La chasse au loup bat son plein en Suède avec un record de bêtes à abattre

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Dans le centre du pays, jusqu’à 75 de ces prédateurs pourront être tués d’ici à la mi-février. Pas assez pour les chasseurs et les agriculteurs, qui s’inquiètent de leur nombre croissant. Beaucoup trop pour les défenseurs de la nature, dont certains tentent de faire obstruction sur le terrain.

Depuis le 2 janvier, la chasse au loup est ouverte dans le royaume scandinave. Elle est “la plus importante des temps modernes”, souligne le site de la télévision publique Sverigestelevision (SVT). Cette année, la permission est donnée aux chasseurs d’en abattre jusqu’à 75, soit un record depuis l’introduction de la chasse sous licence en 2010. Pour comparaison, en douze ans “203 de ces animaux ont été tués”, dont 28 l’an dernier et 27 l’année précédente, note SVT.

Chaque année, ce sont les comtés où la chasse est autorisée qui décident individuellement du nombre de bêtes à abattre. La traque des loups n’est autorisée que dans 5 des 21 comtés du pays, ceux où ces animaux sont les plus présents. Le territoire en question couvre une partie du centre de la Suède, qui va de la frontière avec la Norvège, à l’ouest, à un tronçon de la mer Baltique au nord de Stockholm, à l’est. La fin de la chasse sous licence a été fixée au 15 février.

Mardi 3 janvier à la mi-journée, déjà 13 loups avaient été tués, d’après le décompte des chasseurs publiés dans le journal de leur fédération, Svensk Jakt. Les tireurs sont censés informer les autorités locales après chaque bête tuée. Ils ne gardent que la fourrure, le reste servant à des analyses scientifiques.

Source Courrier International

Climat : les barrages de castor améliorent la qualité de l’eau en cas de sécheresse

castor et qualité de l'eau

Rachel Mulot l AFP/Archives – PABLO COZZAGLIO

Les barrages de castors permettraient d’améliorer la qualité de l’eau, en cas de sécheresse, selon une étude menée sur le fleuve Colorado, dans l’ouest des Etats-Unis. Retour sur ce mécanisme qui pourrait devenir une rare « boucle de rétroaction » vertueuse du changement climatique.

Le réchauffement climatique augmente la concentration des polluants dans les rivières : toutefois, ce même phénomène favorisera aussi à terme l’extension des populations de castors dans l’ouest des Etats-unis, dont les barrages permettent d’améliorer la qualité de l’eau.

 

A mesure que l’ouest des Etats-Unis se réchauffe, les castors deviendront une véritable aubaine pour la qualité de l’eau des rivières, selon des écologues de l’Université de Stanford. Leurs travaux, publiés dans Nature Communicationsrévèlent que dans les bassins versants de montagne, les barrages de castors peuvent avoir une influence beaucoup plus grande que les extrêmes saisonniers de précipitations liés au climat, notamment les épisodes de sécheresse. Leurs barrages en bois élèvent en effet les niveaux d’eau en amont, détournant les flux vers les sols environnants et les cours d’eau secondaires, qu’on appelle zone riveraine. « Or, ces zones agissent comme des filtres, qui éliminent l’excès de nutriments et de contaminants-comme les nitrates- avant que l’eau ne réintègre le canal principal en aval« , expliquent les scientifiques.

Le barrage a réorienté l’étude

Cette découverte découle d’une part de chance et de hasard. Le barrage de castor est apparu en 2018, au beau milieu du site de recherche de Christian Dewey. L’écologue, spécialiste de biogéochimie de l’environnement et des sols à l’Université de Stanford (Californie), y passait de longs mois à étudier la qualité de l’eau le long du fleuve Colorado. Ce dernier et ses affluents irriguent de nombreux États en dehors du Colorado, notamment l’Arizona, l’Utah et la Californie. Le barrage a réorienté l’étude et permis de réaliser l’impact profond de l’architecture des rongeurs :  le barrage de castors a amélioré la qualité de l’eau de la rivière – à tel point que dans certaines régions, il atténue la dégradation de l’eau causée par la sécheresse et les changements climatiques. « Or, lorsque les niveaux d’eau sont bas, comme en 2018, année de sécheresse, les minéraux ont tendance à se concentrer dans la rivière, souligne le chercheur. Cette détérioration de la qualité de l’eau peut avoir des impacts écologiques dévastateurs. »

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L’hydrologue Christian Dewey au pied du barrage de castors, sur le fleuve Colorado, qui a changé le cours de son étude et mené à une surprenante découverte. Crédits : Scott Fendorf

Un exemple de cette dégradation est un niveau élevé de nitrates dans l’eau, provenant des engrais. Lorsque le minéral est trop concentré dans une rivière, il peut provoquer une croissance explosive des algues. Et lorsque cette algue meurt et commence à se décomposer, elle consomme de « l’oxygène dissous » dans l’eau… en privant les autres espèces dans tout l’écosystème environnant. « Lorsque les niveaux d’oxygène dissous chutent soudainement, ces espèces sont en péril« , souligne Christian Dewey. Or de nombreux affluents charrient du nitrate vers le Colorado et les années de sécheresse, cette accumulation devient très problématique« . C’est en prélevant des échantillons d’eau en aval du barrage de castor que l’écologue a réalisé que sa qualité était améliorée. Le barrage poussait l’eau vers les rives de la rivière, où elle devait alors traverser le sol avant de rentrer. « Les sols ont alors essentiellement agi comme un filtre éliminant ce nitrate », détaille-t-il. « Et donc l’eau évacuée des sols était plus faible en nitrates qu’elle ne l’était lorsqu’elle est entrée dans les sols. »  

Le rebond des castors devrait s’accroitre avec le changement climatique

À un moment donné, la chasse au castor nord-américain a failli entraîner l’extinction de l’espèce. Cependant, des décennies de protections supplémentaires ont permis à ses populations de rebondir et de se redéployer, selon Scott Fendorf, professeur de sciences du système terrestre à Stanford. « Là où se trouvait notre site d’étude et près de Crested Butte, au Colorado, vous pouvez voir une activité de rongeurs amphibies prononcée que vous n’auriez pas vue il y a 50 ans« , explique-t-il. « Ces réponses de l’écosystème, le rebond du castor d’Amérique, ont en fait cet impact vraiment contraire sur la dégradation que nous constatons à cause du changement climatique. » Cette découverte montre que de nombreuses espèces peuvent jouer un rôle méconnu dans la protection et le maintien des écosystèmes.

Mais le meilleur est à venir : « Un climat plus sec et plus chaud dans l’ouest des États-Unis élargira encore la variété de castors et amplifiera leurs impacts sur l’hydrologie et la biogéochimie des bassins versants, illustrant que les réactions des écosystèmes au changement climatique modifieront la qualité de l’eau dans les systèmes fluviaux » expliquent les scientifiques dans Nature Communications. On pourrait alors assister à « une boucle de rétroaction climatique vertueuse », un phénomène rare qui profitera aux 40 millions de personnes abreuvées par ce fleuve, le plus menacé d’Amérique du Nord.

Bouquetins abattus : un carnage inutile

Seuls 3 bouquetins sur les 61 abattus dans le massif du Bargy étaient séropositifs à la brucellose, selon les chiffres de Reporterre.

Beaucoup de sang pour pas grand-chose ? Seuls 3 des 61 bouquetins du massif du Bargy abattus par les services de l’État en octobre dernier se sont révélés séropositifs à la brucellose, a appris Reporterre auprès de sources concordantes. Un chiffre confirmé par le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, qui précise que des « analyses de confirmation » bactériologiques et sérologiques sont encore en cours. Pour l’heure, selon nos sources, cinquante cadavres ont déjà été testés.

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La mise à mort de ces animaux sauvages avait été ordonnée par le préfet de Haute-Savoie pour des raisons sanitaires. Les bouquetins des Alpes — espèce protégée — sont en effet suspectés d’avoir transmis la brucellose à un bovin en novembre 2021. Cette maladie bactérienne, qui peut se transmettre à l’humain par la consommation de produits laitiers crus, terrorise les éleveurs et producteurs de reblochon. En cas de contamination d’une vache, l’ensemble du troupeau doit en effet être mené à l’abattoir. Arguant d’un impact moral « considérable », la filière avait sommé l’État de « prendre ses responsabilités », quitte à abattre massivement les bouquetins du massif.

Cette stratégie est depuis l’origine vivement critiquée par les associations écologistes et les scientifiques. Dans son avis de novembre 2021, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) estimait qu’un abattage massif et indifférencié, tel que décidé par le préfet Alain Espinasse, avait peu de chance de parvenir à éradiquer la maladie. Constat partagé par le Conseil national de protection de la nature (CNPN) — l’instance consultative du ministère de la Transition écologique —, qui recommandait plutôt de capturer les bouquetins suspects grâce à des fléchettes anesthésiantes, de les tester et d’euthanasier uniquement les porteurs avérés de la maladie.

« L’État est passé outre et a acté directement l’abattage, fulmine un membre du CNPN, sous couvert d’anonymat. Comme souvent, nous n’avons pas été écoutés. » Le pourcentage de bouquetins réellement infectés parmi ceux tombés sous les balles est « très faible », déplore-t-il. « C’est dommage. » Dans une tribune publiée en avril, le géographe Farid Benhammou et la documentariste Mélina Zauber rappelaient que la préservation du bouquetin des Alpes ne tient plus qu’à « un fil ». En mars, on ne comptait que 370 individus dans le massif du Bargy. Moins 61, désormais.

Jugement historique: le dresseur de cirque des dix tigres saisis suite à l’enquête de One Voice, sévèrement condamné

Tigres-saisis-Masson-©One-Voice

Grâce au travail sans relâche de One Voice au niveau de ses investigations et de ses procédures en justice, le tribunal de Beauvais vient de reconnaître Mario Masson coupable des délits de mauvais traitements sur des animaux commis par un professionnel et d’exploitation irrégulière d’un établissement détenant des animaux non domestiques de 2019 à 2020, d’acquisitions et cessions irrégulières d’animaux et d’infractions au droit du travail et escroquerie. Enfin, il a l’interdiction de se livrer à une activité en lien avec des animaux pendant 2 ans, associée de 2 ans d’inéligibilité et d’une amende. En tout, il devra s’acquitter de 246 000 euros aux diverses parties prenantes du dossier.

Pour Muriel Arnal, présidente de One Voice:

“C’est la première fois en France qu’un dresseur de cirque est reconnu coupable de mauvais traitements sur des animaux avec cette circonstance aggravante d’être un professionnel. C’est un jugement historique. Quelle immense satisfaction de savoir que les tigres ne retourneront pas dans le camion-cage de la cour de l’usine désaffectée où ils étaient enfermés 24 heures sur 24, comme l’ont démontré nos images! Nous continuerons à mener des enquêtes et à les porter en justice pour mettre la lumière sur les horreurs que vivent les animaux des cirques. Il nous a fallu essuyer beaucoup de revers avant cette victoire, elle est d’autant plus forte. Un grand merci à tous ceux qui ont cru en notre détermination indéfectible pour ces tigres et nous ont soutenus dans l’adversité. ”

Le tribunal a estimé que les tigres et le matériel devaient être définitivement confisqués, et que Tonga terre d’accueil – le refuge que nous avions choisi pour accueillir les animaux – et nous devions recevoir notamment le remboursement des sommes dépensées pour les dix tigres depuis leur saisie par la justice en décembre 2020. L’État et l’URSSAF eux aussi devront recevoir des sommes liées notamment au travail dissimulé auquel Masson s’adonnait.

Nous connaissons Mario Masson depuis 2005, il détenait alors deux éléphantes terriblement maltraitées. L’investigation pour enclencher la plainte auprès du procureur fut l’une des plus risquées, mais elle était indispensable: nos plaintes précédentes avaient été classées sans suite. La saisie s’est faite dans le secret total car il faisait reproduire les tigres pour vendre les bébés âgés d’à peine quelques jours, et certains savaient et fermaient les yeux. L’audience a duré plus de 8 heures, et fut menée pour nous par Me Caroline Lanty.

Depuis leur saisie il y a près de deux ans, nous avons ainsi offert à ces tigres une nouvelle vie loin du camion-cage dans lequel ils végétaient depuis si longtemps. Loin du dressage et de leurs geôliers, ils ont été pris en charge par une équipe aux petits soins. Ils ont pu découvrir l’herbe, et profiter de la simple joie de courir, de se cacher, tout en profitant de l’enrichissement mis à leur portée. A présent un enclos est en construction pour les emmener dans un sanctuaire partenaire.

 

Pour rappel, le communiqué de presse précédent (16 septembre 2022):

One Voice sera à l’audience au tribunal de Beauvais le 20 septembre prochain pour obtenir le placement définitif des dix tigres saisis à Mario Masson après l’enquête et la plainte de l’association en 2019-2020. Le dresseur de cirque est accusé notamment de maltraitance sur ces animaux par un professionnel, d’ouverture non autorisée et d’exploitation irrégulière d’établissement (travail dissimulé, faux et usage de faux, escroquerie) – des délits – et de cession, détention et marquage irréguliers des animaux.

Une enquête de One Voice de près de deux ans avant que la justice ordonne la saisie des dix tigres

L’enquête de One Voice a commencé début 2019. Au départ, nous n’avions que peu d’éléments, la topographie des lieux ne permettait pas de les filmer correctement, le premier dossier fut donc classé par manque d’éléments de preuves. Nous devions aller plus loin. Pour que One Voice remplisse sa fonction de lanceuse d’alerte, il fallut que les enquêteurs prennent tous les risques et fournissent des preuves irréfutables à la Justice.

Nous avons donc remis un flot ininterrompu de vidéos couvrant six jours et nuits à la justice pour notre plainte soit prise en compte. L’enquête de l’OFB et du Parquet ayant complété notre plainte et nos premiers éléments, suffisamment d’irrégularités ont été relevées pour qu’une saisie des dix tigres soit ordonnée. C’est ainsi que le 16 décembre 2020, nous avons organisé la plus grosse saisie de tigres maintenus en captivité en Europe de ces dix dernières années.

Depuis, les tigres vivent chez Tonga Terre d’Accueil, notre partenaire. Ils sont passés d’une vie dans un camion-cage, à avoir accès à un espace extérieur avec de l’herbe, des promontoires en bois, des enrichissements variés et une équipe aux petits soins.

Douze chefs d’inculpation qui vont de la maltraitance animale à l’escroquerie, en passant par le travail dissimulé, avec le trafic d’animaux en toile de fond…

L’enquête a ainsi révélé de multiples dysfonctionnements. Voici les chefs d’inculpation pour lesquels Mario Masson comparaitra ce 20 septembre au tribunal judiciaire de Beauvais :

  • maltraitance d’animaux par un professionnel ou un refuge (délit pénal),
  • ouverture non autorisée d’établissement pour animal non domestique – élevage, vente, location, transit (délit pénal),
  • exploitation irrégulière d’établissement détenant des animaux non domestiques (défaut d’installations et d’équipements conçus pour garantir le bien-être des animaux hébergés, devant satisfaire à leurs besoins physiologiques et comportementaux) (délit pénal),
  • exploitation irrégulière d’établissement détenant des animaux non domestiques (entretien inadapté à l’espèce et au nombre d’animaux afin que ceux-ci soient maintenus en bon état de santé et d’entretien) (délit pénal),
  • exploitation irrégulière d’établissement détenant des animaux non domestiques (défaut de dispositifs destinés à prévenir les risques afférents à sa sécurité ainsi qu’à la sécurité et à la tranquillité des tiers) (délit pénal),
  • exploitation irrégulière d’établissement détenant des animaux non domestiques (non tenue à jour du registre des entrées et sorties des animaux) (délit pénal),
  • exploitation irrégulière d’établissement détenant des animaux non domestiques (tenue irrégulière du livre de soins vétérinaires) (délit pénal),
  • cession non autorisée d’animal d’espèce non domestique ou de ses produits – protection particulière (délit pénal);

et

  • détention en captivité d’un animal non domestique d’une espèce protégée ou réglementée sans avoir procédé à son identification,
  • marquage d’un animal non domestique d’une espèce protégée ou réglementée par une technique irrégulière,
  • marquage d’un animal non domestique d’une espèce protégée ou réglementée sans expédition dans les délais de l’attestation de marquage au gestionnaire du fichier national,
  • cession d’un animal non domestique d’une espèce protégée ou réglementée, non identifié.

On comprend entre les lignes que tous les éléments pour faire du trafic d’animaux sauvages sont réunis en plus de la maltraitance que représente un enfermement permanent pour des tigres, avec la condition aggravante d’être un professionnel…

Nous attendons une sanction exemplaire, mais surtout que les tigres ne retournent pas chez Masson et qu’ils puissent enfin être placés de manière définitive dans un sanctuaire.

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Des chimpanzés filmés avec un comportement que l’on pensait être unique aux humains

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Des scientifiques ont découvert que les chimpanzés pouvaient partager des objets avec leurs semblables juste pour avoir de l’attention. Ce comportement était jusque-là uniquement associé aux humains.

On savait déjà que les chimpanzés partageaient de nombreux points communs avec les humains. Mais des scientifiques anglais viennent de découvrir que cette ressemblance est encore plus forte que ce qu’ils pensaient. Ces grands singes partageraient des objets avec leurs semblables, juste pour avoir de l’attention.

En Ouganda, dans le Kibale National Park, les scientifiques ont pu filmer pour la première fois ce type d’interaction. La découverte a été décrite dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.

Le partage d’une feuille

Une femelle adulte sauvage nommée Fiona a été filmée en train de ramasser une feuille, la mettre à la bouche, puis montrer ladite feuille à sa mère, Sutherland, pendant plusieurs secondes, avant de la retirer de sous son nez. Pour les experts, cela démontre bien que Fiona partage ce qu’elle possède uniquement pour avoir de l’attention. Ce comportement social était jusque-là uniquement associé aux humains.

« Il a été suggéré que le « partage pour le partage » est un trait uniquement humain, mais notre observation de ces chimpanzés sauvages remet cela en question, a déclaré l’auteur de l’étude, le Dr Claudia Wilke du département de psychologie de l’Université de York. Nous avons observé un chimpanzé adulte montrant à sa mère une feuille qu’elle avait nettoyée, non pas parce qu’elle voulait qu’elle fasse quoi que ce soit avec la feuille, mais très probablement parce qu’elle voulait simplement qu’elle regarde aussi la feuille. »….

….

Un comportement similaire à celui d’un jeune enfant

Afin d’en arriver à cette conclusion, l’équipe de scientifiques a examiné 84 événements similaires de nettoyage des feuilles, afin « d’explorer la motivation probable de Fiona pour son geste ». D’autres explications, comme le partage de nourriture et le fait de se toiletter ou de jouer, ont ainsi été écartées….

Article complet sur GEO.fr / Chloé Gurdjan, 15/11/2022

Les baleines avalent 10 millions de microplastiques par jour

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Les plus petites particules de plastique disséminées dans les océans finissent en nombre dans l’estomac des baleines. – Unsplash / Thomas Kelley

En filtrant des grandes quantités d’eau, certains cétacés sont particulièrement exposés aux microplastiques. Une nouvelle étude évalue à 10 millions les bouts de microplastiques ingérés chaque jour par les baleines bleues.

Funeste sort des baleines. Parce qu’ils filtrent des milliers de mètres cubes d’eau à travers leurs fanons, ces grands mammifères marins se retrouvent en première ligne de l’exposition aux microplastiques qui polluent les océans. Selon une nouvelle étude publiée dans Nature communications le 1ᵉʳ novembre 2022, la baleine bleue peut ingérer 10 millions de particules de plastiques de moins de 5 mm par jour. Sa cousine, la baleine à bosse — qui elle se nourrit de poissons — serait moins exposée, et ce malgré la contamination de ses proies. Son absorption quotidienne s’élève quand même à 200 000 particules.

Pour arriver à ces évaluations, l’équipe californienne autrice de l’étude a estimé les quantités de poissons ingérés, les volumes d’eau absorbée, les concentrations de microplastiques dans l’eau et dans les proies… Des informations obtenues en suivant plus de 200 spécimens pendant dix ans et en mesurant directement les différentes concentrations dans les eaux californiennes. Toutes ces données ont ensuite été intégrées dans un modèle qui permet aux chercheurs d’évaluer les quantités de particules de plastiques ingérées.

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Les baleines bleues ingèreraient des millions de particules de plastique chaque jour. Domaine public / U.S. National Oceanic and Atmospheric Administration

Si elle se distingue par son ampleur, cette étude n’est pas la première du genre. Plusieurs travaux scientifiques ont été réalisés dans différentes régions du monde, avec des estimations de quantités de microplastiques ingérés très variables, de la centaine aux millions de particules par jour. Une équipe de Nouvelle-Zélande a ainsi analysé pendant cinq ans les excréments des rorquals au large d’Auckland. Leurs résultats publiés en avril 2022 dans Science of the Total Environment estimait à 3 millions le nombre de particules de microplastique ingérées par jour.

« Les écarts d’ordres de grandeurs d’une étude à l’autre peuvent s’expliquer par les aires géographiques distinctes, les espèces de cétacés concernées, mais aussi les variations de concentrations de microplastiques dans l’océan », explique Céline Tardy de l’association Miraceti dédiée à la connaissance et à la conservation des baleines. La cétologue a étudié la contamination des rorquals par les phtalates en Méditerranée entre 2016 et 2019, des substances couramment utilisées comme plastifiants des matières plastiques : « Les concentrations en phtalates retrouvés étaient très variables d’un individu à l’autre la même année, dans la même aire géographique. »

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Les effets sur la santé des cétacés de cette absorbtion massive de plastiques sont encore méconnus et inquiètent les scientifiques. © Jérémie Silvestro / Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0

Une étude canadienne publiée en 2020, en collaboration avec des chasseurs inuits, s’est, elle, intéressée aux bélugas dans la mer de Beaufort. Résultat, la moitié des milliers de microplastiques retrouvés dans les cétacés étaient des fibres de polyester. Une grande partie des microplastiques retrouvés dans l’océan proviendrait en effet des vêtements synthétiques. Les microfibres libérées lors du lavage se retrouvent dans les eaux usées puis dans les océans.

Polyester et métaux lourds

Quant aux conséquences de cette contamination, elles restent largement inconnues. « À ma connaissance, on sait très peu de choses sur les impacts exacts des microplastiques sur la santé des baleines », convient Zhe Lu, professeur en écotoxicologie marine à l’Université du Québec à Rimouski, en charge d’un programme sur les microplastiques dans la Baie du Saint-Laurent.

Ce qui n’empêche pas les scientifiques de prévoir des effets toxiques. « En raison de leur nature lipophile, les microplastiques ont le potentiel d’absorber les polluants organiques persistants présents dans les régions contaminées. Comme par exemple, des métaux lourds, des polychlorobiphényles (PCB), des pesticides », précise Zhe Lu. Autre risque, la présence d’additifs reprotoxiques et perturbateurs endocriniens comme le bisphénol A ou les phtalates dont les dégâts sanitaires sont connus sur un autre mammifère, l’humain.

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loi pour interdire la corrida en France

Le 10 novembre, notre Président-fondateur, Thierry Bedossa, a été auditionné à l’Assemblée nationale en sa qualité de docteur vétérinaire et fervent protecteur des animaux, dans le cadre d’un projet de loi pour interdire la corrida en France.

A cette occasion, Thierry Bedossa a expliqué devant le député Aymeric Caron, porteur du projet de loi :

« Tout est fait pour que l’animal ressente de multiples douleurs et se trouve dans des états physiques et mentaux extrêmes. Tout est donc fait pour déclencher chez l’animal des réactions désespérées. L’animal est acculé, comme une proie chassée par un prédateur. Les principes d’humanité voudraient qu’on n’inflige pas de cruautés de manière aussi délibérée, réfléchie et calculée.

La corrida est considérée comme un symbole de virilité, mais c’est pour moi l’expression la plus haute de la lâcheté. Quelques mots de zootechnie (science et techniques de l’élevage) : les animaux domestiques sont soumis à des processus de sélection artificielle très intensifs. De la même manière qu’on fait de la sélection artificielle sur les chiens qui nous aident et nous sauvent (les chiens de guerre par exemple), ou les lignées de chiens de chasse qui sont entraînés pour être courageux et endurants face à la douleur, les taureaux de corrida sont eux aussi le fruit d’une pression de sélection artificielle qui les rend plus réactifs à la douleur. C’est donc la pire des barbaries.

Qu’on regarde les marqueurs biologiques ou comportementaux, la science invalide complètement tout ce processus barbare : comparez les comportements tout au long de sa vie d’un taureau avant qu’il ne combatte en arène, lorsqu’il a une vie sociale avec ses congénères, lorsqu’il est dans son lieu d’élevage et de vie, et vous verrez qu’à aucun moment, ce taureau n’aura les types de conduites qu’il a dans l’arène. Ses conduites sont celles d’un animal acculé, dans des états extrêmes de peur et de douleur, qui n’a que deux choix : ne rien faire, par résignation, ou se défendre. Mais a-t-on déjà organisé des corridas avec les portes de l’arène ouvertes ? A-t-on déjà laissé le choix à l’individu agressé de s’enfuir… ?  

De plus, aujourd’hui, il y a mille manières d’objectiver, selon la méthodologie scientifique moderne, les états de douleur et de souffrance de ces taureaux pendant le combat.

Dans notre société progressiste où l’on a de plus en plus de considération pour les animaux, comment peut-on encore être capable d’une telle cruauté ? Qu’est-ce que cela traduit de notre cerveau et de nos états mentaux ? Je parle aussi bien de ceux qui torturent que de ceux qui assistent à ce spectacle macabre. Quelles sont les valeurs de tous ceux qui s’inscrivent dans cette chaîne économique ? »

Ce projet de loi visant à interdire la corrida (et non les autres activités taurines) sera débattu à l’Assemblée nationale le 24 octobre. Si elle est adoptée, cette loi serait un pas considérable pour la cause animale et le symbole tant attendu d’un réel changement de paradigme. Nous espérons, en tout cas, y avoir contribué.  

Kenya : plus de 200 éléphants morts en 9 mois à cause de la sécheresse

Entre février et octobre 2022, 205 éléphants sont morts à cause du manque d’eau à travers le pays, 512 gnous, 381 zèbres, 12 girafes et 51 buffles.

Une sécheresse d’une intensité inédite depuis 40 ans

Le Kenya, moteur économique de l’Afrique de l’Est et destination touristique majeure sur le continent, notamment grâce à sa faune, subit une sécheresse d’une intensité inédite depuis 40 ans, et la faim y touche au moins 4 millions de personnes sur une population de plus de 50 millions d’habitants. Selon les autorités, la sécheresse touche 23 des 47 contés du pays.

Quatre saisons des pluies insuffisantes de suite y ont créé les conditions les plus sèches observées depuis le début des années 1980. « La sécheresse a engendré une importante mortalité de la faune, principalement chez les espèces herbivores (…) en raison de l’épuisement des ressources alimentaires ainsi que des pénuries d’eau« , a annoncé lors d’une conférence de presse à Nairobi Peninah Malonza, ministre du Tourisme.

Selon M. Malonza, quatorze espèces sont particulièrement touchées par la sécheresse. Entre février et octobre 2022, 205 éléphants sont morts à cause du manque d’eau à travers le pays, 512 gnous, 381 zèbres, 12 girafes et 51 buffles. Selon la ministre du Tourisme, « plus de 70 éléphants sont morts » sur la période dans les régions d’Amboseli, à environ 160 kilomètres au sud de la capitale Nairobi, et de Laikipia-Samburu, dans le nord du pays. Selon les données du ministère du Tourisme publiées en 2021, le Kenya compte plus de 36.000 éléphants.

Une victime célèbre

Pour faire face à la sécheresse, la ministre a annoncé que les autorités avaient mis en place notamment des « provisions de foins pour les espèces touchées« . Fin septembre, l’ONG Save the Elephant avait annoncé le décès d’un éléphant célèbre dans la réserve de Samburu, étendue aride dans le nord du Kenya. Monsoon (« Mousson » en anglais), femelle âgée d’une soixantaine d’années, et mère de sept éléphanteaux, avait survécu cinq fois à des braconniers. L’éléphante a été euthanasiée fin septembre, l’ONG Save the Elephant ayant alors déclaré que la mauvaise santé de l’éléphant était due à son âge, mais qu’elle avait « été aggravée par la sécheresse« .

Rivières et puits se sont asséchés, les pâturages se sont transformés en poussière, causant la mort de plus d’un million et demi de têtes de bétail, rien qu’au Kenya.

Source : Sciences et Avenir

Le castor, un allié face au changement climatique

 

Ce reportage s’inscrit dans notre série La balade du naturaliste : une randonnée à la découverte d’une espèce ou d’un milieu exceptionnel, en compagnie d’une ou d’un passionné.

Les barrages des castors ont des effets bénéfiques contre les incendies et les inondations. De quoi en faire un parfait allié face au réchauffement climatique.

Collias (Gard), reportage

Le Gardon s’écoule paresseusement dans la tiédeur automnale. Le long de la rivière, des bosquets de jeunes peupliers se parent de teintes dorées. Au bord de l’eau, les arbres paraissent des buissons touffus, leurs racines entremêlées au limon. « Ces berges ne seraient pas comme ça si des castors ne vivaient pas là », dit le naturaliste Gilles Larnac. Une famille — six individus — habite en effet sur les rives de Collias. Ici comme ailleurs, ils ont façonné leur territoire à coup de dents. Avec des effets inattendus : les rongeurs nous protègent ainsi contre les inondations et aident à lutter contre les incendies.

  1. Larnac attrape une branche dérivant dans le courant. Elle est nue, sans écorce ni feuille, coupée en biseau aux extrémités : un reste de repas. «Un individu ingère 2 kilos de végétaux par nuit », explique-t-il. Pour ce faire, il croque les feuilles, ronge l’écorce, savoure les baies… en grande quantité. « L’écosystème est jardiné par le castor », poursuit notre guide. Sur les rivages « cultivés » du Gardon, point de troncs massifs, mais un parterre de jeunes arbres aux multiples rejets. « Quand il y a des crues, cette végétation arbustive permet de lisser la vague, de ralentir l’écoulement, avec un effet de peigne. »
  2. Gilles Larnac1

Autre atout anti-inondations : les barrages. Animal nocturne, « le castor passe la journée dans des terriers creusés dans les berges, dont l’entrée doit être sous l’eau, pour qu’ils se sentent en sécurité », détaille M. Larnac. Afin que cette précieuse ouverture se retrouve sous les ondes, l’animal peut faire monter le niveau de la rivière, en construisant de petits seuils à l’aide de branchages et de brindilles enchevêtrés.

branche rongée

« C’est un animal génial »

De telles retenues d’eau — moins néfastes pour l’environnement que nos ouvrages en béton — atténuent la violence des crues. Une étude menée en Angleterre, aux abords de la rivière Otter, a ainsi montré que les six barrages construits par les rongeurs avaient réduit le débit de l’eau et fait baisser les inondations dans les villages situés en aval. D’autres travaux scientifiques ont également pointé des effets bénéfiques contre les incendies : la végétation en amont du seuil, plus arrosée et donc plus humide, s’enflammerait moins vite.

« Attention, le castor ne peut pas tout faire, notamment quand il y a des crues importantes, comme lors de nos gros épisodes cévenols », rappelle le naturaliste. Malgré tout, cet architecte des cours d’eau pourrait bien être un allié face au dérèglement climatique. « C’est un animal génial, qu’il est important de redécouvrir. »

branche coupée,castor

Natif des gorges du Gardon, Gilles Larnac s’est pris de passion pour ce curieux mammifère il y a une trentaine d’années. « Les vieux du coin ne savaient pas qu’il y avait des castors, ils les prenaient pour des ragondins [1], se rappelle-t-il. Il s’agit d’un patrimoine oublié. »

gilles larnac 2

Ce mammifère des rivières revient en effet de loin : omniprésent en Europe au Moyen-Âge, il a peu à peu été décimé par la chasse. « Sa fourrure épaisse, sa viande, mais aussi ses glandes à castoréum [2] étaient très prisées, raconte le naturaliste. On s’en servait pour faire du parfum, car la substance sécrétée est très persistante. » Au début du XXe siècle, il ne restait que quelques dizaines de familles en France, dans le Gard et l’Ardèche principalement, et guère plus dans le reste du continent.

« Le castor a été la première espèce protégée, interdite de chasse en 1909, et c’est ce qui l’a sauvé, poursuit M. Larnac. Il y a eu par la suite des opérations de réintroduction, et aujourd’hui, on compterait environ 20 000 individus à travers le pays, dans cinquante départements. » Il n’est désormais pas rare de croiser le nageur, à la tombée du jour, en train de grignoter ou de faire sa toilette. « Pour l’observer, repérez d’abord les lieux en journée, en vous promenant aux bords de la rivière, conseille M. Larnac, qui organise des sorties découvertes dans la région. Si vous apercevez dans l’eau des branches dénudées et rongées, vous êtes certainement dans une zone réfectoire, où les animaux viennent s’alimenter. Revenez de nuit, ou au crépuscule, restez discrets et ouvrez l’œil ! »

musée du castor

Le castor en quelques chiffres :

— 2 000 castors vivraient actuellement dans le Gard.
— On compte environ 20 000 poils par centimètre carré de peau du castor, une densité qui empêche l’eau de pénétrer, même après une plongée.
— 7 km/h, voici la vitesse qu’un castor atteint en nageant sous l’eau, soit aussi vite que les nageurs olympiques. Sa queue, plate et écaillée, ainsi que ses pattes arrières, palmées, lui permettent de se propulser.
— Chaque année, la femelle peut mettre bas à deux petits. Après deux ans passés auprès de leurs parents, les enfants partiront en quête de nouveaux territoires.
— Un animal adulte mesure 1,20 mètre, du museau jusqu’au bout de sa queue, ce qui en fait le plus gros rongeur d’Europe.