Un regard en arrière, deux bonds en avant : Tous derrière l’ASPAS et la protection du Vivant !

ASPAS

aspas 2023

En cette fin décembre, l’ASPAS vous propose une petite rétrospection de ses plus saillantes actions, histoire de tranquillement se requinquer avant une nouvelle année de combats militants et acharnés ! Toute l’équipe vous remercie chaleureusement pour votre soutien, votre fidélité et votre mobilisation à nos côtés. Bonne lecture et bon visionnage !

En janvier, alors que la saison de chasse battait toujours son plein, l’ASPAS dévoilait son guide « Maires et chasse », fruit d’un long travail juridique mené en souterrain, pour aider les élus à agir contre les excès de la chasse. Plusieurs communes s’en sont emparées, comme Audun-le-Tiche en Moselle, où la chasse sera bientôt interdite 1,5 jours de la semaine.

L’ASPAS apporte des solutions sur le plan local, l’ASPAS continue d’agiter le chiffon rouge à l’échelle nationale : contre l’État qui ne fait rien pour réformer la chasse et répondre au fléau de l’insécurité, une grande action en justice a été lancée plus tard dans l’année, pour l’obliger à prendre ses responsabilités !

Avant ça, en juin, c’est ce même État que nous avons fait condamner avec les autres associations du collectif Justice pour le Vivant : pour la première fois, un juge a reconnu l’existence d’un préjudice écologique résultant d’une contamination généralisée de l’eau, des sols et de l’air par les pesticides et de l’effondrement du vivant et la faute de l’Etat français dans cette situation. Historique !

maires et chasse

Côté espèces menacées mais toujours chassées, on retiendra les belles victoires pour des flopées d’oiseaux dans les Antilles ou encore celle en Savoie pour les perdrix et les tétras. Quant à la défense des espèces protégées, comme les bouquetins dans le massif du Bargy, l’obstination de l’ASPAS et ses alliées ont une nouvelle fois permis de sauver plusieurs vies.

Année dédiée aux grands prédateurs, ces « gardiens du Vivant » si précieux pour les écosystèmes, 2023 a signé la naissance du kit « J’aime les ours », le petit dernier de notre collection de supports pédagogiques envoyés partout en France dans les écoles, médiathèques et centres de loisirs. Un kit tout entier conçu par l’ASPAS avec l’aide des meilleurs spécialistes, dévoilé à l’occasion de la Journée internationale pour sauver les ours, le 25 février.

Sur le terrain de la cohabitation, nos bénévoles ont poursuivi les actions de médiation avec les bergers dans les estives, quand d’autres ont manié bêches et pioches pour planter des centaines d’arbres fruitiers au fond d’une vallée préservée !

loup 2023

Plus nombreux et plus mobiles que leurs grands cousins plantigrades, les loups ont fait couler davantage d’encre en 2023, mobilisant bien des forces au sein de l’ASPAS que ce soit sur le terrain (anticipation de leur retour dans les zones non encore recolonisés) devant les tribunaux (affaires de braconnage, tentative de sauvetage de l’unique louve du Lot, etc.), devant les politiques (travaux interassociatifs au Groupe national Loup, contestation du nouveau PNA, etc.), auprès des médias (réaction à l’affaire de « l’attaque » à Castellet-lès-Sausses), sans oublier, bien sûr, la sensibilisation et la mobilisation citoyenne (consultations publiques, partenariat avec le film « Vivre avec les loups », etc.)

L’ASPAS n’a pas moins délaissé les renards (deux victoires dans l’Oise et le Pas-de-Calais) et autres indésirables de la liste « ESOD », renouvelée tous les 3 ans, en poursuivant la récolte des déclarations de non-dégât (2800 au total !), alertant sur la manière dont est établi ce classement sans queue ni tête (merci l’Ami des lobbies !), en commanditant une étude scientifique aux côtés de la LPO (merci la FRB !), en sensibilisant les jeunes et moins jeunes au moment de la consultation publique (merci pour votre participation !) et en contestant, enfin, une centaine de classements départementaux en justice (merci à nos juristes salariées et bénévoles !).

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Les blaireaux, sauvés de battues administratives dans l’Oise et dans l’Ain, échappent à la liste « ESOD » mais pas à la barbarie du déterrage, pratique de chasse immonde contre laquelle l’ASPAS continue d’envoyer ses bombes : saisie du Conseil d’État, plainte devant le Comité de Berne, recours en pagaille devant les tribunaux administratifs… Au final, n’en déplaise au Sénat et son rapport pro-chasse scandaleux, les victoires ont continué de pleuvoir (10 !), et les « petits ours » n’ont jamais été autant à la fête que le 15 mai, date de la 2e Journée Mondiale des Blaireaux, avec une panoplie d’animations organisées à travers toute la France.

Et la sauvegarde des espaces naturels dans tout ça ? En plus des quelque 123 nouveaux refuges créés un peu partout en France pour aider les ruraux à retirer leurs jardins et terrains des fusils, l’ASPAS a inauguré, à Melle (Deux-Sèvres), le tout premier Havre de Vie Sauvage de France, nouveau label de protection forte déposé par notre association, accessible à tout propriétaire d’au moins 5 hectares désireux de laisser la nature en libre évolution pour un minimum de 99 ans !

havre de vie sauvage

Côté Réserves de Vie Sauvage enfin, mises en lumière sur Arte, plusieurs acquisitions foncières dans la Drôme ont permis d’agrandir de 30 hectares l’actuelle Réserve du Grand Barry et d’envisager la création d’une nouvelle zone protégée, plus au sud, au cœur des Baronnies. Quant à Vercors Vie Sauvage et le grand projet de démantèlement par l’ASPAS d’un ancien enclos de chasse (une initiative pionnière que Le Chasseur Français a honteusement cherché à torpiller), l’excellente nouvelle de cette fin d’année a été la publication des analyses génétiques démontrant la non-hybridation entre cerfs élaphes et cerfs sikas, permettant ainsi le sauvetage de tous les cervidés menacés d’abattage et l’abandon du projet de sanctuaire que nous avions un temps envisagé !

Il y aurait 1000 autres actions menées ci-et-là sur lesquelles nous pourrions encore nous attarder… Puissent en tout cas ces quelques temps forts vous procurer un surplus de vitamines et de réconfort : pour les renards, les loups, les blaireaux et la préservation de leurs habitats, fonçons ensemble vers 2024 avec fougue, vigueur et nombreux hourrahs !

Chasse : polémique après la mort du plus vieux cerf du Nord

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Éole, 16 ans, a été abattu lors d’une partie de chasse le 13 décembre au matin. – Facebook/Forêt de Mormal

C’était le plus vieux cerf de la forêt de Mormal. Éole, 16 ans, « coqueluche de l’Avesnois » comme le désigne La Voix du Nord, a été abattu lors d’une partie de chasse le 13 décembre au matin. Une mort qui a suscité la polémique bien au-delà de ce massif forestier de plus de 9 100 hectares bordé par la Sambre.

« Dès l’ouverture de la chasse en battue à la mi-octobre, l’ordre avait été donné de ne pas cibler Éole », explique au quotidien régional Jean-François Hogne, animateur bénévole pour le collectif Mormal Patrimoine. Même si rien, du point de vue du droit, n’empêchait de le prendre pour cible, « il y avait une unanimité, y compris au sein de l’ONF [Office national des forêts], pour [le] protéger ». Le message aurait été transmis et répété à toutes les sociétés de chasse. Avec d’autant plus d’insistance qu’Éole était un cervidé « ravalant », c’est-à-dire que sa ramure diminuait avec le temps. « On pouvait le confondre avec un jeune daguet », indique M. Hogne.

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Or Jean-Claude Bonnin, maire de la commune voisine de Locquignol et président de la société de chasse à laquelle appartient le tireur, l’assure : « Nous n’avons jamais eu l’interdiction de tirer sur ce cerf. » L’ONF, propriétaire de la parcelle où le cerf a été abattu, aurait-elle omis d’alerter les chasseurs ? L’office n’a pas répondu aux sollicitations de La Voix du Nord.

La mort de l’animal a ému la députée écologiste Sandrine Rousseau. « Son brame était splendide. J’étais allée l’écouter, à la nuit tombante, dans la forêt de Mormal. Les brames là-bas sont de moins en moins forts. Face à la cupidité de la fédération de chasse qui vend leurs têtes à prix d’or, les cerfs n’ont pas d’arme. Repose en paix, le brave », a-t-elle écrit sur X, ex-Twitter.

Nord: le plus vieux cerf de la forêt de Mormal tué par des chasseurs, colère des associations

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Juliette Vignaud   Le 14/12/2023

Les associations de défense des cerfs alertent sur la mort d’Eole, le plus vieux cerf de la forêt de Mormal, abattu par des chasseurs mercredi 13 décembre au matin.

« Notre roi est mort, vive le roi. » Les associations de défense des cerfs pleurent la mort d’Eole, plus vieux cervidé de la forêt de Mormal, tué par des chasseurs mercredi 13 décembre, relaie La Voix du Nord. Sur Facebook, ils alertent sur les manquements de l’Office national des forêts (ONF) alors que le cerf a été abattu sur leur parcelle.

« L’ONF n’a pas été capable de te respecter et créer les conditions de t’honorer. Tous, chasseurs compris, voulions t’épargner d’un tir lâche. Encore une fois l’ONF a failli à sa mission », déplorent-ils. « L’ONF a tué notre héros de Mormal. »

MERCI EOLE POUR CES 10 ANS OÙ TU AS SILLONNÉ, CONQUIS, DOMINÉ, VAINCU, TERRASSÉ, ENCHANTÉ NOTRE MORMAL

Nous humbles randonneurs, photographes, chercheurs de mues nous sommes réjouis de te croiser, t’écouter, t’admirer pour ta force et ton intelligence !

Nicolas Jumeaux fut le premier à le prendre en photo au brame sur Tabar, Romain et Clément Lebrun ont découvert sa remise, insolite hors brame car au Nord du massif, et ses premiers bois, Olivier Flamme en fit des portraits de…

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« Une faute de gestion »

Auprès de La Voix du Nord, ils dénoncent un « scandale » et une « faute de gestion » de la part de l’ONF. « Dès l’ouverture de la chasse en battue à la mi-octobre, l’ordre avait été donné de ne pas cibler Eole. Le risque était grand, car sans sa ramure, on pouvait le confondre avec un jeune daguet. Nous avons donc répété toutes les consignes aux différentes sociétés de chasse », indique Jean-François Hogne.

« Pour nous, ce n’est ni plus ni moins qu’une faute de gestion. L’ONF n’a pas alerté les chasseurs présents sur son site qu’il ne fallait pas touché à ce cerf », dénonce-t-il.

De son côté, Jean-Claude Bonnin, maire de Locquignol et président de la société de chasse qui exploite les hectares de la parcelle, assure à La Voix du Nord n’avoir pas été informé.

« Je ne comprends pas, nous n’avons jamais eu l’interdiction de ne pas tirer sur ce cerf », assure-t-il. Il précise que la mâchoire intérieure du cerf allait être analysée pour confirmer son âge.

Âgé de 16 ans, Eole était considéré comme le cervidé ravalant le plus vieux de la forêt.

Juliette Vignaud

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Chasse : polémique après la mort du plus vieux cerf du Nord

 

Les étonnantes subventions allouées aux chasseurs au nom de la biodiversité

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France Info publie une enquête détaillée sur des pratiques étonnantes de subventions entre le monde des chasseurs et l’OFB (Office français de la biodiversité)qui gère un fond destiné à financer des projets de reconquête de la biodiversité.

Initier des écoliers à manier un couteau, distribuer des nichoirs en plastique, rembourser des déplacements en plein confinement… Selon la cellule investigation de Radio France et le magazine « Capital », des subventions reçues par des fédérations de chasseurs au nom de la biodiversité posent question.

L’enquête est à lire ici sur le site de France Info

Pour notre part nous retenons les interventions de Olivier Thibault, le directeur de l’OFB.

« Est-ce qu’il y a de la triche (dans les dossiers retenus, NDLR)? On ne peut pas l’empêcher totalement. Mais j’aimerais bien voir un système d’aides qui n’a aucun mauvais dossier »

« Le fait qu’il y ait des procédures judiciaires en cours n’est pas un critère pour refuser une subvention.« 

Tout est dit, malheureusement…

Tir mortel de vautours rares et protégés : condamnation d’un éleveur drômois

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lL avait délibérément tiré sur 2 vautours protégés, le tribunal de Valence a condamné ce 6 décembre un éleveur drômois à 4 mois d’emprisonnement avec sursis, la privation de son droit de chasse pour 2 ans et plus de 30 000€ de réparation des préjudices des associations environnementales. Une condamnation attendue par FNE AURA et Frapna Drôme Nature Environnement, parties civiles, au regard des enjeux. En effet, la destruction de ces 2 vautours menace directement la survie de leurs espèces toutes entières sur le territoire français, aujourd’hui au bord de l’extinction.

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Les faits

Le 31 décembre 2022, un éleveur de brebis drômois a abattu deux vautours, un vautour moine et un gypaète barbu. Grâce à une enquête poussée et solide des services de police de l’Office Français de la Biodiversité (OFB), il a pu être confondu et a comparu le 6 octobre 2023 devant une salle comble au tribunal judiciaire de Valence pour destruction illégale d’espèces protégées. FNE AURA et Frapna Drôme Nature Environnement sont parties civiles dans cette affaire aux côtés d’une dizaine d’autres associations environnementales, mobilisation qui témoigne de la gravité de l’affaire.

Vautours moines et gypaètes barbus, deux espèces en danger d’extinction

Les gypaètes barbus et les vautours moines sont deux espèces dont la survie est loin d’être assurée en France. Ces deux espèces avaient totalement disparu des Alpes françaises au cours du XXème siècle. En 2023, on compte moins de 25 couples de gypaètes et 21 de vautours moine à l’Est de la vallée du Rhône. Ce n’est qu’à force de programmes de réintroduction que ces espèces reconquièrent peu à peu leur place au sein de nos écosystèmes. Mais cette tendance est fragile, le taux de reproduction de ces rapaces étant très bas et les menaces permanentes, notamment les tirs et empoisonnements. Ces espèces sont donc loin d’être sauvées et chaque individu représente une valeur patrimoniale inestimable.

Une cohabitation importante pour l’économie du territoire

Il n’est plus tolérable aujourd’hui de se cacher derrière les vieux mythes de vautours prédateurs, tueurs de brebis, comme le fait cet éleveur qui, heureusement, n’est pas représentatif de la profession. Ces rapaces charognards qui se nourrissent de carcasses sont tout au contraire de véritables auxiliaires de l’activité d’élevage par leur fonction d’équarrisseurs naturels. Dans les Baronnies, ce sont ainsi une centaine d’éleveurs qui comptent sur les vautours pour les débarrasser de plus de 90 tonnes de carcasses par an. Sans compter l’activité touristique générée par le spectacle naturel impressionnant de ces espèces charismatiques et patrimoniales.

Tirer un vautour c’est ainsi non seulement condamner l’espèce, mais c’est aussi jouer contre son propre territoire.

Cette condamnation vient rappeler la nécessaire et bénéfique cohabitation entre l’Homme et les vautours, et assène un message clair : pas d’impunité pour les délinquants qui détruisent des espèces protégées.

france environnement naturefrapna drôme

ASPAS NEWSLETTER NOVEMBRE 2023

ASPAS

AUTORISATION DE DIFFUSION ASPAS

Au sommaire ce mois-ci : une bonne nouvelle pour les cerfs de Vercors Vie Sauvage, des consultations publiques pour soutenir les loups, des retombées positives de notre guide “Maire et chasse”… Et bien sûr, toutes nos dernières victoires et actions juridiques pour la protection de la nature ! Bonne lecture.

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DITES NON AU PROJET ANTI-LOUP DU GOUVERNEMENT !

Jusqu’au 7 décembre, opposons-nous massivement à la politique de tirs de loup du gouvernement en participant aux deux consultations publiques ouvertes sur le site du ministère de la Transition écologique ! La première des consultations concerne le nouveau Plan national d’actions 2024-2029 sur le loup et les activités d’élevage. La seconde concerne le nouvel arrêté qui facilitera la destruction des tirs de loup…

L’ASPAS met à disposition toute une série d’arguments pour vous aider dans la rédaction de vos avis. >> Je participe

L’ADN A PARLÉ : IL N’Y A PAS DE CERFS
HYBRIDES À « VERCORS VIE SAUVAGE » !

Dans l’ancien enclos de chasse de Valfanjouse, racheté par l’ASPAS dans le Vercors fin 2019, des analyses génétiques réalisées par un laboratoire indépendant ont permis de démontrer qu’aucune hybridation récente n’est survenue entre les cerfs élaphes et les cerfs sika. Nous demandons par conséquent à la préfecture d’abroger l’arrêté menaçant d’abattage les cervidés. Bibiche va être sauvée ! >> En savoir plus

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AUDUN-LE-TICHE RÉDUIT LES JOURS DE CHASSE
POUR « RAMENER LA SÉRÉNITÉ » EN FORÊT

À partir du 1er février 2024, la chasse sera interdite le mercredi et le dimanche matin sur 80 hectares de la forêt communale de cette petite ville située au nord-est de la Moselle, à la frontière avec le Luxembourg. Entretien avec Gautier Berera, l’élu à l’origine de cette mesure, qui s’est aidé du guide « Maires et chasse » édité par l’ASPAS. >> En savoir plus

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VICTOIRE CONTRE L’ABATTAGE
DES BOUQUETINS DU BARGY !

Contre tout avis scientifique, la préfecture de Haute-Savoie avait autorisé en 2022 l’abattage de 170 bouquetins sauvages dans le massif du Bargy, soupçonnés de transmettre la brucellose aux vaches dans les alpages… Après une première victoire qui avait permis de suspendre en urgence ce massacre injustifié, la justice vient de se prononcer sur le fond du dossier, en donnant une nouvelle fois raison à nos associations. >> En savoir plus

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LES NICHOIRS EN PLASTIQUE DES CHASSEURS
FINANCÉS AVEC L’ÉCO-CONTRIBUTION…
La distribution gratuite par les chasseurs de milliers de nichoirs en plastique dangereux pour les oisillons, voilà l’une des nombreuses actions controversées réalisées avec l’éco-contribution, ce fonds d’argent public mis à disposition des Fédérations de chasse pour la mise en œuvre de projets en faveur de la biodiversité et que les médias d’investigation n’ont pas manqué d’épingler… >> En savoir plus

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FICHIER NATIONAL DU PERMIS DE CHASSE : LA JUSTICE ENJOINT À E. BORNE D’AGIR DANS LES 6 MOIS !
Prévu dans la loi depuis 2019, le fichier national des permis de chasse n’a toujours pas vu le jour… Le 13 novembre 2023, le Conseil d’Etat a donné raison à l’ASPAS en rappelant le gouvernement à l’ordre. Il s’agit d’une action complémentaire au recours que nous portons avec Un Jour Un Chasseur contre l’Etat pour mettre fin aux accidents de chasse. >> En savoir plus
 

RENCONTRONS-NOUS

En décembre, venez retrouver l’ASPAS représentée par ses Délégations départementales et des bénévoles lors de ces évènements :

  • Naturissima, jusqu’au 3 décembre à Grenoble Alpexpo, le salon référence du bio, de l’environnement et du bien-être de la région grenobloise où la Délégation 38 vous attend.
  • Marche unitaire #jesuislavoixdesanimaux, le 9 décembre à 14 h devant le lycée Arago, 4, place de la Nation, Paris 12e (Métro Nation). Plus d’une trentaine d’associations de défense des droits des animaux ont déjà confirmé leur présence à cette grande marche unitaire.
  • Salon professionnel de la neutralité carbone à La Rochelle (17), le 14 décembre. Lors de ce salon unique en France, la Délégation ASPAS 17 tiendra un stand de 10h à 19h dans le pôle vocation des exposants et mettra en lumière nos Réserves de Vie Sauvage® et les Havres de Vie Sauvage®.

N’hésitez pas à consulter l’agenda des évènements
(régulièrement actualisé) pour en découvrir davantage.

A chacun ses fausses excuses…

autorisation de diffusion

Nous prêtons à nos cousins Québécois un amour immodéré pour la nature et la faune sauvage. S’ils sont friands effectivement d’activités « outdoor », leur amour pour la chasse est encore plus fort.

Le noyau des défenseurs des animaux est en effet infiniment plus petit que celui des chasseurs, omniprésents où que vous alliez dans la province :

dans les villages

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sur la route

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et même lors des salons consacrés à la nature (ici Montréal):Québec1

 

où la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq), société d’État du gouvernement du Québec  qui assure la gestion et la conservation de vingt-quatre parcs nationaux et des treize réserves fauniques, communique avec des images de… chasseurs !

Réserves fauniques, qui soit dit en passant, sont décrits sur le site de la SEPAQ de la façon suivante  « Le réseau des 13 réserves fauniques gérées par la Sépaq s’étale en de vastes contrées forestières et sauvages où les expériences vécues, reliées à la faune et au plein air, s’harmonisent à la nature dans des décors sublimes. Chaque réserve offre des activités et des services favorisant le maintien de nos traditions associées à la nature, notamment la chasse et la pêche. Vous pouvez aussi les découvrir à pied ou à bord d’une chaloupe, d’un canot ou d’un kayak, en raquettes ou à skis. »

Dès lors, pas étonnant que le gouvernement Québécois prenne des mesures de ce type, pour « le bien du cerf » et surtout pour le plaisir des chasseurs… :

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Si nous éliminons notre faune pour sauvegarder les troupeaux (loup, ours), pour préserver les forêts (cerf), pour protéger les poules ? (le fameux renard nuisible), pour maintenir notre production de reblochon (bouquetin), le Québec invente les problèmes de cohabitation et de sécurité routière 🙂 pour contenter les viandards. Par dommages causés à la propriété, il faut comprendre « plantes du jardin dévorées par les cerfs affamés »

Chacun ses faux arguments pour brosser le chasseur dans le sens de son poil de sanglier…

ASPAS :Newsletter – Octobre 2023

ASPAS

esod

Des victoires pour les blaireaux, les tétras-lyres, des actions en justice contre la nouvelle liste des “ESOD” et l’insécurité liée à la chasse… Retour sur les temps forts de l’ASPAS du mois d’octobre !

« NUISIBLES » : L’ASPAS SAISIT LE CONSEIL D’ÉTAT !

Après un minutieux travail d’analyse du nouvel arrêté fixant la liste des “espèces susceptibles d’occasionner des dégâts” (ESOD) du ministère de l’Ecologie, texte qui permet sans justification écologique la destruction illimitée de renards, pies, martres, etc. pour 3 nouvelles années, l’ASPAS s’en remet à la plus haute juridiction administrative pour tenter de sauver un maximum d’animaux. >> En savoir plus

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LA RÉGULATION DES ESOD EST
SANS FONDEMENT SCIENTIFIQUE

Dévoilé fin septembre, un rapport commandité par l’ASPAS et la LPO auprès des experts de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) met en lumière l’inefficience des destructions des animaux considérés comme “nuisibles” sur la réduction des dommages qui leur sont imputés… >> Lire le rapport

stop aux accidents de chasse

STOP AUX ACCIDENTS DE CHASSE !

Avec le collectif Un Jour Un Chasseur, l’ASPAS a engagé le 10 octobre la première étape d’un recours contre l’État pour carence fautive face à l’insécurité liée à la chasse. Alors qu’un nouveau sondage IPSOS confirme plus que jamais le sentiment d’insécurité des Français en période de chasse, plusieurs incidents graves sont déjà survenus depuis septembre (grimpeurs visés par des plombs en Charente, vitre arrière d’une voiture explosée en Dordogne, tir sur une villa près de Nice…).

Pour renforcer notre action, si vous-mêmes avez été victimes d’un accident lié à la chasse vous pouvez rejoindre notre recours. Ecrivez-nous à l’adresse temoignage@aspas-nature.org et partagez l’initiative autour de vous !
>> En savoir plus

CHASSE SUSPENDUE POUR LE TÉTRAS
ET LA PERDRIX BARTAVELLE EN SAVOIE

Saisi par l’ASPAS et One Voice, le tribunal de Grenoble a suspendu le 18 octobre la chasse de ces deux galliformes dans le département de la Savoie. Des centaines d’oiseaux sont sauvés des fusils pour la saison de chasse 2023-2024 ! >> En savoir plus

ANNULÉ, LE DÉTERRAGE DE
BLAIREAUX DANS LA VIENNE !

Et une victoire de plus pour nos “petits ours des campagnes” ! Déjà suspendu par la justice en juillet 2021, suite à une action menée par l’ASPAS et AVES, un arrêté préfectoral qui avait autorisé deux périodes complémentaires de vénerie sous terre dans la Vienne a été définitivement annulé, le 19 octobre 2023. >> En savoir plus

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GOUPIL, LE MAGAZINE TRIMESTIREL DE L’ASPAS

Goupil est LE magazine incontournable pour découvrir toute l’étendue de nos actions vaillantes et militantes pour la protection de la nature et des animaux sauvages ! Dans le numéro d’automne à paraître, vous trouverez un dossier central sur la bonne cohabitation avec les renards, des actus exclusives sur nos Réserves de Vie Sauvage®, le résumé de nos dernières actions pour les loups, les blaireaux, les “nuisibles”, contre les abus de la chasse… Sans oublier évidemment l’intégralité de nos résultats juridiques !

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Deux procès importants ont eu lieu en octobre, dans lesquels l’ASPAS était partie civile : l’un du conducteur qui avait cherché à écraser un loup avec sa voiture en Isère, l’autre d’un chasseur qui avait abattu un gypaète et un vautour moine dans la Drôme. Côté résultats, les délibérations de deux autres affaires pénales nous sont parvenues : l’une concernant le dérangement de hiboux grands-ducs dans les Calanques, l’autre un délit de pêche illégale à Marseille. >> En savoir plus

La question du mois
Existe-t-il une surface minimale pour pouvoir interdire la chasse ? >> Lire la réponse

Recours contre la chasse qui tue (aussi) des humains

stop aux accidents de chasse

10 octobre 2023

Homicides, blessés graves, tirs en direction des maisons, des voitures… Chaque année en France, la chasse génère quantité de drames et pose de graves problèmes d’insécurité chez les 98% de Français qui ne pratiquent pas ce loisir. Face à l’inaction de l’État qui faillit à mieux encadrer et sécuriser ce loisir mortel, l’association ASPAS et le collectif Un Jour un Chasseur ont engagé le 10 octobre 2023 une action en justice devant le Tribunal administratif de Paris.

Mélodie, Thérèse, Joël, Morgan… Depuis 1990, la chasse a tué plus de quarante personnes en France et en a blessé plusieurs centaines d’autres. Des femmes, des hommes qui n’avaient absolument rien à voir avec ce “sport”, abattus lors de leurs promenades, sur leur VTT, au volant de leur voiture… et même dans leur propre jardin. 

Lors de la dernière saison de chasse, la proportion de bavures à l’encontre des non-chasseurs a connu une augmentation spectaculaire, passant de 13% à 28%* : les chasseurs ont blessé des cyclistes, des randonneurs, des ramasseurs de champignons, des promeneurs du dimanche. Ils ont tiré vers des cavalières, à travers des caravanes, en direction des maisons, des écoles, des jardins, des voitures… Et comme chaque année, dans leur grande majorité ces méfaits sont survenus le week-end (83 % des accidents par arme à feu**).

Il y a aussi des situations très dangereuses qui, parce que ce jour-là il n’y a pas eu de mort, ne sont pas recensées dans les rapports annuels de l’Office Français de la Biodiversité (OFB), organisme chargé d’établir chaque année le bilan accidentogène de la chasse. Ces incidents, traumatisants et rarement médiatisés, sont rendus publics grâce aux témoignages reçus par l’ASPAS et le collectif Un Jour Un Chasseur. La plupart des victimes, par peur de représailles, demandent à rester anonymes en cas de diffusion.

7 Français sur 10 ne sont pas sereins en période de chasse

Selon un sondage IFOP de décembre 2022***, sept Français sur dix ne se sentent pas sereins en période de chasse, un chiffre qui a fortement augmenté au fil des années. Il est totalement inadmissible que dans un pays libre et démocratique comme la France, les citoyens hésitent voire renoncent à sortir se promener dans la nature six mois de l’année, de peur de se prendre une balle ou une volée de plombs. Cette situation ne peut perdurer, et relève de la responsabilité de l’État.     

C’est pour mettre un terme à toute forme d’insécurité liée à la chasse que nos organisations saisissent aujourd’hui la justice, pour mettre l’État face à ses responsabilités. Avec des règles de sécurité plus strictes, un permis plus contraignant, un week-end sans chasse, tant de drames auraient pu être évités. 

À travers le lancement de cette action en justice, l’ASPAS et Un Jour Un Chasseur demandent au Gouvernement de prendre sans délai, les mesures propres à assurer la sécurité et la tranquillité de la population dans le contexte de la pratique de la chasse, en adoptant notamment, pour l’ensemble du territoire, des mesures pertinentes pour limiter les accidents, les incidents et les nuisances en marge des actions de chasse. S’il ne répond pas à leur demande d’ici le 10 décembre, les associations saisiront le Tribunal administratif de Paris d’un recours en carence fautives de l’État fondé sur le non-respect de ses obligations issues des textes internationaux et internes.  

Chasses traditionnelles : le gouvernement choisit le passage en force par une porte dérobée

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Mis à jour le 20 octobre 2023

On les pensait définitivement enterrées, mais le gouvernement a sorti la pelle pour leur donner une seconde chance. Depuis 2018, des dizaines de décisions de justice nous ont donné raison, et ont permis d’éviter le massacre de centaines de milliers d’oiseaux. Mais le gouvernement ne recule devant rien pour faire plaisir aux chasseurs. Sous couvert « d’expérimentations scientifiques » (qui ne feront en rien avancer la science, seulement la chasse), il a décidé d’ouvrir la voie au retour des matoles, des pantes et des tenderies dans nos campagnes. Alors que les vanneaux huppés, les pluviers dorés ou encore les alouettes des champs passent déjà leur vie à éviter les tirs, nous ferons tout pour que ces arrêtés soient annulés, et que ces chasses cruelles restent le vestige d’un passé révolu.

Mise à jour du 20 octobre 2023 : 

Tous les arrêtés préfectoraux prévus sur les expérimentations des chasses traditionnelles en 2023 ont été publiés, et tous les référés suspension de One Voice envoyés aux tribunaux administratifs correspondants également. 
En plus de l’audience déjà prévue et annoncée le 26 octobre à Châlons-en-Champagne, une autre s’est ajoutée au calendrier, et aura lieu au TA de Bordeaux pour le Lot-et-Garonne le 27 octobre à 10h. 
Il est probable que ce même tribunal administratif audience le recours concernant la Gironde le même jour, mais restera à confirmer. Le TA de Pau quant à lui, n’a pour l’heure pas fixé de date d’audience non plus concernant nos requêtes pour les Landes et les Pyrénées-Atlantiques.

Au nom de la « tradition », une souffrance insupportable pour les animaux

Un chasseur-piégeur attrape une petite alouette des champs, qui se débat, lui accroche une cordelette autour de la patte ou de l’aile et l’enferme dans une cage avant d’aller se cacher. Puis il tire sur la corde. La douleur fait hurler l’alouette, qui cherche à s’enfuir, mais elle est prise au piège. Entendant ses cris, des dizaines de ses congénères – et d’autres espèces – volent à son secours. C’est à ce moment-là que le piège se referme : des filets tombent de part et d’autre, les piégeant tous, sans distinction. Les individus sélectionnés sont ensuite tués un à un, méthodiquement, et qu’importe si d’autres sont blessés dans la manœuvre…

Au nom de la « tradition », les chasses à la glu, aux matoles, aux pantes ou aux tenderies étaient encore autorisées jusqu’à récemment. Mais c’était compter sans notre action (et celle de la LPO, avec qui nous avons mené combat en parallèle, avec deux visions complémentaires) : depuis 2021, One Voice a obtenu une décision de la Cour de justice de l’Union européenne suivie par des dizaines de décisions du Conseil d’État, qui nous ont toutes donné raison : ces chasses sont tout simplement contraires à la directive « Oiseaux ». Si la chasse à la glu n’est plus qu’un triste souvenir, pour les autres techniques, le gouvernement s’acharne et le combat juridique continue. En octobre 2022, le Conseil d’État suspendait en urgence la chasse des alouettes des champs aux pantes et aux matoles dans le sud-ouest. Nous en attendons le jugement au fond. Et en mai dernier, il imposait même au gouvernement d’abroger les arrêtés de 1989 qui autorisaient le principe même de ces chasses.

Mais le ministre est manifestement prêt à tout pour faire plaisir à ce lobby, et n’hésite pas à balayer d’un revers de main les décisions de justice de la plus haute autorité administrative du pays pour lui permettre de tuer des animaux.

Les chasseurs, ces « scientifiques » bien connus, à la fois juges et partie!

Pour permettre la mise à mort de plusieurs milliers d’oiseaux en plus, le gouvernement a ou va lancer, dans cinq départements, une « expérimentation » afin de démontrer que ces modes de chasse seraient sélectifs. Et ce alors même que, concernant la chasse aux pantes et matoles, le Conseil d’État a d’ores et déjà tranché la question. Et bien évidemment, ces expérimentations seront menées par… les fédérations départementales des chasseurs. On n’est jamais mieux servi que par soi-même, n’est-ce pas ! Et on se targue d’être de grands scientifiques avec ça…

Nul besoin d’être un spécialiste pour bien voir que ces expériences n’ont de scientifique que le nom. Menées par les chasseurs et pour les chasseurs, cette mascarade a un seul objectif : ouvrir la voie au retour des pantes, des tenderies et des matoles. Dans les Ardennes, ce ne sont pas moins de 500 vanneaux huppés qui vont être ainsi capturés, et 15 pluviers dorés. Dans le Lot-et-Garonne, 1000 alouettes des champs vont finir dans les filets et les cages. Trois autres départements (Gironde, Landes et Pyrénées-Atlantiques) doivent encore publier leurs arrêtés. Nous prévoyons de les attaquer également.

Ils s’abriteront derrière la « science », ils diront que les oiseaux ne seront pas tués et invoqueront la « tradition ». Mais peu importe : contre ces modes de chasse barbares, nous porterons toujours la voix des animaux et de 83 % des Français qui souhaitent que ces pratiques disparaissent (sondage Ipsos/One Voice 2022). Nous attaquons ces arrêtés, et serons au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne le 26 octobre à 11 h 30 (pour les Ardennes)

Maxime Lambret