Loups en Haute-Savoie : les chasseurs vont en compter plus pour en tuer plus

loup et appareil photographique

Un loup piégé par un appareil photographique dans une forêt de l’Aude, en 2017

Les pouvoirs publics subventionnent massivement un recomptage des loups en Haute-Savoie par les agriculteurs et les chasseurs. Ces derniers veulent faire mentir à coups de drones et pièges photographiques les estimations de l’Office français de la biodiversité. Leur but : justifier la mise à mort de plus de loups

Sous les cimes enneigées, une bataille de chiffres fait rage. En Haute-Savoie, chasseurs, agriculteurs et écologistes se brouillent sur le nombre de loups et de meutes présentes dans les alpages. Selon le dernier comptage de l’Office français de la biodiversité (OFB), en 2021, 74 loups circulaient dans les montagnes du département. Chaque année, l’État autorise l’abattage de 19 % de la population au niveau national.

Une situation qui ne satisfait pas le monde de la chasse et la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA). Pour eux, la vie pastorale tout entière est mise en péril. Depuis l’arrivée du loup en 2009 sur le massif de Glières, « ce prédateur ne cesse de semer le trouble au cœur des territoires ruraux, dit à Reporterre le président de la fédération de chasse, André Mugnier. Le loup n’est plus une espèce protégée. Si rien n’est fait, cette situation déjà dramatique va s’aggraver. »

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Un loup du parc français du Gévaudan

Main dans la main, chasseurs et exploitants agricoles contestent les estimations de l’OFB. Ils avancent un décalage de 30 % à 40 % entre les chiffres donnés et « la réalité de terrain » : « En 2021, on a abattu sept loups dans le département mais on devrait en prélever au moins 25 par an si on veut maintenir un effectif gérable et réguler l’espèce », affirme André Mugnier.

Dans la presse, la FNSEA et la fédération de chasse multiplient les attaques pour discréditer l’OFB. Un bras de fer est engagé et les chasseurs semblent avoir obtenu une première victoire, au grand dam des écologistes.

270 000 euros de subventions pour les chasseurs

Car le département de Haute-Savoie, présidé par un membre du parti Les Républicains et proche de Laurent Wauquiez, Martial Saddier, a attribué 270 000 euros de subventions à la fédération de chasse pour mettre en œuvre une campagne de comptage de loups, « contradictoire à celle de l’OFB ». Cette aide publique s’ajoute au 650 000 euros sur cinq ans alloués par le conseil départemental à la fédération ainsi qu’aux 304 100 euros sur trois ans de la région Auvergne Rhône-Alpes — région dont les accointances avec les chasseurs ne sont plus à prouver.

Plus étonnant, l’État a aussi concouru à hauteur de 20 000 euros à ce nouveau projet alors même que celui-ci remet en cause le travail de ses propres fonctionnaires. Cédant aux sirènes des exploitants agricoles et à la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, qui affirmait que « l’OFB ment », Julien Denormandie, alors ministre de l’Agriculture, s’était déjà dit favorable à un recomptage du nombre de loups.

Compter plus pour tuer plus

Ce recomptage sera désormais effectué par les chasseurs et les agriculteurs eux-mêmes, accompagnés par des louvetiers. Les subventions des pouvoirs publics permettront l’achat d’une profusion de moyens techniques, pièges photographiques, caméras thermiques, drones et enregistreurs sonores, ainsi que des véhicules.

Pour les chasseurs, l’objectif de ce comptage est clair et pleinement assumé : il s’agit de chiffrer plus pour tirer plus. « Je qualifie cette opération de vérité, dit à Reporterre André Mugnier. On verra qui se trompe mais je pense qu’il y a beaucoup plus de loups que ce que l’on nous raconte. Ce nouveau comptage nous permettra de prélever davantage de loups. Cela remettra aussi en cause l’estimation de l’OFB au niveau national. »

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Des chasseurs. Flickr / CC BY-NC-ND 2.0 / Philippe Druesne

Dans un communiqué, France Nature Environnement Auvergne-Rhône-Alpes crie au scandale : « L’argent coule à flots pour les opposants au loup », écrit-elle. « Avec cette subvention, l’État et le département humilient le travail de l’OFB, regrette son porte-parole, Roger Mathieu. Ils remettent en cause le travail mené par 4 000 personnes en France et leur méthode soutenue par les scientifiques et le CNRS (Centre national de la recherche scientifique). C’est une honte. »

Au cœur de la polémique, plusieurs enjeux sont soulevés : comment les chasseurs vont-ils évaluer le nombre de loups et selon quelle méthodologie ? Ne risquent-ils pas non plus d’être juges et parties ?

« Il faut qu’on arrête avec cette approche scientifique »

« Cette débauche de moyens techniques disparates, avec des drones, etc., contraste avec l’absence de méthodologie permettant d’évaluer la pertinence de l’opération, sa cohérence et sa robustesse en matière scientifique, souligne Roger Mathieu. Dans aucun pays on n’utilise des caméras thermiques ou des enregistreurs pour compter des loups, cela permet simplement d’étudier leur comportement. »

Selon ce spécialiste, qui suit depuis des années une vingtaine de meutes dans le massif alpin, les risques d’erreurs avec ces outils techniques sont nombreux : « Il est très difficile sur une vidéo ou une photographie de distinguer un loup d’un autre. On ne compte pas les loups comme des moutons dans un enclos. C’est pour cela que l’on ne fait pas de comptage mais une estimation. Elle se fait à travers des prélèvements biologiques que l’on retrouve sur des poils ou des crottes et des analyses génétiques et statistiques. »

Mais pour les chasseurs, cette méthodologie ne semble pas avoir d’importance. « Je m’en fiche de la génétique, s’emporte André Mugnier. Cette question ne m’intéresse absolument pas. La présence des loups est insurmontable et il faut les réguler. Il faut qu’on arrête avec cette approche scientifique qui permet de différer progressivement le nombre de prélèvements de loups alors qu’aujourd’hui, il y a urgence. »

France Nature Environnement a d’ores et déjà annoncé qu’elle récusera les chiffres des chasseurs.

Le renard, tué toute l’année, doit-il rester classé espèce nuisible ?

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Des associations de protection de la nature estiment que les dommages causés par l’animal, considéré comme « susceptible d’occasionner des dégâts » dans 91 départements, sont surestimés.

Opportuniste et pilleur de poulailler : sa mauvaise réputation lui colle à la fourrure. Comptant parmi les espèces chassables de juin à mars en tant que « gibier sédentaire », le renard peut également être tué par différents moyens tout au long de l’année dans les 91 départements où il est classé « espèce susceptible d’occasionner des dégâts » (ESOD).

Une pression continue sur ce prédateur que des organisations de protection de la nature voudraient réduire. Pour Marc Giraud, naturaliste et porte-parole de l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas), l’animal subit une persécution. « Notre objectif est de changer le statut du renard pour qu’il soit considéré comme gibier et prélevé seulement durant la période de chasse. » Sans le statut de nuisible, l’animal ne pourrait plus être tiré de jour comme de nuit, déterré de son terrier par les chiens de chasse, piégé…

L’association a remporté une victoire locale jeudi 31 mars. Le tribunal administratif de Rouen, saisi par l’Aspas, Agir pour le vivant et les espèces sauvages (AVES France) et la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), a annulé un arrêté du préfet de Seine-Maritime qui avait autorisé l’abattage de 850 renards en 2020. « Ce qui est intéressant, c’est la jurisprudence qui émerge, a réagi Richard Holding, chargé de communication à l’Aspas. Maintenant, dès qu’on attaque, on est sûrs de gagner. »

Autorégulation de l’espèce

Les défenseurs du renard accusent les chasseurs de surestimer les nuisances causées par l’animal et rejettent les arguments avancés par la Fédération nationale des chasseurs (FNC) et les différentes commissions départementales de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS) chargées d’appliquer ou non la classification d’ESOD. Selon les autorités, divers motifs justifient sa présence sur cette liste : la protection de la faune et la flore, l’intérêt de la santé et de la sécurité publiques, la prévention de dommages importants aux activités agricoles, forestières et aquacoles… En Seine-Maritime, le préfet avait mis en avant, pour justifier son arrêté, « la prédation de cette espèce sur le petit gibier, plus particulièrement les perdrix grises », ainsi que « le risque de propagation de maladies transmissibles à l’homme et véhiculées par le renard » – en particulier l’échinococcose alvéolaire, une maladie contractable par contact avec des animaux infectés ou leurs excréments souillant des végétaux – et « la nécessité de protéger les élevages avicoles ».

Le besoin de réguler l’espèce, abondante dans certains territoires où celle-ci n’a d’autre prédateur que l’homme, est mis en avant par le ministère de la transition écologique. Le nombre d’individus en France reste stable, voire augmente légèrement – une preuve, selon Nicolas Rivet, directeur général de la Fédération nationale des chasseurs, que « même si des chasseurs prélèvent et régulent des renards, ça n’a pas d’impact sur la population ».

Les naturalistes et associatifs assurent cependant que les populations s’autorégulent. « Le renard vit et se reproduit en fonction des ressources alimentaires disponibles sur son territoire », détaille Carine Gresse, assistante vétérinaire de formation et fondatrice du Clos des Renardises, premier refuge pour renards. Le nombre de renardeaux par portée peut ainsi varier de un à sept. « Il n’y a ni suivi ni comptage, seulement des estimations. C’est une aberration de prétendre réguler quand on ne garde pas de comptes », argumente-t-elle.

Si la FNC déclare tuer 500 000 renards par an, les associations évaluent ce nombre entre 600 000 et 1 million d’individus. Le ministère de la transition écologique et solidaire estime de son côté les « prélèvements » pour la chasse à 430 000 et précise que les « destructions » liées à son statut d’ESOD sont suivies au niveau départemental.

« Excellent auxiliaire de l’agriculture »

Selon un chasseur siégeant dans l’une des commissions départementales de la chasse et de la faune sauvage, qui requiert l’anonymat, l’argument de la protection des élevages ne tient pas. « Le renard est accusé de croquer poules et agneaux, mais il y a d’autres moyens pour protéger les enclos », estime-t-il. De plus, ce comportement serait minoritaire. « Les animaux d’élevage sont des proies quand les prédateurs économisent leur potentiel énergétique. Le renard se nourrit à 75 % des petits rongeurs, c’est d’ailleurs ce qui en fait un excellent auxiliaire de l’agriculture et un moyen de lutter contre la propagation de certaines maladies », affirme Carine Gresse.

Un renard mange jusqu’à 6 000 campagnols par an. « La maladie de Lyme est transportée par les tiques via les rongeurs. Leurs prédateurs limitent donc sa propagation », complète Marc Giraud. Un argument relativisé par Nicolas Rivet : « Qu’il participe à éviter une dissémination trop forte en prélevant quelques campagnols, peut-être, mais ce n’est pas pour autant que la maladie de Lyme serait éradiquée si on ne régulait pas les renards. »

Par ailleurs, en se nourrissant principalement de petits rongeurs, les renards représenteraient un gain économique pour l’agriculture, en évitant l’utilisation de produits chimiques. Un arrêté préfectoral a ainsi fait retirer le renard des ESOD dans 117 communes du Doubs en 2019 afin de « favoriser la prédation exercée sur les campagnols par les renards dans les communes où au moins un agriculteur aura souscrit un contrat de lutte raisonnée ». Il participe en outre à l’élimination des animaux malades et des cadavres, et, friand de végétaux, à la dissémination des graines de diverses essences d’arbres par ses déjections, plaide l’Aspas.

Pour Patrick Janin, juriste dans le droit environnemental et membre de l’Association ornithologique et mammalogique de Saône-et-Loire, « il y a les motifs officiels et les motifs inavoués » au classement en nuisible. « Pour repeupler un territoire, les chasseurs utilisent du gibier d’élevage (faisans, perdrix, lièvres) qui n’a pas acquis de capacité de défense, ni d’instinct sauvage », explique-t-il. Des proies particulièrement faciles pour un renard. Les chasseurs considéreraient, selon lui, le renard comme un concurrent.

Joséphine Maunier

Le Monde

15 baleineaux porteurs d’espoir

De novembre à avril, les baleines noires de l’Atlantique Nord donnent naissance à leurs baleineaux dans les eaux chaudes de la Floride et de la Géorgie.

En ce début de printemps, la saison de mise bas de cette espèce vulnérable touche bientôt à sa fin et, comme l’an dernier, elle a été bien remplie! Au total, 15 nouveaux petits ont été rapportés pour l’année 2022 en date du 28 mars. Combiné avec les 20 veaux comptabilisés en 2021, ce bilan est particulièrement encourageant et contraste avec le faible taux de natalité de l’espèce enregistré entre 2017 et 2020!

Pour célébrer l’occasion, Baleines en direct vous invite à aller à la rencontre des nouvelles paires mère-veau de l’année!

Les nouvelles mamans

La première baleine noire à avoir donné naissance lors de cette saison de mise bas n’est nulle autre que Slalom (#1245), une femelle âgée maintenant d’environ une quarantaine d’années. Elle est assez productive, puisqu’il s’agit de son sixième veau! La paire a été observée pour la première fois au large de Pawleys Island, en Caroline du Sud, le 24 novembre 2021.

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À peine une semaine plus tard, soit le 2 décembre 2021, un autre baleineau a été repérée, cette fois à proximité de Cumberland Island, en Géorgie.

La jeune mère, rapidement identifiée, est connue sous le nom de Snow Cone (#3560).

Depuis maintenant un an, cette femelle de dix-sept ans nage dans l’océan, empêtrée dans des engins de pêche. Plusieurs opérations de sauvetage ont été lancées, aussi bien aux États-Unis qu’au Canada, pour les lui enlever, mais malgré les efforts déployés, quelques cordages demeurent.

Malgré ce terrible handicap, Snow Cone et son veau semblent bien se porter. Les yeux restent toutefois rivés sur le duo, leur situation précaire étant sujette à une surveillance serrée.

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Un autre carnet rose notable de l’année est celui du cinquième veau de la femelle Derecha (#2360), aperçu pour la première fois à l’entrée de la rivière St-Johns avec sa mère, en Floride le 18 décembre 2021.

Cette naissance met du baume au cœur, considérant que Derecha a perdu son précédent veau, en janvier 2020, suite à une collision fatale avec un navire.

naevus

Naevus (#2040), la sœur de Slalom, figure elle aussi parmi les nouvelles mamans de cette saison! Comme son aînée, elle a aussi donné naissance à son sixième veau cette année, vu pour la première fois le 31 décembre 2021. Sept années se sont écoulées entre ce nouveau petit et le précédent, né en 2014.

Un autre veau d’intérêt particulier est celui de la mystérieuse #3220, repéré en Géorgie, près d’Ossabaw Island, le 6 janvier 2022. Il s’agirait du troisième veau de cette baleine furtive.

Cette femelle n’est aperçue que de façon très sporadique : la dernière fois qu’elle a été observée, c’était en 2012! Où passe-t-elle ses étés et ses hivers? Les chercheurs, qui suivent de près la population, aimeraient bien le savoir. Espérons ne pas avoir à attendre une autre décennie avant de la revoir!

naevus et son veau

Fermons ce carnet rose en citant les autres mamans de la saison : Arpeggio (#2753), Silt (#1817), Braces (#3320), Tripelago (#2614), Half Note (#1301), #1515, #3157, #3430 et #4180.

Chaque veau compte

Un total de 15 naissances pourrait sembler peu pour une espèce entière. Cependant, il est estimé que les baleines noires de l’Atlantique Nord ne comptent aujourd’hui que moins de 350 individus au total. Ainsi, chacun de ces petits baleineaux est crucial pour la survie de l’espèce, qui traverse depuis 2017 un événement de mortalité exceptionnel.

Les risques principaux auxquelles les baleines noires font face sont les collisions avec les navires et les empêtrements dans les engins de pêche. Soulignons d’ailleurs que toutes les mamans de cette année ont déjà vécu des empêtrements au cours de leur vie. En parallèle, jusqu’à l’an dernier, le taux de natalité de ces géantes des mers était dangereusement faible depuis 2017. Mais ces deux années de naissances fructueuses sont une véritable note d’espoir pour les baleines noires de l’Atlantique Nord. Souhaitons longue vie à ces 15 bébés!

Source : Baleine en direct, depuis Tadoussac au Québec

Bilan de la population d’ours en 2021 : une bonne dynamique démographique, avec des vulnérabilités persistantes

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L’OFB a publié le bilan annuel de la population d’ours pour 2021. Commentaires sur les points marquants :

  • La bonne dynamique démographique se poursuit, avec 70 individus détectés, pour 64 en 2020, soit environ +9 %.
  • 8 portées comprenant 15 oursons ont été repérées.
  • Le mâle Goiat s’est enfin reproduit, apportant un rare et nouveau patrimoine génétique bienvenu. Hormis un épisode de prédation très médiatisé au printemps 2021, sa discrétion le reste de l’année rend d’autant plus inadéquat l’acharnement dont fait preuve l’État pour le capturer.
  • L’ourson Douillous, découvert esseulé en 2019, soigné puis relâché dans les Pyrénées en octobre de la même année, est en fait une ourse, subadulte maintenant ! Sa présence en Aragon, dans une zone dépourvue de femelles, est un espoir pour la restauration de la population du plantigrade.
  • Les 3 oursons de Sorita, seule reproduction dans les Pyrénées occidentales en 17 ans, étaient toujours bien portants en fin d’année.
  • La baisse sensible des prédations reflète la progression de la mise en place des moyens de protection des troupeaux.

Pour autant, ces bonnes nouvelles ne doivent pas masquer des vulnérabilités, persistantes pour certaines, et aggravées par la politique de l’Etat :

  • On relève 4 ours morts de causes humaines en 2020 et 2021, et non remplacés malgré les engagements du Plan Ours. Les coupables de la mort par balles de l’ours Gribouille n’ont toujours pas été démasqués après près de 2 ans : les moyens dévolus aux enquêtes semblent notoirement insuffisants.
  • Le déséquilibre mâles-femelles en Pyrénées occidentales, faute d’un nombre suffisant de femelles lâchées en 2018, et potentiellement générateur d’infanticides, va s’accentuer, puisque les 3 oursons de Sorita sont tous des mâles. De plus, seuls les mâles, très mobiles, peuvent migrer le long des 100 km séparant les 2 noyaux reproducteurs.
  • Malgré les reproductions des 2 mâles Néré et Goiat, la disparition du fait de l’homme de 2 individus génétiquement intéressants en 2020 font que la consanguinité du noyau reproducteur des Pyrénées centrales reste préoccupante. Elle ne pourra que s’aggraver, en l’absence de politique de lâchers de nouveaux individus.
  • Enfin, les expérimentations hasardeuses et inutiles de l’Etat (effarouchements, capture de Goiat) ne peuvent qu’être un facteur dommageable dans la longue route pour atteindre un état de conservation favorable.

RAPPORT OURS 2021

Les girafes sont de retour : leur population se reconstitue

Girafe

117 173 girafes exactement ont été recensées sur le continent africain. Soit 20% de plus qu’en 2015. Un rebond lié aux efforts de conservation, mais aussi à de nouvelles techniques de comptage de ces grandes timides.

franceinfo : Les girafes, qui sont dans la catégorie des espèces vulnérables, sont de retour. Leur population se reconstitue ? 

Mathilde Fontez : Oui, elles restent pour l’instant classées dans la catégorie des espèces vulnérables par l’Union internationale pour la conservation de la nature. Mais l’état des lieux de leur population qui vient de paraître montre une augmentation de leur nombre. Cette espèce africaine emblématique va mieux.
On compte 117 000 girafes à l’état sauvage aujourd’hui. Soit 20% de plus que lors du dernier recensement, en 2015.

Ce sont les programmes de conservation qui commencent à marcher ?

En partie oui, d’après l’analyse des chercheurs. Les girafes sont menacées par le braconnage, mais surtout par la fragmentation de leur habitat. La création de réserves, notamment au Niger, au Tchad ou en Ouganda, a permis aux populations de retrouver de l’espace.

Les girafes du Nord en particulier, une population qui vit en Afrique centrale et occidentale, ainsi qu’en Ouganda et dans certaines parties du Kenya, était considérée comme l’espèce la plus menacée. On voit aujourd’hui qu’elles retrouvent une croissance : la population est passée de 4780 en 2015, à 5900 aujourd’hui.
Mais ce sont aussi les techniques de comptage qui se sont améliorées.

On a aujourd’hui de meilleures données ?

Oui, la girafe est une grande timide : elle est difficile à repérer et à compter. D’autant qu’elle s’étend sur toute l’Afrique subsaharienne, en une multitude de petites populations, isolées les unes des autres. On a même découvert récemment qu’il y a non pas une, mais quatre espèces de girafes – en 2016 seulement, ce sont des études génétiques qui l’ont montré.

Jusque-là, la plupart des comptages étaient réalisés par avion. Mais les écologues ont mis en place d’autres techniques, basées sur des relevés photographiques. On utilise désormais des programmes informatiques qui analysent automatiquement les images et reconnaissent les individus en fonction de leurs taches. Au Kenya, c’est ce qui expliquerait l’explosion du nombre de girafes détectées : on en compte 16 000 aujourd’hui : plus du double de ce qui était compté en 2015.

 

Les girafes sont sauvées ?

Pour les spécialistes, elles restent en danger. En particulier à cause du réchauffement climatique qui accentue la pression sur les populations. On est loin d’avoir retrouvé les populations de girafes qui s’étendaient en Afrique il y a quelques centaines d’années : on en comptait alors un million. Mais ces chiffres donnent de l’espoir : ils montrent que le plus grand animal du monde peut rebondir lorsque ses conditions de vie s’améliorent.

France Info

Mathilde Fontez, rédactrice en chef d’Epsiloon

Les loups à nouveau protégés aux Etats-Unis

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Les loups gris sont à nouveau une espèce protégée dans la majeure partie des Etats-Unis continentaux après la décision jeudi d’un juge fédéral de Californie, qui revient ainsi sur une mesure de l’administration Trump.
Le service américain de gestion et de préservation de la faune « n’a pas pris en compte de façon adéquate les menaces qui pèsent sur les loups en dehors des populations principales dans les régions des Grands Lacs et au nord des montagnes Rocheuses en retirant la protection à l’espèce entière », a indiqué le juge Jeffrey White dans sa décision.
En octobre 2020, l’administration Trump avait en effet décidé de retirer aux loups gris leur statut d’espèce protégée, mis en place dans les années 70 après leur quasi-extinction aux Etats-Unis. Bien que la décision ait été prise sous Donald Trump, le gouvernement de Joe Biden avait continué à défendre la mesure devant la justice. »Aussi bien chez les gouvernements démocrates que républicains, on constate chaque année cette envie de mettre fin au rétablissement des loups », souligne auprès de l’AFP, Collette Adkins du Center for Biological Diversity. »C’est frustrant car la loi qui encadre le statut d’espèce protégée prévoit le rétablissement de ces animaux pour qu’ils puissent remplir leur rôle dans l’écosystème », poursuit-elle.
Depuis son entrée en vigueur en janvier 2021, le nombre de loups abattus dans certains Etats avait explosé, comme dans le Wisconsin où plus de 200 loups ont été tués en moins de trois jours, forçant les autorités à mettre un terme à la saison de chasse plus tôt que prévu, rapporte le New York Times. Selon le jugement de jeudi, il est désormais interdit de chasser le loup dans 44 Etats et ceux qui s’en prennent à ces bêtes risquent des amendes ou de la prison. »C’est une victoire cruciale pour les loups gris et pour tous ceux qui apprécient la nature », a estimé dans un communiqué Jamie Rappaport Clark, présidente de Defenders of Wildlife, l’une des associations qui a combattu en justice la mesure de l’administration Trump. »Redonner une protection fédérale va permettre à ces animaux essentiels de recevoir le soutien nécessaire pour se rétablir et prospérer dans les années à venir », a-t-elle ajouté.
Près de 250.000 loups vivaient aux Etats-Unis avant l’arrivée des colons européens qui ont décimé la population de ces canidés au fil de leur expansion vers l’ouest. Il ne reste désormais que quelque 6.000 loups disséminés à travers le pays, hors Alaska.Des études sont venues confirmer le rôle crucial de ces canidés dans le contrôle de la taille des troupeaux de wapitis -qui peuvent brouter trop d’herbe- permettant ainsi d’éviter la destruction de l’habitat.
Source GEO

Le chat domestique, un fléau envahissant pour la biodiversité

chat

En plus des dégâts causés par nos activités et notre empreinte toujours plus forte sur les milieux, nos chers chats domestiques, véritables prédateurs, affectent de plus en plus la biodiversité. Un sujet de plus en plus pesant qui pose question sur les mesures à mettre en oeuvre pour limiter leurs ravages sur le peu d’animaux sauvages qu’il reste dans nos lieux de vie.

La domestication du Chat domestique trouve son origine entre l’Égypte et le Proche-Orient il y a au moins 10 000 ans. Il est présent en France métropolitaine, dès l’époque romaine et « s’est véritablement imposé dans les fermes qu’après le moyen-âge où il avait pour mission d’y chasser les rongeurs. Aujourd’hui, sa popularité va croissant et l’animal répond à l’évolution progressive des liens de l’Homme à la domesticité : vers plus d’autonomie et d’indépendance », explique le Muséum national d’Histoire naturelle.

Le chat domestique (Felis silvestris catus) est un carnivore, de la famille des Félidés. Sous ses airs attendrissants, le chat est un véritable prédateur qui occupe une partie de sa nuit à chasser un peut tout et n’importe quoi. Il s’attaque principalement aux petits mammifères, petits oiseaux mais aussi à toute proie à sa portée (amphibiens, reptiles, poissons, papillons, libellules…). La plupart du temps, il n’a pas pour objectif de se nourrir mais plutôt de satisfaire ses instincts naturels.

Au niveau planétaire, le chat, est, derrière le rat mais devant le renard et le chien, à l’origine de l’extinction de dizaines d’espèces. En cause, la prédation directe mais aussi la compétition inter-espèces, la transmission de maladies et enfin l’association avec les autres espèces invasives.
Au moins 63 espèces sont éteintes à causes des chats : 40 oiseaux, 21 mammifères, 2 reptiles depuis 500 ans ; cela représente un quart de toutes les extinctions contemporaines connues pour ces espèces, selon les recherches effectuées par le Docteur Tim Doherty du Center for Integrative Ecology of Deakin University (Australie) qui s’emploie notamment à montrer les ravages des chats en Australie.

Une étude parue en 2013 dans Nature estimait que les chats tuaient entre 1,3 à 4 milliards d’oiseaux et 6,3 à 22,3 milliards de petits mammifères chaque année rien qu’aux Etats-Unis.
En Australie, les chats tueraient 377 millions d’oiseaux et 649 millions de reptiles chaque année, ce qui a poussé le pays a lancé une campagne d’éradication de 2 millions de chats errants sur 5 ans.

Au Canada, les chats tuent entre 100 et 350 millions d’oiseaux par an, ce qui représente « probablement la plus grande source de mortalité d’oiseaux liée à l’homme au Canada » (Blancher, 2013 ; Calvert et al., 2013). En Australie, on estime que les chats (y compris les sauvages) tuent en moyenne 377 millions d’oiseaux par an, soit un million d’oiseaux par jour (Woinarski et al., 2017) ; ainsi qu’une moyenne de 649 millions de reptiles…

En Europe, ce sont également des milliards de petits mammifères et d’oiseaux qui sont tués chaque année d’après diverses études menées en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, en Belgique, en Pologne et en France…

De tels chiffres sont sans équivoque et poussent les scientifiques à tirer la sonnette d’alarme : les chats domestiques sont devenus l’une des principales causes de mortalité pour les oiseaux et les petits mammifères, éclipsant largement d’autres sources comme l’empoisonnement, les pesticides ou les collisions avec les voitures (Longcore et al., 2012 ; Loss et al., 2013 ; Loss, Will et Marra, 2015). En outre, indirectement, ils privent d’autres prédateurs (rapaces, autres mammifères, reptiles…) de leurs proies et réduisent donc leurs populations.

Dans un état de lieux très instructif publié en 2020, les chercheurs Arie Trouwborst, Phillipa C. McCormack et Elvira Martínez Camacho concluent que « de nombreuses autorités nationales dans le monde sont actuellement tenues, en vertu du droit international public, d’adopter et de mettre en œuvre des politiques visant à prévenir, réduire ou éliminer les impacts sur la biodiversité des chats domestiques en liberté, en :

  1. éliminant les chats sauvages et autres chats sans propriétaire du paysage dans la mesure du possible ;
  2. en restreignant l’accès à l’extérieur des chats avec propriétaire. »

Chats en France : 12 millions de prédateurs insatiables

En France, « La prédation importante des chats sur les animaux sauvages est un fait avéré. A titre d’exemple, en 2017, plus de 11% des animaux accueillis en centres de sauvegarde LPO furent des animaux blessés par des chats : 84 % sont des oiseaux, 16% sont des mammifères ou des reptiles », déplorait la LPO, fin janvier 2018.

Il y a environ 12 millions de chats en France[1], c’est de loin, l’animal domestique le plus populaire, devant le chien (7,5 million). Avec le massacre systématique et permanent (on pense bien sûr au loup) de la plupart des prédateurs sauvages en France, le chat s’est facilement imposé comme « le carnivore le mieux représenté dans notre environnement, qu’il s’agisse des milieux urbains ou des paysages ruraux », précise le Muséum national d’Histoire naturelle.

La multiplication des chats devient problématique pour la faune sauvage. En effet, le chat, même domestiqué, conserve ses instincts et ses facultés de prédateur, indépendamment de tout besoin alimentaire. Autrement dit, même bien nourri et choyé, le chat reste un tueur nocturne, comme en témoignent les cadavres, peu dévorés, qu’il laisse au petit matin dans le jardin. La prédation est tellement importante que la LPO considère même le chat domestique comme une espèce « invasive » dans les écosystèmes.

Selon le Muséum national d’Histoire naturelle, le chat s’attaque à plus de 50 espèces en Europe occidentale avec des effectifs prélevés qui peuvent être importants. Ainsi, les amphibiens, reptiles et toutes sortes de petits vertébrés, souvent en voie de disparition en France, sont également les proies des chats domestiques dans le milieu naturel.

Selon différentes études et méthodes, un chat bien nourri peut capturer en moyenne 27 proies par an, contre 273 pour un chat errant et 1 071 pour un chat haret[2]. Par conséquent, rien que les chats domestiques tuent environ 324 millions de petits animaux par an ![3]

Cette estimation n’est pas anodine alors que les oiseaux nicheurs voient leur population diminuer selon la mise à jour 2016 de la Liste rouge nationale : un tiers des espèces d’oiseaux nicheur est désormais menacé, contre un quart en 2008. Au total, 92 espèces sont classées menacées dans l’Hexagone.

Les chats ne sont pas les seuls responsables de la mortalité des petits animaux : notre empreinte de plus en plus forte sur le milieu « naturel » et notamment la destruction des habitats contribuent fortement au déclin de la faune sauvage. La chasse y contribue également : sur le territoire métropolitain, entre 149 000 et 895 000 oiseaux sont tués illégalement chaque année… Tandis que l’habitat des petits animaux ne cessent de se retreindre à cause de l’étalement urbain.

Les chats domestiques poussent les chats sauvages à l’extinction

Les chats sauvages européens, que l’on croyait éteints il y a une cinquantaine d’années dans les montagnes du Jura, ont depuis recolonisé une partie de leur ancien territoire. Mais cette résurgence dans une zone occupée par les chats domestiques s’est accompagnée de croisements génétiques entre les deux espèces. Or, l’hybridation entre organismes sauvages et domestiqués est connue pour mettre en danger le pool génétique des espèces sauvages.

Dans une étude publiée dans la revue Evolutionary Applications, une équipe de biologistes de l’Université de Genève (UNIGE), en collaboration avec l’Université de Zurich et l’Université d’Oxford, a modélisé les interactions entre les deux espèces pour prédire l’avenir du chat sauvage dans la région montagneuse du Jura suisse. Les différents scénarios modélisés par les scientifiques montrent que d’ici 200 à 300 ans – un temps très court en termes évolutifs – l’hybridation entraînera le remplacement génétique irréversible des chats sauvages, rendant impossible de les distinguer de leurs cousins ​​domestiques, comme c’est déjà le cas en Ecosse et en Hongrie.

Autrement dit, le chat domestique va entraîner la disparition du chat sauvage européen (Felis silvestris) ou chat des forêts qui était autrefois très commun. Déjà celui-ci avait souffert de la chasse intensive aux XIXe et XXe siècles et de la déforestation massive qui a réduit son habitat naturel, entraînant sa disparition dans certaines régions d’Europe.

Comment empêcher les chats de détruire la biodiversité ?

Garder son chat à l’intérieur la nuit tombée est la meilleure prévention mais ce n’est pas toujours suffisant. Suite à leur étude publiée dans la revue Current Biology du 11 février 2021, des chercheurs conseillent dans conseillent quelques stratégies simples pour réduire l’impact environnemental des chats sans restreindre leur liberté.

Leurs études montrent que les chats domestiques chassent moins lorsque les propriétaires les nourrissent avec une alimentation contenant beaucoup de protéines de viande. « Certains aliments pour chats contiennent des protéines d’origine végétale comme le soja, et il est possible que malgré la formation d’un ‘régime complet’, ces aliments laissent certains chats carencés en un ou plusieurs micronutriments – les incitant à chasser« , a déclaré Martina Cecchetti, PhD. étudiant qui a mené les expériences.

En outre, il faut leur proposer des jeux imitant la chasse où ils peuvent traquer, chasser et sauter, par exemple sur un jouet en plumes suspendu par leur propriétaire à une ficelle et une baguette. Un jouet en forme de souris est aussi approprié après chaque jeu de chasse pour simuler une récompense de chasse. Seulement 5 à 10 minutes de jeu par jour réduisent le taux de prédation de 25 %, selon l’étude.

« Pour limiter la prédation de son chat de compagnie, il faut lui laisser un libre accès à une alimentation variée, ne pas le laisser sortir au petit matin ou à la tombée de la nuit », conseille la LPO.

Chat et biodiversité : un projet de sciences participatives en France

Pour estimer plus précisément l’impact des chats sur la faune sauvage, le Muséum national d’Histoire naturelle a lancé en 2015 un site web qui a pour « vocation de recueillir des données sur la prédation du Chat domestique sur la petite faune sauvage. La somme d’informations recueillie permettra d’esquisser le régime alimentaire de l’animal dans son milieu, en lien avec différents paramètres relatifs à l’habitat (contexte urbain, milieu environnant) ou à la relation avec les hommes (nourrissage, maintien en liberté). Une meilleure compréhension des écosystèmes en présence de ce prédateur est également attendue. »

Début 2019, les premiers résulats ont été rendus publics : « sur les 27 000 données analysées, les proies identifiées concernent plus de 200 espèces. Les mammifères sont majoritaires, avec 66 % des proies rapportées par les chats domestiques, suivis par les oiseaux (22 %) et les reptiles (10 %). Les autres classes, bien qu’anecdotiques, restent néanmoins variées : insectes, poissons, araignées, gastéropodes, clitellates (lombrics) et chilopodes (scolopendres) figurent au menu des chats.
Parmi les petits mammifères, 74 % sont des rongeurs, et 19 % des Eulipotyphles, c’est-à-dire des taupes, musaraignes et hérissons.

En ne considérant que les petits rongeurs (Cricetidae, Gliridae, Muridae) et les musaraignes et apparentés (Soricidae), soit 15 858 proies, l’espèce la plus chassée est la Souris grise (Musmusculus, 18 %), suivie du Campagnol des champs (Microtus arvalis, 4 %) et du Mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus, 4 %).
Cependant, 64 % des données de micromammifères appartiennent à des catégories non identifiées à l’espèce telles que « mulots », « musaraignes », « campagnols » et « petits rongeurs (souris, mulots, campagnols) » ».

Notes

  1. Il s’agit ici des seuls chats « de propriétaires », les effectifs des populations libres ou retournées à l’état sauvage restant inconnus.
  2. Le chat haret (ou chat féral) est un chat domestique retourné à l’état sauvage. Il vit et se reproduit librement dans la nature.
  3. Faute de statistiques sur les chats sauvages et harets, il n’est pas possible d’avoir une estimation complète.

Source : https://www.notre-planete.info

photo : © Christophe Magdelaine / www.notre-planete.info – Licence : CC BY-NC-SA

L’Islande compte cesser la chasse à la baleine à partir de 2024

baleine à bosse

Les quotas de pêche qui prendront fin en 2024 ne seront pas renouvelés. L’activité de pêche à la baleine islandaise était déjà quasiment à l’arrêt, à cause de la concurrence des pêcheurs japonais.

Elle fait partie des trois derniers pays à pratiquer la chasse à la baleine, avec la Norvège et surtout le Japon. Mais face à une demande locale au plus bas, l’Islande compte y mettre fin à partir de 2024, a annoncé la ministre islandaise de la Pêche, vendredi 4 février.

Les quotas islandais, réévalués en 2019, expirent en 2024. Mais depuis trois ans, les deux principales entreprises islandaises qui détiennent des licences sont à l’arrêt, et l’une d’elles a déjà annoncé arrêter cette activité au printemps 2020. Seule une baleine a été harponnée au cours des trois dernières saisons de pêche estivales, en 2021. En cause : le fait que la viande de baleine n’est plus très prisée en Islande et la concurrence difficile avec le Japon, principal marché pour la viande de baleine, où la chasse commerciale a repris depuis 2019 après le retrait de Tokyo de la Commission baleinière internationale.

La chasse commerciale à la baleine a été interdite en 1986 par la Commission baleinière internationale (CBI) mais l’Islande l’a reprise dès 2003, malgré les critiques régulières des défenseurs des animaux et de l’environnement. Avec son économie de plus en plus tournée vers le tourisme, l’île de 370 000 habitants mise aussi sur le développement des observations de baleines pour les visiteurs étrangers, davantage attirés par les cétacés vivants.

Source France Info