pour compagnon un mâle du nom d’Akeakamai.

 

« Wisdom a un compagnon de longue date nommé Akeakamai. Ils sont ensemble depuis au moins 2010, et potentiellement beaucoup plus longtemps. Cependant, il est probable que Wisdom ait eu plus d’un partenaire au cours de sa vie, a déclaré le US Fish and Wildlife Service. Les couples d’albatros sont extrêmement importants pour élever les jeunes. La relation prend des années à se former et peut durer des décennies. Pour trouver un compagnon, les albatros juvéniles font ce que les humains font depuis des milliers d’années, ils organisent des soirées dansantes. »

 

Chaque hiver, les jeunes albatros se rassemblent en groupe sur les îles Midway pour pratiquer des danses de parade nuptiale. Après quelques années d’apprentissage, ils finissent par trouver un compagnon. « Ils recherchent juste cet oiseau spécial avec lequel plonger, s’incliner et se toiletter, et une fois qu’un lien se forme, ils restent liés pour la vie. Il faudra encore trois ou quatre ans à ce jeune couple avant qu’il ne réussisse à faire éclore son premier poussin.

L’incroyable temps et le travail nécessaires aux albatros pour survivre jusqu’à l’âge adulte, trouver un partenaire et devenir un parent prospère signifie que chaque lien de couple adulte est incroyablement important pour la survie globale de la colonie. »

 

Wisdom, un oiseau emblématique

Ces oiseaux sont assez communs mais difficiles à étudier, car ils passent les neuf dixièmes de leur vie en mer. Ils ne peuvent être observés que lorsqu’ils reviennent chaque année sur leur site de nidification. Quant à Wisdom, « son retour inspire non seulement les amateurs d’oiseaux du monde entier, mais nous aide à mieux comprendre comment nous pouvons protéger ces oiseaux de mer gracieux et l’habitat dont ils ont besoin pour survivre dans le futur », a déclaré un porte-parole de l’US Fish and Wildlife Service au journal l’Independent. Il conclut, affirmant que « le fait que Wisdom ait atteint un tel âge est impressionnant, compte tenu des menaces auxquelles les albatros de Laysan sont actuellement confrontés, notamment des conditions météorologiques effrayantes, la prédation par les requins, les souris envahissantes et l’augmentation de la pollution plastique« .

Une sous-espèce de hibou « redécouverte » dans la nature après plus de 120 ans

petit duc Radjah

Sciences et Avenir Animaux Oiseaux

Par Anne-Sophie Tassart le 05.05.2021 à 12h53 Lecture 3 min.

 

Un chercheur américain a observé un Petit-duc Radjah de Bornéo, une sous-espèce d’oiseau qui n’avait pas été documentée vivante dans la nature depuis la fin du 19e siècle.

La première photographie d’un Petit-duc Radjah de Bornéo dans la nature. Andy Boyce

Aucun Petit-duc Radjah de Bornéo (Otus brookii brookii) vivant n’avait fait l’objet d’une observation dans la nature depuis 1892 ! Le chercheur Andy Boyce a « redécouvert » cette

 

sous-espèce de hibou et a pu la photographier pour la première fois dans une forêt du Mont Kinabalu en Malaisie.

 

Un animal quasi mythique

Le Petit-duc Radjah (Otus brookii) est un oiseau vivant dans les forêts montagneuses de Bornéo et de Sumatra. Il comprend deux sous-espèces distinctes : Otus brookii solokensis (Sumatra) et Otus brookii brookii (Bornéo). La première est davantage repérée dans la nature que la seconde. En effet, Otus brookii brookii n’a plus été repérée vivante dans la nature depuis sa découverte en 1892 par un certain Richard Bowdler Shape à 2.000 mètres d’altitude sur le Mont Dulit. « Depuis lors, seuls deux spécimens confirmés ont été trouvés ; un oiseau mort retrouvé à 1.900 mètres sur le Mont Kinabalu » en 1986 et « un spécimen dans la collection Sabah Parks qui aurait été recueilli à 1.650 mètres sur le Mont Kinabalu en 1998« .

 

Etudier cette espèce dans la nature est particulièrement compliqué pour les chercheurs : elle est discrète, se fondant dans son environnement à des altitudes importantes. Dans une nouvelle étude publiée le 28 avril 2021 dans la revue Wilson Journal of Ornithology, le chercheur Andy Boyce et deux de ses collègues du Smithsonian Conservation Biology Institute expliquent avoir découvert l’un de ces rares spécimens durant une étude de terrain consistant à chercher et à surveiller des nids. Le 4 mai 2016, un dénommé Keegan Tranquille a repéré un nid plus large que ceux localisés d’habitude. L’oiseau était là, perché à 1 mètre du sol. Informé de la découverte, M. Boyce a observé la taille, la couleur des yeux et le plumage de l’animal : il s’agissait d’un Petit-duc Radjah de Bornéo ! Afin de profiter au maximum de sa découverte, le chercheur a observé l’oiseau durant deux heures à plus de 1.600 mètres d’altitude et l’a photographié. Le hibou ne sera plus aperçu les jours suivants.

 

Sous-espèce ou espèce ?

« La sous-espèce Petit-duc Radjah de Bornéo (Otus brookii brookii) n’a pas été documentée vivante à l’état sauvage depuis sa découverte en 1892 et il n’y a pas de photographies de l’oiseau en vie, se félicitent dans leur étude les chercheurs. Nous rapportons la redécouverte de cette sous-espèce dans les forêts de montagne du Mont Kinabalu (Sabah, Malaisie) à une altitude de 1.650 mètres et nous fournissons les premières photographies de cette sous-espèce dans la nature« . Cette observation est la confirmation de la présence de l’oiseau à Bornéo mais la sous-espèce reste malgré tout une énigme. Les chercheurs ignorent le son de ses vocalisations, sa répartition géographique, son comportement de reproduction ou même la taille de sa population. Ces informations sont particulièrement importantes pour mettre en place des actions de gestions et surtout de conservation car l’île de Bornéo est le théâtre d’une déforestation massive depuis des dizaines d’années alors que Otus brookii brookii est dépendante de cet environnement. Par ailleurs, les auteurs de cette nouvelle étude estiment qu’il n’est pas ridicule de penser que cette population de hiboux serait en réalité une espèce distincte. Mais une simple observation étant déjà difficile, une analyse génétique paraît pour le moment hors de portée. « Malheureusement, nous ne pouvons protéger correctement que ce que nous connaissons et ce que nous nommons« , se désole dans un communiqué M. Boyce.

Certains oiseaux placeraient des mues de serpents dans leur nid pour éloigner les prédateurs

MUE DE SERPENTS

Plusieurs espèces d’oiseaux disposeraient d’anciennes peaux de serpents à l’intérieur et parfois à l’entrée de leur nid pour éloigner les mangeurs d’œufs et de poussins, comme les écureuils.

Les matériaux utilisés pour construire les nids peuvent avoir un rôle structurel, de confort, nuptial et/ou de protection contre les parasites (lire Certains oiseaux utilisent leurs connaissances en botanique pour construire leur nid) et les prédateurs. Plusieurs espèces d’oiseaux ajoutent des mues de serpents, qui sont souples et relativement « moelleuses ». La femelle de Rousserolle turdoïde (Acrocephalus arundinaceus) incorpore ainsi fréquemment ces peaux pour rendre son nid plus confortable, mais aussi peut-être pour démontrer sa capacité à être une « bonne mère », les mues étant rares et donc difficiles à trouver : en effet, chez ce passereau, le mâle se constitue une sorte de « harem » de deux à trois partenaires sexuels, et il existe donc une sorte de compétition entre celles-ci.

 
   

Mue de serpent trouvée près de Livourne (Italie). Photographie : Lucarelli / Wikimedia Commmons

Ces anciennes peaux pourraient aussi servir à éloigner les prédateurs de couvées, comme les écureuils, une hypothèse avancée dès 1890 par Frank Bolles. Des biologistes de l’Arkansas State University (États-Unis) avaient démontré cette fonction lors d’une expérience : ils

avaient placé des œufs de cailles et des faux œufs en argile dans 60 nichoirs, et dans 40 de ces nids, ils avaient également ajouté des mues de serpents : ils ont constaté qu’aucun de ces derniers n’avaient été pillés par des Écureuils volants d’Amérique du Nord (Glaucomys volans), tandis que c’était le cas pour 20 % des nichoirs non garnis…. Suite sur Ornithomedia.com : ICI

 

 

photo: La Mésange bicolore (Baeolophus bicolor) est connue pour ajouter parfois des mues de serpent dans son nid.

Photographie : Garyirwin on Flickr / Wikimedia Commons

Vivre près de nombreux oiseaux favoriserait autant le bonheur que l’argent selon une étude

vivre auprès des oiseaux

 

Selon une étude allemande, le nombre d’espèces d’oiseaux qui nous entourent pourrait jouer un rôle positif sur notre joie de vivre à travers l’Europe. Cet effet pourrait même être comparable à celui d’une hausse des revenus.

Combien d’espèces d’oiseaux vivent autour de chez vous ? Trois, cinq, dix, plus ? Si vous l’ignorez, il serait temps de les compter. Car ce facteur pourrait avoir un effet positif sur votre bonheur. C’est du moins ce que suggère une étude publiée en mars dernier par des chercheurs allemands dans la revue Ecological Economics.

Ces scientifiques ont exploré l’association entre la richesse des oiseaux dans l’environnement immédiat et la joie de vivre des Européens. Leurs résultats suggèrent que la présence de davantage d’espèces dans les environs pourrait jouer un rôle non négligeable sur cette satisfaction. A tel point que l’effet pourrait même égaler celui d’une rentrée d’argent. (…)

Où dorment les oiseaux pendant la nuit ?

acanthize mignon

 

Par Direct Matin Mis à jour le 15 Septembre 2015 à 18:23 Publié le 15 Septembre 2015

Contrairement à une idée largement répandue, ce n’est pas dans leur nid que les oiseaux passent leurs nuits pour dormir.

Les volatiles préfèrent en effet se cacher dans des feuillages denses pour piquer un somme, afin de se mettre à l’abri des prédateurs (les rapaces, les serpents, les renards, les chats…).

Il existe toutefois quelques exceptions, comme les pigeons des grandes villes qui se réfugient par exemple dans des dortoirs artificiels, placés en hauteur dans les arbres des jardins publics, tandis que les oies, trop lourdes pour dormir sur de petites branches, trouvent le sommeil à la surface des lacs. Le nid ne sert donc qu’à abriter les œufs et les oisillons, avant d’être finalement délaissé lorsque les jeunes prennent leur envol.

Quant aux grands rapaces tels que les aigles, les faucons ou encore les chouettes, ils n’ont pas de prédateurs et peuvent donc s’endormir absolument n’importe où.

Le secret de la couleur rouge chez les oiseaux enfin résolu

couleur_rouge chez les oiseaux

Les travaux des scientifiques ont été publiés jeudi 19 mai dans la revue spécialisée Current Biology. [CC / Genetic Basis for Red Coloration in Birds Study] Une étape historique de l’ornithologie vient d’être franchie. Pour la première fois, des chercheurs ont identifié des gènes qui permettent aux oiseaux de produire des pigments rouges.
Une découverte loin d’être anecdotique puisque cette couleur joue un rôle crucial pour la communication et l’attraction amoureuse. Les travaux des scientifiques ont été publiés jeudi 19 mai dans la revue spécialisée Current Biology. Deux équipes ont travaillé sur des espèces d’oiseaux distinctes, une première a travaillé sur des diamants mandarins, qui ont un bec rouge, et une seconde sur des canaris rouges et jaunes.

Les gènes qu’ils ont identifiés appartiennent à un groupe étendu également important pour la désintoxication de l’organisme. Concrètement, cela suggère que le fait d’avoir une forte coloration rouge pourrait être un signe de bonne santé et de vigueur du mâle, grâce à sa capacité à éliminer les substances toxiques de son corps, notent les chercheurs.
Des oiseaux comme les diamants mandarins obtiennent les pigments jaunes, appelé caroténoïdes, avec leurs aliments à base de graines, ou d’insectes chez d’autres oiseaux. Avant cette dernière découverte, on savait que ces oiseaux devaient avoir un mécanisme particulier pour convertir ces pigments jaunes en pigments rouges, les caroténoïdes, qui colorent le bec, les plumes et la peau de nombreuses espèces. Mais ce mécanisme restait obscur.
Comparer oiseaux sauvages et en captivité
Ces scientifiques ont donc comparé le génome de diamants mandarins sauvages, dont le bec est rouge, aux mêmes oiseaux vivant en captivité, qui ont un bec jaune. Ils ont identifié un groupe de trois gènes chez les mandarins sauvages qui étaient soit manquants, ou qui avaient une mutation dans la même région du génome chez les mandarins à bec jaune. Un de ces gènes code une enzyme qui convertit les pigments jaunes en pigments rouges. Un autre joue un rôle important pour dissoudre et métaboliser les substances toxiques, surtout dans le foie chez les vertébrés. Les chercheurs ont trouvé une expression spécifique d’un ou de plusieurs de ces gènes dans des tissus où des pigments produisant la couleur rouge étaient déposés : le bec, le tarse (dans les pattes des oiseaux) et la rétine.
La seconde équipe de recherche est parvenue aux mêmes résultats en travaillant sur des canaris dont une espèce est devenue rouge après de multiples croisements, génération après génération, depuis un siècle. Le gène du rouge n’est pas unique aux canaris de cette couleur mais est aussi présent chez les canaris jaunes et d’autres oiseaux. La différence entre les oiseaux rouges et jaunes n’est pas seulement dans le gène, mais dans quelle partie du corps il est activé, expliquent les chercheurs.