La population de loups gris progresse en France, mais à un rythme plus lent

le loup gris

La population de cette espèce est estimée à 624 individus adultes contre 580 un an auparavant, soit une progression de 7 %.

Le Monde avec AFP

Le loup gris, éradiqué en France par l’homme, a fait son retour en 1992 en provenance d’Italie et étend petit à petit son territoire. GARY KRAMER / AP

La population de loups gris progresse en France, mais à un rythme plus lent, a annoncé, vendredi 9 juillet, l’Office français de la biodiversité (OFB) à l’Agence France-Presse (AFP), avec un niveau d’attaques élevé contre les troupeaux.

Au sortir de l’hiver 2020-2021, la population de cette espèce est estimée à 624 individus adultes contre 580 un an auparavant, soit une progression de 7 %, a précisé Nicolas Jean, chargé du suivi des grands prédateurs à l’OFB. En 2020, la progression avait été de 9 % et encore plus marquée les années précédentes. « Il y a un tassement de l’accroissement de l’effectif de population » de cette espèce protégée en France et en Europe, mais « il ne faut pas être alarmiste », a-t-il commenté.

Les explications sont multiples : « Une des plus probables est l’impact des tirs car on prélève 20 % de l’effectif » des loups, a souligné Nicolas Jean, un pourcentage qui comprend les tirs officiels pour protéger les troupeaux mais aussi les actes de braconnage, ce à quoi s’ajoutent les morts dues à des maladies et aux collisions avec des voitures.

Le loup gris, éradiqué en France par l’homme, a fait son retour en 1992 en provenance d’Italie et étend petit à petit son territoire. Si des loups isolés sont observés dans de nouveaux départements, comme en Seine-Maritime (avril 2020), dans l’Aube et la Haute-Marne (automne 2020), sa présence reste concentrée dans les massifs alpins et provençaux. Sept nouvelles meutes ont été identifiées dans le secteur alpin, a fait savoir Nicolas Jean. Le plan national loup prévoyait d’atteindre seulement en 2023 un seuil de 500 individus.

Les éleveurs indemnisés pour leurs animaux tués

« Pour la troisième année (…), les dommages sur troupeaux se stabilisent » mais restent à un niveau élevé, avec environ 3 700 constats d’attaque faits en 2020, une grande partie se concentrant en Auvergne-Rhônes-Alpes, selon la direction régionale de l’environnement d’Auvergne-Rhônes-Alpes.

L’Etat indemnise les éleveurs pour leurs animaux tués, blessés ou disparus lors des attaques, ainsi que les coûts de réparation et le remplacement du matériel endommagé. Les éleveurs doivent en contrepartie mettre en place des mesures de protection (gardiennage par des bergers, chiens de protection, enclos la nuit…).

« De plus en plus d’attaques sont constatées à proximité des bergeries et à quelques kilomètres des centres-villes », s’alarme la Fédération nationale ovine dans un communiqué. « Les moyens de protection proposés par l’Etat » sont « vite obsolètes » et « la multiplication des chiens de protection [est] une nuisance pour le voisinage, un danger pour les randonneurs ». La fédération demande « plus d’interventions des services de l’Etat dans les zones où les loups sont présents, pour les dissuader d’attaquer et leur apprendre à craindre les troupeaux ».

L’Etat commence « à structurer la filière des chiens de protection », souvent des patous ou des bergers d’Anatolie, souligne Nicolas Jean. Presque 5 000 chiens sont financés chaque année.

Pour Patrick Leyrissoux, vice-président de l’association Ferus qui milite pour la cohabitation avec les grands prédateurs, la solution n’est pas de tuer plus de loups gris. « L’efficacité des tirs létaux n’a pas été démontrée au niveau international » pour réduire le niveau de prédation, dit-il. Il plaide pour plus de « contrôles sur le terrain pour savoir si les moyens de protection sont effectivement et correctement mis en place ».

Le Monde avec AFP

 

Programme de réintroduction de jaguars dans le nord-est de l’Argentine

jaguar en argentine

Par Sciences et Avenir avec AFP le 17.04.2021 à 23h46, mis à jour le 19.04.2021 à 11h14 Lecture 2 min.

L’Argentine mène dans un parc du nord-est du pays un programme de réintroduction de jaguars. « C’est la première fois dans l’histoire qu’une tentative est faite pour ramener ce grand félin dans un environnement où l’Homme l’a exterminé« , a déclaré l’ONG qui porte ce projet depuis 10 ans.

Des jaguars photographiés après avoir été relâchés dans le parc en Ibera, en Argentine, le 16 avril 2021

Rewilding Argentina/AFP – –

L’Argentine mène dans un parc du nord-est du pays un programme de réintroduction de jaguars dont la présence n’avait plus été enregistrée depuis 70 ans, et a relâché le 17 avril une mère et ses deux petits, a rapporté l’ONG Rewilding Argentina.

Un félin exterminé par l’Homme

La réintroduction de cette femelle baptisée Juruna et de ses deux petits nés en captivité en décembre 2020 porte à six le nombre de jaguars relâchés depuis le début de l’année dans le parc Ibera, une zone protégée de près de 200.000 hectares de marais, de rivières et de lagunes entourée de prairies et de montagnes, à la frontière avec le Paraguay et proche du Brésil. Juruna rejoint sa soeur Mariua et ses deux petits relâchés en janvier. Ces deux femelles sauvages du nord du Brésil avaient été recueillies lorsque des braconniers avaient tué leur mère quelques mois après leur naissance. « C’est la première fois dans l’histoire qu’une tentative est faite pour ramener ce grand félin dans un environnement où l’Homme l’a exterminé« , a déclaré l’ONG qui porte ce projet depuis 10 ans.

Quelque 200 à 300 spécimens en Argentine

La déforestation, l’augmentation des terres agricoles, les incendies de forêt ainsi que le braconnage les avaient fait disparaître de la province de Corrientes. Le jaguar, dont la plus grande population est concentrée au Pantanal brésilien, la plus grande zone humide tropicale sur Terre, est considéré comme « quasi menacé » d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). En Argentine, quelque 200 à 300 spécimens ont été répertoriés éparpillés dans les jungles des provinces de Salta, Misiones, Chaco et Formosa, dans le nord du pays. A Ibera, le jaguar rejoint d’autres espèces clés réintroduites telles que le cerf de la pampa, le fourmilier géant, le pécari à collier et l’ara écarlate. Les marais d’Ibera sont l’une des principales attractions naturelles émergentes de l’Argentine et, avant l’apparition de la pandémie de coronavirus, accueillaient 45.000 visiteurs par an.

Jaguar Argentine Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)

L’Islande renonce à chasser des baleines pour la troisième année consécutive

chasse à la baleine

Par Anne-Sophie Tassart le 21.06.2021 à 16h42 Lecture 3 min.

Le Fonds international pour la protection des animaux a constaté que la chasse à la baleine n’a pas débuté en Islande : les baleiniers semblent avoir renoncé, pour la troisième année consécutive, à cette activité.

Des touristes observent un petit rorqual en Islande.

chasse à la baleine

IFAW

L’industrie baleinière islandaise avait renoncé à son activité en 2019 et en 2020. La saison de chasse est normalement déjà entamée au mois de juin mais aucune activité n’a été constatée par le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW). Il affirme avec soulagement qu’il « semble maintenant évident que pour la troisième année consécutive, les géants des mers ne seront pas victimes des harpons en Islande« .

 

 

Les Islandais ne raffolent pas de la viande de baleine

La viande de rorqual commun, une espèce vulnérable selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, était exportée au Japon depuis 2013 par les baleiniers islandais. Un marché qui n’a jamais décollé selon IFAW. La viande d’une autre espèce de baleine, nommée petit rorqual, concerne quant à elle le marché national et était davantage vendue aux touristes qu’aux Islandais. « La toute dernière enquête commissionnée par IFAW montrait que les Islandais ne raffolent pas de la viande de baleine, avec seulement un pour cent qui déclare en consommer régulièrement« , explique l’ONG dans un communiqué publié le 15 juin 2021. Une campagne menée par cette dernière auprès des vacanciers a drastiquement réduit les ventes jusqu’à faire renoncer les baleiniers. « En 2020, l’association des chasseurs islandais du petit rorqual a reconnu l’inutilité de leur chasse et a mis fin à son activité sanglante« , remarque Sharon Livermore, directrice de la Conservation marine chez IFAW.

Une seule entreprise de chasse à la baleine en Islande

En 2021, les rorquals communs seront aussi tranquilles que les petits rorquals. La dernière entreprise islandaise de chasse à la baleine révise visiblement ses activités. « Nous sommes à un cheveu de la fin définitive de la chasse à la baleine en Islande, espère Sharon Livermore, citée dans le communiqué. Maintenant, il ne reste plus que Kristjan Loftsson et son entreprise de chasse au rorqual commun, Hvalur hf. Selon la réglementation relative aux quotas, il est encore autorisé à tuer des rorquals communs, ce qu’il n’a pourtant pas fait depuis 2018. Hélas, il se peut encore que Loftsson reparte chasser la baleine l’an prochain pour conserver un nouveau quota pour les cinq années à venir« . Mais y trouverait-il un intérêt si les consommateurs japonais boudent la viande exportée ? En outre, selon IFAW, les jeunes générations islandaises n’ont plus besoin d’être convaincues par la nécessité de maintenir des populations de baleines viables. En effet, elles semblent avoir conscience que ces géants des mers représentent un précieux capital pour le climat

Depuis 2003, plus de 1500 rorquals communs et petits rorquals ont été tués par des baleiniers islandais. Cette année-là, le pays avait repris cette activité après 13 ans d’arrêt. Désormais, il développe le secteur du whale watching, l’observation des baleines depuis des navires. Cette activité attire plus de 350.000 personnes chaque année dans le pays et génère 20 millions d’euros par an. Selon le Fonds monétaire international, l’industrie du whale watching dans le monde pèse 2 milliards de dollars.

 

Aveu du « Chasseur Français » : la chasse aux renards, ça sert à rien !

chasseur français

Le magazine* aux 250 000 tirages titre en couverture, dans son édition de juin 2021 : « Renards : peut-on réduire leur population ? ». L’article répond : « L’impact de l’élimination des renards sur la chute de leurs effectifs reste aléatoire ».

Il s’appuie notamment sur des « actions » menées en Grande-Bretagne, où des renards étaient tirés la nuit, au phare, quasi chaque semaine. Leur population baissait d’abord de 50 %, puis remontait, il fallait recommencer.

Mêmes résultats en France, où il est annoncé l’abattage de 430 000 animaux par tir et 70 000 par piégeage et déterrage en un an, en soulignant que ces chiffres sont sous-estimés.

Les chasseurs commenceraient-ils à comprendre ? Ne rêvons pas. Après avoir admis qu’espérer réduire les populations de renards était incertain et demandait beaucoup d’énergie, l’auteur entend rassurer ses lecteurs avec ce clin d’œil : « Ce qui n’empêche pas de tirer les goupils quand l’occasion se présente ! ».

Faut bien s’amuser…

*Le chasseur français n°1492, juin 2021.

Réhabilitons les renards !

 

Une espèce rare et menacée de cerf repérée pour la première fois au Cambodge

cerf muntjac

Selon les autorités locales, la découverte de ce cerf muntjac géant est une bonne nouvelle qui prouve que la préservation des ressources naturelles dans le pays est efficace.

  • AFP

AFPUne photo prise par une caméra automatique dans une forêt du Cambodge le 11 avril 2021.

ANIMAUX – L’espoir renaît pour la faune en voie de disparition. Un cerf muntjac géant, espèce rare en danger d’extinction, a été repéré au Cambodge pour la première fois, signe que les efforts du pays pour la préservation de la vie sauvage paient, ont déclaré les autorités locales ce 25 juin 2021.

L’animal a été pris en photo en avril par une caméra automatique cachée dans le parc national de Virachey, dans la province de Ratanakiri (Nord-Est), a déclaré à l’AFP Neth Pheaktra, porte-parole du ministère de l’Environnement.

 

Une découverte grâce aux caméras automatiques

Mais la découverte n’a été faite que récemment, quand les autorités cambodgiennes ont récupéré la caméra et passé au crible des mois d’images de la forêt, connue pour abriter un trafic illégal de bois. “C’est la nouvelle la plus excitante pour le Cambodge et pour le monde entier qu’une espèce aussi rare et gravement menacée ait été découverte au Cambodge”, a-t-il déclaré. “C’est un résultat positif pour les efforts du gouvernement en matière de protection des ressources naturelles”.

L’espèce a été découverte pour la première fois dans les forêts voisines du Vietnam et du Laos en 1994. Le Muntiacus vuquangensis, son nom scientifique, figure sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) comme étant en danger critique d’extinction.

L’exploitation forestière illégale reste un risque environnemental majeur au Cambodge, où de vastes étendues de forêt sont menacées depuis la fin de la guerre civile en 1998. Le parc national de Virachey a souffert d’une déforestation rampante au début des années 2000, mais sa situation s’est améliorée. “Le parc est devenu un abri sûr pour la faune sauvage”, a affirmé Neth Pheaktra.

Conseil d’État : Non à l’éffarouchement des ours.

non à l'effarouchement des ours

Le Conseil d’Etat retoque les mesures d’effarouchement des ours
Par Sciences et Avenir avec AFP le 05.02.2021 à 11h29, mis à jour le 05.02.2021 à 15h17
Dans une décision rendue le 4 janvier, le Conseil d’Etat annule une partie de l’arrêté du 27 juin 2019 permettant la mise en place de mesures d’effarouchement de l’ours brun dans les Pyrénées à titre expérimental, qui prévoyait « l’effarouchement renforcé, à l’aide de tirs non létaux ».

Le Conseil d’Etat a annulé la possibilité de recourir à des tirs non létaux pour effrayer les ours bruns dans les Pyrénées, expérimentés depuis 2019, estimant qu’elles peuvent porter atteinte à la survie de cette espèce menacée
AFP/Archives – RAYMOND ROIG
Le Conseil d’Etat a annulé la possibilité de recourir à des tirs non létaux pour effrayer les ours bruns dans les Pyrénées, expérimentés depuis 2019, estimant qu’elles peuvent porter atteinte à la survie de cette espèce menacée.
Dans une décision rendue jeudi, le Conseil d’Etat annule une partie de l’arrêté du 27 juin 2019 permettant la mise en place de mesures d’effarouchement de l’ours brun dans les Pyrénées à titre expérimental, qui prévoyait « l’effarouchement renforcé, à l’aide de tirs non létaux ».
Le Conseil d’Etat, saisi une douzaine d’associations de défense de l’ours -notamment FERUS, Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS), Pays de l’Ours – Adet, Comité Ecologique Ariégeois, France Nature Environnement Hautes-Pyrénées-, estime que les mesures d’effarouchement simple (..) « ne sont pas de nature à porter atteinte au maintien des populations d’ours ou à compromettre l’amélioration de l’état de conservation de l’espèce ».
En revanche, la possibilité de procéder à du tir non létal, « sans encadrer davantage ses conditions de mise en oeuvre (…) ne permettent pas de s’assurer » que les dérogations ne portent pas atteinte « au maintien des populations concernées dans leur aire de répartition naturelle et ne compromettent pas l’amélioration de l’état de l’espèce ».
Contacté par l’AFP, le ministère de la Transition écologique n’avait pas réagi vendredi matin.
De leur côté, les associations de défense de l’ours déplorent « que l’Etat se soit embarqué dans cette aventure sans vérifier la conformité au droit des mesures prévues ».
« Ce texte ne respectait pas le cadre légal dans lequel il serait possible de déroger à l’interdiction de perturbation intentionnelle de l’espèce protégée et prioritaire qu’est l’ours brun, même à titre expérimental comme avait tenté de le justifier l’Etat », disent-elles dans un communiqué commun.
Les ours bruns, dont la population tourne autour d’une cinquantaine d’individus, sont en danger critique d’extinction dans les Pyrénées. Trois individus ont été tués par l’homme en 2020.

3 oursons nés dans le Béarn

3oursons nés dans le béarn

Trois oursons nés dans le Béarn, une première depuis 50 ans
Par Sciences et Avenir avec AFP le 20.05.2021 à 20h21, mis à jour le 21.05.2021 à 11h12 Lecture 2 min.
Trois oursons ont été détectés dans le Béarn, où vivent seulement 2 femelles et mâles. Une bonne nouvelle, même si ces naissances ne suffiront pas à restaurer la population des ours dans les Pyrénées.

Trois oursons nés cet hiver détectés dans le Béarn, une première depuis les années 1970 dans cette partie des Pyrénées où les ours sont rares
AFP/Archives – JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN
Trois oursons nés cet hiver ont été détectés dans le Béarn, une première depuis les années 1970 dans cette partie des Pyrénées où les ours sont rares, annoncent les associations pro-ours. « C’est encourageant. On a généralement chaque année une portée de trois ours, mais pas dans le Béarn, où il n’y a que 2 femelles lâchées en 2018 en Vallée d’Aspe et trois mâles, de part et d’autre de la frontière avec l’Espagne », dit Alain Reynes, directeur de Pays de l’ours-Adet.
« Cette année, on peut espérer une quinzaine d’oursons », poursuit-il. Sur les 16 oursons nés en 2020 dans les Pyrénées, 4 sont morts. Le taux de mortalités des oursons est important la première année. Ils pèsent à peine 300 grammes à la naissance et atteignent 3 à 5 kg à cette époque de l’année.
Pas assez de naissances pour restaurer la population
En 2020, 64 ours ont été détectés par les équipes de suivi de l’ours, un nombre auquel il faut retrancher les quatre oursons disparus et les trois ours adultes tués par l’homme, un en France, deux en Espagne. Les trois oursons répertoriés cette semaine étaient en compagnie de leur mère Sorita. Les deux oursons qui avaient été observés près d’elle en 2019 n’ont pas survécu, et elle n’en a pas eus en 2020. « Même si ces naissances ne suffisent pas pour restaurer une population viable, c’est une excellente nouvelle, porteuse d’espoir pour l’avenir de l’espèce dans les Pyrénées », soulignent les associations qui défendent la présence de l’ours dans le massif.
Un processus de sauvegarde entamé en 1996
En 1996, la France a engagé un processus de sauvegarde de l’ours brun des Pyrénées, l’espèce étant en voie de disparition, en lâchant des ours venus de Slovénie, qui se sont bien adaptés à leur nouvel environnement. Les éleveurs de montagne sont opposés à cette politique, dénonçant les prédations sur les troupeaux dans les hauts pâturages, notamment dans l’Ariège, où se concentrent une cinquantaine d’ours. Les associations Ferus et Pays de l’ours demandent à l’Etat français de nouveaux lâchers pour assurer une présence durable de l’espèce, comme le recommande la commission européenne, et le remplacement des trois ours tués par l’homme l’an dernier. Les autorités françaises ont adressé en mars à Bruxelles, pour approbation, un programme de financement Life (L’instrument financier pour l’environnement) Ours-Pyr pour les prochaines années qui ne prévoit pas de nouveau lâcher, selon Pays de l’ours.
Ours Pyrénées

Echolocation : les chauves-souris connaissent la vitesse du son dès la naissance !

écholocation chez les chauves souris

Par Anne-Sophie Tassart le 10.05.2021 à 11h12 

VHB / Science Photo Library via AFP

Deux chercheurs ont démontré que les chauves-souris s’appuient lors de l’écholocation, sur une référence innée de la vitesse du son.

1200 km/h : c’est la vitesse du son dans l’air à 20°C. Si nous devons nous rendre sur les bancs de l’école pour apprendre ce nombre, les chauves-souris l’ont quant à elles intégré de manière innée, révèlent deux chercheurs de l’Université de Tel Aviv (Israël) dans une nouvelle étude.

Une vitesse fluctuante du son

Les chauves-souris se servent de l’écholocation afin de repérer des obstacles ou des proies dans l’obscurité. Elles produisent des ondes sonores qui vont frapper des surfaces vivantes et inertes pour ensuite se réfléchir jusqu’à leur émettrice. De cette façon, cette dernière peut – en tenant compte du temps écoulé entre l’émission et le retour de l’écho – localiser sa proie. Mais si à 20°C, la vitesse du son est de 1200 km/h, cette donnée peut varier dans d’autres conditions environnementales. Avec la température donc, mais aussi avec la composition de l’air. Ainsi, les ondes sonores se propagent plus vite dans un air chaud. Les chauves-souris apprennent- elles à maîtriser la vitesse du son au cours de leur vie ou naissent-elles avec cette capacité ?

Le Dr Amichai et le Pr Yovel ont répondu à cette question en mai 2021 dans la revue PNAS.

L’impression que l’objet est plus près qu’il ne l’est réellement

Les chercheurs n’ont pas hésité à jouer sur la vitesse du son non pas en modifiant la température mais en changeant la composition de l’air : ils y ont injecté de l’hélium. De cette façon, la propagation des ondes sonores se faisait plus rapidement. Ils ont placé dans ce nouvel environnement des jeunes chauves-souris et des spécimens adultes. Aucune d’entre elles n’a réussi à s’adapter : toutes « voyaient » l’objet plus près qu’il ne l’était réellement. Elles réalisaient alors des vols avec une trajectoire trop courte. Ce résultat signifie donc que l’écholocation chez ces mammifères est innée et qu’elles ne peuvent donc pas s’adapter à un changement aussi important de leur environnement, même si elles y ont grandi. « Elles connaissent des valeurs moyennes (de vitesse du son, ndlr), comme une gamme, explique à Sciences et Avenir le Pr Yovel. Il semble que les chauves-souris peuvent se débrouiller dans la plage naturelle de la vitesse du son avec une variabilité de 7%« .

« Les animaux comptent sur leurs sens pour survivre et se reproduire, rappelle l’étude. Les systèmes sensoriels sont soumis à un compromis entre l’avantage de la flexibilité qui s’accompagne souvent du coût d’une période d’apprentissage prolongée et l’avantage de l’innéité, qui réussit moins bien à faire face à des environnements modifiés« . Les attentes des chauves-souris par rapport aux ondes sonores en est la preuve.

Les chercheurs estiment aussi que leur recherche prouve que la perception spatiale des chauves-souris n’est pas basée sur une unité de distance mais plutôt sur le temps. « En réalité, lorsque l’on place une chauve-souris dans un environnement avec de l’hélium, nous changeons le temps mais la distance est quant à elle maintenue constante« , indique le Pr Yovel. En s’appuyant sur l’écholocation, ces mammifères démontrent que c’est bien le temps qui compte pour eux.

Les dauphins sont capables de mémoriser le sifflement de leurs congénères pour s’entraider

les dauphins mémorisent les sifflements de leurs congénères

 

En février dernier, une étude publiée dans le Journal of Comparative Psychology, mettant en avant les traits de personnalité en commun entre les dauphins et les hommes. Les similitudes ne s’arrêtent pas là, comme le souligne l’étude parue dans le magazine spécialisé Science. En effet, de la même manière que dans nos sociétés, les dauphins mâles fonctionnent par groupe et plus spécifiquement, « comme les membres d’un gang de rue ». Une coopération rendue possible par la mémorisation et la communication du cétacé.

Un sifflement hérité de leur mère

Pour se différencier les uns des autres, les dauphins ont chacun un sifflement distinctif – l’équivalent d’un nom – appris de leur mère et qu’ils garderont toute leur vie.

 

Au-delà de l’aspect amical que l’on pourrait prêter à ce fonctionnement, cette mémorisation permet surtout aux dauphins d’appeler leurs alliés les plus proches pour « capturer et défendre des femelles en chaleur”.

 Construire des alliances pour coopérer et s’entraider

« Il s’agit d’une étude révolutionnaire », s’enthousiasme l’écologiste comportemental à l’Université de Saint-Andrews en Ecosse – qui n’a pas participé à l’étude – Luke Rendell. En effet, les résultats illustrent que les dauphins comprennent le concept d’appartenance à une

 

équipe et peuvent se révéler soudés les uns avec les autres. Une valeur fondamentale dans la notion de société, jusqu’alors principalement observée chez les humains.

 

Les dauphins en quête d’une femme fertile coopèrent généralement en couple ou en trio. Un fonctionnement que les chercheurs appellent « l’alliance de premier ordre ».

 

Des « alliances de second ordre » sont également observées. Le groupe peut alors atteindre les 14 dauphins, dont l’objectif principal sera le plus souvent de se défendre contre des groupes rivaux cherchant à s’approprier une femelle fertile.

Le bouquetin pyrénéen réintroduit avec succès

bouquetin pyrénéen

 

Disparue des massifs français il y a un siècle, l’espèce est de nouveau viable grâce à des lâchers réguliers.

 

Les portes des cages, arrivées d’Espagne par camion dans la nuit, s’ouvrent sur leur nouveau royaume. Des neuf grandes boîtes en bois sortent six mâles et trois femelles, dont une est accompagnée de son cabri. Capra pyrenaica, le bouquetin ibérique, à ne pas confondre avec son cousin des Alpes, foule à nouveau le sol pyrénéen. En ce petit matin d’automne, les agents du parc national des Pyrénées, sous les yeux de quelques passionnés et habitants de la vallée, procèdent au vingt-neuvième lâcher en six ans du petit animal placide – 90 cm au garrot pour une longueur de 140 cm pour le mâle –, au poil ras et brun, aux cornes en forme de lyre, aux sabots habiles qui adorent la verticalité.

Accous: vallée d'Asp

 
   

Au-dessus d’eux s’élèvent les falaises qu’ils a ectionnent, sur la commune d’Accous, porte d’entrée de la vallée d’Aspe en Béarn, qui serpente jusqu’au col du Somport à la frontière espagnole. Soit 200 000 hectares de pics et de cols, dont le plus haut culmine à 2 640 mètres, 2 500 habitants, des pentes boisées, des vallées humides et vertes. Un écrin de biodiversité où planent rapaces, vautours et gypaètes barbus. Où gambadent les isards et hibernent quelques ours, dont Sorita et Claverina,

hélitreuillées non loin de là à l’automne 2018. Alexandre Garnier, vétérinaire et chargé de mission pour le parc dans le cadre de son doctorat, raconte : « A chaque lâcher, c’est le même rituel. On attend le camion au petit matin, on leur en »le le collier GPS et on observe leur attitude à la sortie des cages. » Aujourd’hui, certains s’en extirpent poussivement. Mis en quarantaine pendant dix jours, pour procéder à des tests de détection de la brucellose, ils ont les postérieurs engourdis.

 

Grâce au programme de réintroduction, envisagé depuis les années 1980 mais e ectif seulement en 2014, la population serait aujourd’hui viable dans tout le massif, avec près de 400 individus. Le dernier lâcher de la saison a eu lieu vendredi 16 octobre. Mais les écueils ont été nombreux. Disparu des Pyrénées françaises depuis le début du XXe siècle, chassé notamment pour ses cornes, un trophée très prisé qui peut atteindre un mètre et une valeur de 30 000 euros, l’herbivore avait trouvé refuge en Espagne. Choyé et disposant de plus d’espaces dans divers parcs du pays, il y est aussi rentable. « Des communes font un business important avec sa chasse, il est au centre d’une économie, on en compte environ 70 000 chez nos voisins espagnols », précise Eric Sourp, chargé du projet de réintroduction dans le parc national des Pyrénées depuis 2008. Dans les Pyrénées

françaises, il n’a pas à redouter les chasseurs, étant une espèce protégée.

Quasi clandestin

 

Dès 1987, des études sur la faisabilité d’une réintroduction ont été menées, d’abord dans le cadre du programme LIFE entre 1993 et 1995, puis de la Stratégie de restauration des bouquetins en France (2000-2015). Mais ce n’est qu’après de longues négociations avec les provinces et le gouvernement espagnol, qui achoppaient car ceux-ci redoutaient que les chasseurs pré#èrent se rendre en France, que le premier lâcher est intervenu en 2014.

 

Eric Sourp se souvient qu’il a eu lieu « dans le plus grand secret » de peur que les autorités espagnoles « n’arrêtent le projet avant que le camion passe la frontière ». Il aura fallu l’obstination de Jean-Paul Crampe, ancien chargé de projet au parc national des Pyrénées dès ses origines et jusqu’en 2015, et une évolution de la législation, pour e   ectuer cette démarche inédite, soumise à un cahier des charges sanitaire drastique pour éviter de colporter des maladies aux troupeaux de brebis.

 

Le premier lâcher, quasi clandestin, réalisé à Cauterets (Hautes-Pyrénées), concernait six mâles et trois femelles. Trois jours plus tard, le 19 juillet 2014, la ministre de l’environnement d’alors, Ségolène Royal, participait au lâcher suivant, de trois bouquetins, devant 3 000 ou 4 000 personnes et une nuée de caméras. Depuis, le protocole s’est pérennisé. Les animaux sont capturés dans différents sites espagnols, notamment le parc d’Ordesa et du mont Perdu en Aragon, ou les montagnes de sierras madrilènes.

 

Au contraire de l’isard, le bouquetin n’est pas un animal aimant forcément l’altitude, il n’est pas rare de le retrouver en bord de mer. Cependant, grâce à la forme de ses sabots et un ergot très adhérent, il adore se poster sur des falaises très abruptes. Peu craintif, il fuit l’homme quand il sent un vrai danger.

 

Avec 227 animaux relâchés en six ans, sur cinq sites et trois départements (Ariège, Hautes- Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques), le bouquetin a donc repris ses marques. « Il se nourrit d’herbe, de genévriers,de beaucoup de lichens ou même de fruits de sorbiers ou de sureaux », précise Patrick Nuques, chef d’unité du parc en vallées d’Aspe et d’Ossau. « Notre rôle, c’est le suivi scienti »que grâce au GPS, mais aussi beaucoup d’observations en montagne, notamment pour contrôler et compter les naissances, ou les quelques décès. » La femelle, entre 4 et 15 ans, son âge maximum, peut donner naissance à un cabri par an. Avec un taux de 80 % qui survivent à leur première année, les jeunes de l’espèce ont trouvé un lieu de vie idéal.

 

Après les lâchers, grâce au suivi des colliers, c’est à une jeune vacataire du parc, Vanessa Guillot, 32 ans, qu’incombe la mission d’aller observer le comportement des animaux.« J’ai travaillé avec les bouquetins en vallée de Vanoise, dans les Alpes. Ici, ils sont plus farouches après la quarantaine, mais moins costauds, moins montagnards. Une fois par semaine, on va voir s’ils se portent bien, c’est toujours un régal à observer », se réjouit-elle. Savoir si la femelle a retrouvé son cabri, si elle se mélange avec les autres femelles comme elles aiment à le faire, à distance des mâles. Etudier leurs déplacements, leur installation sur une « falaise fétiche », détecter les animaux éventuellement malades ou blessés… « Le programme est aujourd’hui bien rodé. On peut dire que l’espèce est désormais viable », se félicite Eric Sourp.

« La tension est parfois rude »

 

L’opération aura coûté aux alentours de 1,2 million d’euros depuis 2014, et « plus un sou au parc aujourd’hui grâce à des partenaires privés comme la Garantie mutuelle des fonctionnaires ou EDF », tient à souligner cet ancien étudiant en biologie et géographie. Elle s’accompagne d’un volet pédagogique avec des actions envers le milieu scolaire, la création d’un site Internet, des débats.

Mais suscite aussi des oppositions.

 

« Il a fallu convaincre certains éleveurs et cela a parfois été très dur, relate l’ancienne maire d’Accous, Paule Bergès. Des ours ont été relâchés ici et la tension est parfois rude. De toute façon, on lâcherait des poules, certains s’arrangeraient pour être contre… », remarque-t-elle avec un sourire en ouvrant une des cages, hors de laquelle bondit une jeune femelle.

 

Le Monde/