La chasse au grand tétras interdite pour 5 ans

femelle de grand tétras

C’est un répit pour le grand tétras. Sa chasse sera interdite pour cinq ans, d’après un arrêté ministériel publié le 17 septembre. Cet emblématique oiseau des forêts montagneuses était en effet en sursis. Éradiqué des Alpes et très fortement menacé dans les massifs du Jura, des Vosges et des Pyrénées, il est classé parmi les espèces menacées de disparition en France, sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

En juin dernier, le Conseil d’État avait ordonné à la ministre de la Transition écologique de suspendre la chasse de ce gallinacé. C’est donc chose faite : depuis le 18 septembre, il est interdit de tirer sur l’oiseau, et ce jusqu’en 2027. Une mesure qui pourra « être révisée avant son terme si de nouvelles données rendent compte d’une évolution suffisamment favorable de l’état de conservation » de l’espèce, précise l’arrêté.

Une mesure saluée par l’association France nature environnement, qui demande cependant que ce volatile, le plus gros oiseau terrestre d’Europe, soit désormais classé comme espèce protégée, de la même manière que le sont les rapaces en France.

Des sénateurs demandent la création d’un délit d’entrave à la chasse

un chasseur

Mercredi 14 septembre, la mission d’information du Sénat sur la sécurité de la chasse a rendu son rapport à ce propos, rapporte Public Sénat. Ce travail, mené par dix-neuf sénateurs, avait commencé en décembre 2021, à la suite de la pétition « Morts, violences et abus liés à la chasse : plus jamais ça ! » du collectif Un jour, un chasseur, signée par plus de 122 000 personnes.

Pour nombre d’associations antichasse citées par Libération, ce rapport est « indécent ». Certes, la mission d’information propose d’interdire les stupéfiants et l’alcool à la chasse, ou encore d’intégrer à l’examen du permis de chasse une épreuve de maîtrise d’armes semi-automatiques et d’habilité au tir. Mais les sénateurs ne préconisent ni l’instauration d’un jour sans chasse ni de mettre en place des distances de sécurité autour des routes ou des habitations. Les sénateurs ont également rejeté l’idée d’obliger les chasseurs à renouveler tous les ans leur permis de chasse.

Autre point de crispation : alors qu’actuellement le fait de s’opposer à un acte de chasse est considéré comme une contravention, la mission demande la création d’un délit d’entrave à la chasse. Pour rappel, sur la période 2021-2022, l’Office français de la biodiversité (OFB) a recensé quatre-vingt-dix accidents de chasse, dont huit mortels.

 Photo : SEBASTIEN BOZON / AFP – Un chasseur, le 8 octobre 2020, à Hirsingue, dans l’est de la France.

ASPAS :Newsletter – Août 2022

ASPAS

Au sommaire ce mois-ci : notre demande de report de la chasse en France, des signatures manquantes pour la pétition contre le déterrage, des recours en justice pour les renards sans oublier notre coup de gueule contre le « deux poids deux mesures » de l’Etat pour contrôler les enclos de chasse !

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LA FAUNE A BESOIN D’EAU, PAS DE FUSILS !

Canicules à répétition, incendies, sécheresse historique : les animaux sauvages souffrent aussi du dérèglement climatique ! La chasse ajouterait un stress supplémentaire à des animaux en très grande vulnérabilité, c’est pourquoi l’ASPAS demande à l’État des mesures fortes pour reporter et limiter cette morbide activité ! >> En savoir plus

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POUR QUE LE DÉTERRAGE NE SOIT
PLUS QU’UN MAUVAIS SOUVENIR…En retournant dans les bois voir la famille de blaireaux qu’il prenait plaisir à observer, Sébastien a eu la douloureuse surprise de découvrir que les animaux n’étaient plus. Que des chasseurs étaient passés par là avec des pelles, des pioches, des haches, pour venir détruire ce lieu… >> Voir la vidéo
Avec l’objectif de faire disparaître pour de bon ces scènes de violence dans nos campagnes, l’ASPAS multiplie ses actions en justice contre la vénerie sous terre et obtient des résultats locaux encourageants. Dernière victoire en date : le département de l’Orne ! >> Lire notre communiqué

Grâce à cette avalanche de victoires, osons espérer une interdiction du déterrage partout en France ! La pétition officielle, lancée sur le site du Sénat est sur le point d’atteindre 70% de son objectif : il nous reste un mois pour recueillir les signatures manquantes d’ici fin septembre… On peut y arriver !

SIGNEZ LA PÉTITION

 

Renard assis de face (existe en NEF)
Renard assis de face (existe en NEF)

L’ASPAS AU SECOURS DES RENARDS
DANS TROIS DÉPARTEMENTS !

Plusieurs arrêtés, pris en catimini au creux de l’été, autorisent des « destructions » de renards en Seine-et-Marne, dans l’Aube et dans la Manche. Le motif principal est toujours le même : préserver le « petit gibier » des chasseurs ! L’ASPAS saisit la justice. >> En savoir plus

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UNE RÉSERVE DE L’ASPAS ENCORE
CONTRÔLÉE PAR L’ÉTAT !

La France compte environ 1300 parcs et enclos de chasse aux pratiques opaques. Les propriétaires de ces terrains, où des animaux captifs sont livrés à la brutalité meurtrière de certains chasseurs, ne sont que très rarement contrôlés… Or, le traitement de l’administration est étrangement différent pour la pacifique ASPAS, qui a racheté un ancien enclos de chasse dans le Vercors fin 2019 pour y sauver les animaux ! >> En savoir plus

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« MONDES SAUVAGES » : LA COLLECTION
QUI NOUS RELIE AU VIVANT

Ours, corbeaux, loups, manchots, requins, mais aussi arbres, montagnes, icebergs… Depuis 2017, l’ASPAS a le plaisir de s’associer à la collection « Mondes Sauvages » des éditions Actes Sud pour diffuser les connaissances et les réflexions des plus éminents experts et penseurs d’aujourd’hui sur la nature et les différents êtres qui la constituent. >> En savoir plus

Les chasseurs réclament une aide financière pour changer leur fusil

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« CAPITAL (le journal) »

Avec l’interdiction d’utiliser des munitions en plomb, qui s’appliquera à compter de la mi-février 2023 à moins de 100 mètres d’une zone humide, les chasseurs demandent une aide financière pour racheter de nouveaux fusils.

La mesure est censée autant protéger l’environnement que les chasseurs : les munitions en plomb, utilisées pendant des décennies, seront interdites à compter de la mi-février à moins de 100 mètres de toute zone humide, permanente ou temporaire. La règle, édictée par un règlement européen publié en 2021, sera sanctionnée, en cas de non-respect, d’une amende de 135 euros. De quoi agacer fortement les principaux intéressés, qui réclament une aide financière pour remplacer leur fusil, rapporte Le Parisien, jeudi 8 septembre. Car même si l’utilisation des munitions en plomb était déjà restreinte, avec l’interdiction de tir avec du plomb à moins de 30 mètres d’un plan d’eau depuis 2006, elle n’était pas forcément appliquée à la lettre.

La raison ? Les cartouches en acier, censées remplacer celles en plomb parce que moins nocives pour l’environnement et pour l’homme, sont malaimées des chasseurs. L’année dernière, l’un d’entre eux expliquait, à nos confrères du Chasseur français, sa réticence à tirer avec des « grenailles d’acier », seulement conservées dans la poche en cas de contrôle. « J’ai essayé, mais ça ne vaut rien, ça blesse et c’est tout », témoignait ce dernier.

Entre 650 à 975 millions d’euros pour remplacer les armes de chasse, selon la FNC

Les alternatives aux munitions de plomb seraient plus chères, moins efficaces et surtout incompatibles avec les fusils non éprouvés billes d’acier, plaident les principaux intéressés. Autrement dit : exit les fusils des grands-parents, il faudrait soit transformer, soit racheter de nouveaux fusils pour respecter la nouvelle réglementation. En sachant qu’une arme coûte en moyenne « entre 1.000 et 1.500 euros », la Fédération nationale des chasseurs (FNC) demande une participation de l’État pour remplacer ces dernières. « Au plan national, le coût de remplacement des armes de chasse est estimé entre 650 millions et 975 millions d’euros », écrit la FNC sur son site.

La demande relève de l’indécence, estime de son côté Allain Bougrain-Dubourg, le président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), interrogé par nos confrères du Parisien. « Les chasseurs pourraient faire preuve de maturité et de responsabilité. Ils touchent déjà des aides pour adapter leurs pratiques », tacle-t-il. Depuis des années, la législation tente de mettre fin à la présence de plomb dans l’environnement, un métal toxique pour la faune et la flore.

 

Environnement, oiseaux, grand gibier et hommes contaminés

Outre les 127 millions d’oiseaux qui seraient, chaque année, menacés d’empoisonnement au plomb en ingérant les billes de grenaille, selon une évaluation de l’Agence des produits chimiques de l’UE de 2021, la présence de plomb dans les cartouches pèserait aussi, à l’échelle des 27, sur le développement neurologique d’un million d’enfants, menacé par la consommation de gibier, la viande étant contaminée par la grenaille.

En 2021-2022, huit personnes sont mortes sous les balles d’un chasseur

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L’Office français de la biodiversité (OFB) a publié le 1er septembre son bilan des accidents de chasse pour la saison 2021-2022. Résultats : quatre-vingt-dix blessures corporelles liés à l’utilisation d’une arme de chasse ont été recensées par l’établissement public, dont huit accidents mortels. Parmi ces huit victimes, deux n’étaient pas des chasseurs :

  • Joël Viard, un homme de 67 ans touché par une balle alors qu’il conduisait ;
  • Mélodie Cauffet, 25 ans, tuée par une chasseuse adolescente alors qu’elle se promenait sur une sentier de randonnée.

Le nombre d’accidents de chasse a légèrement augmenté par rapport à la saison 2020-2021, au cours de laquelle quatre-vingt accidents avaient été recensés. L’organisme se félicite malgré tout de la « baisse générale » observée depuis vingt ans. « Pour la deuxième année consécutive, le nombre d’accidents de chasse est inférieur à 100 », précise le rapport. Le nombre d’accidents a atteint son pic en 2002-2003, avec 203 accidents dont 27 mortels.

« Non-respect des règles élémentaires de sécurité »

« Pour la très grande majorité », ces accidents sont liés « au non-respect des règles élémentaires de sécurité », selon l’OFB : parmi les principales causes d’accident, on retrouve le non-respect de l’angle de tir (fixé à 30 °), la mauvaise manipulation des armes, ou encore des tirs effectués en directions des routes, des habitations ou des chemins de randonnée.

Pour faire diminuer le nombre d’accidents, l’OFB préconise de rappeler fréquemment les règles de sécurité lors des chasses, de sanctionner les chasseurs ne respectant pas ces règles, de suspendre les chasses en cas de présence de non-chasseurs, et de multiplier les panneaux de signalétique.

Le collectif Un jour un chasseur, créé après la mort de Morgan Keane fin 2020, recommande des mesures plus radicales : instaurer des jours sans chasse, renforcer la formation de chasseurs, et relever l’âge minimum autorisant l’obtention d’un permis. « Ce sont des armes de guerre, et on les met entre les mains de personnes mineures », déplorait auprès de Reporterre sa cofondatrice en février dernier.

Comment les subventions accordées à la Fédération nationale de la chasse ont-elles pu augmenter de 42 000% depuis 2017?

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Les comptes de la Fédération national des chasseurs, publiés début août, montrent une augmentation de 42 000% entre 2017 et 2021 des recettes liées «aux concours publics et subventions d’exploitations». Cette évolution s’explique en grande partie par la réforme de la chasse de 2019.

Les chasseurs, assis sur un «tas d’or» grâce au président de la République ? Le 16 août, le site lanceuralerte.org a publié un article sur les comptes des cinq dernières années de l’organisation, publiés une semaine plus tôt au journal officiel, et passés jusque-là inaperçus. On y découvre notamment que les subventions accordées à la FNC présidée par Willy Schraen auraient atteint 6,3 millions d’euros en 2020 puis 11, 46 millions en 2021 contre environ 27 000 en 2017. «Soit une augmentation des versements d’argent public de 23 000 % entre 2017 et 2020, et 42 000 % entre 2017 et 2021», observe l’auteur Alexandre Renahy. Le 17 août, «Ruraux en Colère», un «collectif» contre «les abus de la chasse», a partagé ces observations sur Twitter (confondant le taux d’augmentation entre 2017 et 2021 et celui entre 2020 et 2021). La polémique est alors relancée.

«On se doutait depuis longtemps que les chasseurs étaient assis sur un tas d’or grâce au soutien de l’Etat. Mais là, on a les chiffres !» a ainsi réagi le député écologiste Nicolas Thierry auprès du Parisien. «Nous allons saisir le gouvernement à la rentrée pour demander plus de transparence sur l’utilisation de l’argent public alloué aux chasseurs», a-t-il ajouté, ciblant en particulier l’écocontribution, un dispositif instauré par la réforme de la chasse de 2019. Pour chaque permis de chasse validé dans l’année, l’Etat verse 10 euros et les fédérations de chasseurs 5 euros dans un fonds géré par la FNC et dédié «à la protection et à la reconquête de la biodiversité», soit environ 15 millions d’euros (dont 10 déboursés par l’Etat). Une somme connue dont le montant et l’utilisation ont déjà été l’objet de critiques.

L’écocontribution permet de financer des projets portés par les fédérations de chasseurs dans le cadre d’une convention avec l’Office français de la biodiversité qui valide ou non l’attribution de ces financements. «Ce fonds est géré par l’OFB qui instruit les demandes de projets, les présente à ses instances internes et verse les montants à la FNC qui est chargée de les reventiler ensuite à chaque fédération porteuse de chaque projet», détaille le ministère de la Transition écologique, contacté par CheckNews.

En novembre 2021, le conseil scientifique de l’OFB a émis un avis particulièrement sévère vis-à-vis du contrôle de la qualité des projets financés par l’écocontribution. Il a «fait le constat que le dispositif mis en place ne permet pas de garantir une qualité suffisante des projets sélectionnés», en raison notamment «du manque d’information présent dans les dossiers rendant toute évaluation très difficile», et «de l’impossibilité de procéder à une réelle sélection (et de refuser des dossiers), induit par le faible nombre de dossiers proposés en regard du montant financier annuel devant être obligatoirement dépensé». «Il en résulte que seuls 7 % des dossiers présentés sont refusés, alors que dans le cadre d’autres appels à projets, les refus correspondent à 50 % voire 70 % des dossiers présentés», observe le comité scientifique. Quinze jours plus tard, le conseil d’administration de l’OFB a pourtant approuvé le renouvellement de la convention avec la FNC pour cinq années supplémentaires.

La FNC redistribue l’écocontribution aux autres fédérations

Le 22 janvier 2022, trois associations écologistes, la Ligue de protection des oiseaux (LPO), l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) et l’Office pour les insectes et leur environnement (OPIE) ont déposé un recours auprès du tribunal administratif de Melun pour demander l’annulation de la convention. Les organisations reprochent notamment le financement via ce fonds de projets qui n’auraient pas de réel intérêt pour la nature et la biodiversité, voire qui seraient simplement des opérations de promotion de la chasse. L’affaire doit être jugée sur le fonds. En mars 2022, les associations ont, par ailleurs, tenté en urgence un référé suspension contre l’écocontribution, sans succès.

Mais à noter que si la FNC redistribue l’écocontribution aux autres fédérations, les quelque 10 millions de participation de l’Etat ne sont pas repris en totalité dans la ligne appelée «subventions d’exploitation» puis «concours publics et subvention d’exploitation» des comptes 2021 de la FNC. En effet, n’y sont intégrées que les sommes touchées par la fédération nationale pour ses propres projets. Contactée, la FNC indique avoir ainsi reçu 1,8 million d’euros au titre de l’écocontribution pour la saison 2020-2021. Cette somme, importante, ne suffit donc pas à expliquer l’explosion du montant des subventions observées dans les comptes de l’organisation.

Dans le détail, la ligne comprend, d’après la FNC, en plus de l’écocontribution, les subventions d’organismes publics (480 594 euros), celles des organismes privés (183 550 euros) «ainsi que les compensations financières suite à la loi du 24 juillet 2019». «Ce qui a changé entre 2016-2017 et 2020-2021, est le vote de la loi «chasse». Cette loi de juillet 2019 a acté notamment des transferts de missions de service publics aux Fédérations des chasseurs. Il s’agit en l’occurrence de prendre en charge la gestion et la coordination des associations communales de chasse agréées (Acca) et l’attribution des plans de chasse individuels, missions autrefois exercées par les préfets. La compensation financière pour ces missions est de 9 millions d’euros par an», indique la FNC.

Réforme du prix du permis national de chasse

Par ailleurs, comme l’ont souligné nos confrères du Monde, les recettes de la fédération nationale de la chasse ont aussi bondi grâce à une réforme du prix du permis national, accordée par Emmanuel Macron en 2018. Pour pratiquer la chasse, il est nécessaire de valider son permis chaque année en fonction de la durée et de la zone géographique souhaitée, comme le précise le site des démarches administratives du ministère de l’Intérieur. «La validation nationale vous permet de chasser partout en France. La validation départementale vous permet de chasser dans le département de validation, et pour les territoires dont vous détenez les droits de chasse, pour leur partie contiguë située dans les départements limitrophes. Toutefois, la première validation annuelle que vous obtenez vous permet de chasser partout en France», peut-on lire.

En 2018, Emmanuel Macron a donné son accord pour diviser par deux le prix du permis national. En août 2019, 48% des demandes de validation de permis de chasse concernaient le permis national, avait indiqué, à l’époque, Thierry Coste, porte-parole de la FNC, au Figaro. «L’effet prix joue à plein», avait-il analysé. Car auparavant, les chasseurs optaient dans l’immense majorité des cas pour un permis départemental qui était alors bien moins onéreux. Lors de la saison 2017-2018, 1 020 000 chasseurs étaient titulaires d’un permis départemental pour un coût variant entre 119 et 250 euros, comme l’expliquait CheckNews, dans une réponse, précédente contre 100 000 permis nationaux, facturés 400 euros.

Le succès du permis national réformé est bien visible dans les comptes de la FNC. Les recettes liées aux cotisations sont passées d’environ 11, 8 millions d’euros (un chiffre stable depuis 2017) à plus de 28,6 millions d’euros pour la saison 2019-2020. En revanche, d’après Nicolas Rivet, le directeur général de la FNC, contacté par CheckNews, «cette opération n’a pas augmenté le nombre total de chasseurs», tous permis confondus, qui d’après nos informations est passé sous la barre du million en 2020. A noter que certains chasseurs possèdent parfois un double permis départemental leur permettant de chasser dans plusieurs territoires.

Source : Libération / Alexandre Horn et Emma Donada /24 août 2022

 

Une intelligence artificielle capable d’analyser les rayures des félins pour identifier chaque individu pourrait aider à lutter contre le braconnage des tigres

Tigres

Les images de peaux de tigres défilent sur l’ordinateur de Debbie Banks, à la recherche de coïncidences dans une base de données. Sa mission : confondre les trafiquants de ce grand félin menacé d’extinction. Descentes de lit, dépouilles, animaux empaillés : des milliers de photos sont ainsi stockées. C’est aux rayures de ces animaux que s’intéresse Mme Banks, responsable de l’unité criminelle de l’Agence d’enquête environnementale (EIA), une ONG basée à Londres.

Fruit de l’évolution et aidant ces carnivores à se fondre dans leur habitat, « les rayures d’un tigre sont aussi uniques que les empreintes digitales d’un humain« , assure la militante, rencontrée par l’AFP à Montrose, dans le nord-est de l’Ecosse. « Nous pouvons utiliser les images pour les comparer à celles de tigres en captivité, qui pourraient avoir été élevés à des fins commerciales« , explique-t-elle.

Il s’agit pour l’instant d’un travail manuel et ardu, mais un nouvel outil développé par l’Institut scientifique et d’intelligence artificielle Alan-Turing devrait simplifier le processus. Pour cette institution, il s’agit de programmer et tester une intelligence artificielle capable d’analyser les rayures des félins pour identifier chaque individu. « Nous avons une base de données d’images de tigres mis en vente ou saisis » par les autorités, développe Mme Banks : « quand nos enquêteurs obtiennent de nouvelles images, nous pouvons les comparer à celles de la base« .

Les tigres ne seraient plus que 4.500 dans leur habitat naturel en Asie, menacés par la déforestation de leur habitat, mais aussi et surtout le braconnage et le trafic. Les peaux des tigres et certains de leurs organes sont très recherchés, notamment en raison de leur utilisation dans la médecine traditionnelle chinoise. « Les tigres ont subi une baisse massive de leur population ces 120 dernières années, donc nous voulons faire tout ce qui est possible pour mettre fin au trafic« , dont celui des peaux, selon elle.

Les détenteurs de photos de tigres sont ainsi exhortés à les soumettre à l’EIA pour renforcer la base de données. Cet appel concerne « les personnes, qu’il s’agisse de photographes ou de chercheurs, en possession d’images de tigres dont la forme des rayures est nettement visible« , précise Mme Banks. « Qu’il s’agisse de tigres vivants, morts, ou de parties » de dépouilles, « s’ils peuvent partager (ces images) avec nous, les scientifiques pourront développer, programmer et tester l’algorithme« , selon elle: « il nous faut des milliers d’images pour cette phase du projet« .

Source :Sciences et Avenir

Les subventions aux chasseurs explosent et scandalisent les écologistes

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Les subventions aux chasseurs explosent et scandalisent les écologistes

Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir en 2017, les aides perçues par la Fédération nationale des chasseurs (FNC) ont augmenté de manière impressionnante.

Le président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, riposte face aux crtiques écologistes sur le budget de la Fédération depuis 2017.

CHASSE – La fédération des chasseurs dévoile enfin ses chiffres. Parus au Journal officiel le 8 août, les comptes de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) ne laissent pas indifférent, malgré leur discrète publication — alors même que l’association agréée d’utilité publique doit de les publier chaque année.

Repérés par le site lanceurdalerte.org le 16 août, les comptes de la structure présidée par Willy Schraen ont largement bénéficié de l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée en 2017. Indisponibles jusqu’à présent, les comptes de la FNC ont finalement été rendus publics pour la période 2017-2021. Et le constat est sans appel : les dotations d’argent public à l’organisation sur cette période ont augmenté de… 23 000 %.

En l’espace de cinq ans, les aides publiques à la FNC sont passées de 27 000 euros en 2017 à près de 6,3 millions d’euros en 2021. Quant aux cotisations de chasseurs perçues par la fédération, elles avoisinaient 11 millions d’euros par an jusqu’en 2016. Or, les chiffres des deux dernières années publiées au Journal officiel sont bien différents : 28 millions d’euros de cotisations en 2020 et presque autant l’année suivante.

Une santé financière solide, liée à l’abaissement du prix de permis de chasse national (mesure souhaitée par Emmanuel Macron) passé de 400 à 200 euros, incitant un nombre croissant de pratiquants de la chasse à opter pour ce permis. Mais aussi à la création en 2019 par le gouvernement d’une éco-contribution de 10 euros est versée par l’État à la Fédération pour chaque permis validé. Une mesure qui vise à financer des projets liés à la biodiversité, pour une enveloppe de 10 millions d’euros chaque année.

Résultat, la Fédération nationale des chasseurs a augmenté sa masse salariale de 28,67 %. Stagnant autour de 1,5 million d’euros ces dernières années, elle atteint désormais 1,93 million d’euros en 2021.

Les écologistes ulcérés par ces résultats

Dorlotés par Emmanuel Macron depuis 2017, les chasseurs et le président de la fédération, Willy Schraen, ont donc largement profité des décisions de l’exécutif. Une aide directe en faveur de la chasse qui s’était ressentie jusque dans les urnes, puisque Willy Schraen avait pris position pour Emmanuel Macron en mars dans les colonnes du Parisien : « Je voterai Emmanuel Macron dès le premier tour ».

Face à cette entente cordiale sur la thématique cynégétique, écologistes et défenseurs de la cause animale n’ont pas manqué de faire entendre leur voix pour alerter sur le développement de la chasse, à l’heure de la préservation des espèces animales.

Pour le coprésident du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, Julien Bayou, l’annonce de ces chiffres sonne comme un cauchemar : « Pincez-moi je rêve ! », a-t-il écrit sur Twitter avant de qualifier le chef de l’État de « président des lobbys contre le vivant ».

Réaction similaire pour Nicolas Thierry, député EELV. Dans Le Parisien il réalise l’ampleur de ces chiffres : « On se doutait depuis longtemps que les chasseurs étaient assis sur un tas d’or grâce au soutien de l’État. Mais là, on a les chiffres ! »

De quoi forcer Matignon à réagir suite aux nombreuses réactions scandalisées par la publication de ces résultats. « Les derniers chiffres peuvent surprendre, mais ils s’expliquent aussi par le fait que de grosses parties de l’argent qui était autrefois alloué aux fédérations départementales de chasseurs, notamment via la délivrance des permis, le sont désormais à la Fédération nationale, qui en a récupéré la prérogative », soulignent les services d’Élisabeth Borne auprès du Parisien.

« Il n’y a pas un euro d’argent public qui n’est pas utilisé à bon escient »

Habitué aux critiques, Willy Schraen n’a pas manqué de balayer d’un revers de la main la polémique naissante autour des comptes de la fédération. « Il n’y a que des contre-vérités dans tout cela », se défend-il dans Lee Parisien.

« Nos comptes sont clairs, tout est transparent et il n’y a pas un euro d’argent public qui n’est pas utilisé à bon escient », ajoute Willy Schraen, pour qui ces chiffres s’expliquent par la mise en place de la loi de juillet 2019 sur la chasse. Selon cette dernière, la FNC se doit désormais de prendre en charge la gestion des associations communales de chasse ainsi que l’attribution des plans de chasse individuels, ce qui expliquerait, selon le président de la Fédération, l’augmentation significative du budget de l’organisation

À cela, Willy Schraen ajoute que son positionnement politique à la dernière élection présidentielle n’est pas étranger aux réactions épidermiques sur les aides apportées au secteur de la chasse ces dernières années. « On nous en veut car j’ai appelé à voter pour Macron à la présidentielle. Mais si je l’avais fait pour Jadot ou Mélenchon… La musique aurait sûrement été différente », estime-t-il.

Mais pour le collectif Ruraux en colère, ces chiffres sont tout de même « vertigineux ». Sur Twitter, l’association ne manque d’ailleurs pas de souligner le retard dans la publication de ces données.

ASPAS : Newsletter – Juillet 2022

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Newsletter – Juillet 2022

Au sommaire ce mois-ci : un rappel de notre positionnement sur l’Ours, une victoire contre l’effarouchement du plantigrade, la présentation de notre nouveau Conseil d’Administration, un podcast sur la salamandre et la Cour des Comptes qui se penche sur la Fédération Nationale des Chasseurs. Bonne lecture !

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VOILÀ 40 ANS QUE L’ASPAS PROTÈGE LES OURS

L’ASPAS est depuis toujours engagée dans la protection des ours, comme le sont d’autres associations avec qui nous faisons souvent front commun. Après des propos maladroits relayés par le média Ouest France, l’ASPAS tient à réaffirmer son positionnement vis-à-vis de l’ours et notamment notre opposition totale à la régulation de sa population ! >> En savoir plus

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LA JUSTICE DÉCLARE ILLÉGAUX
LES TIRS D’EFFAROUCHEMENT EN ARIÈGE

Saisi par 9 associations de protection de la nature et de l’environnement dont l’ASPAS, le tribunal administratif de Toulouse annule 8 arrêtés autorisant les tirs d’effarouchement renforcés délivrés à des groupements pastoraux ariégeois durant l’été 2020. Alors que la présence de l’ours se développe petit à petit en France, il est primordial de privilégier les solutions favorisant la cohabitation avec cet animal sauvage qui a toute sa place dans notre pays. >> En savoir plus

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LA COUR DES COMPTES VA SE PENCHER SUR
LES FONDS PUBLICS ACCORDÉS AUX CHASSEURS

Chaque année en France, des millions d’euros de financements publics sont attribués aux fédérations de chasseurs, par le biais des communes, des conseils départementaux, régionaux, et de l’État lui-même. Suite à la proposition du collectif Un Jour un Chasseur, la Cour des comptes va se pencher sur l’utilisation des fonds publics accordés aux chasseurs. >> En savoir plus

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DE NOUVELLES TÊTES AU CONSEIL D’ADMINISTRATION

Lors de l’Assemblée Générale de l’association qui s’est tenue le 18 juin 2022, les adhérents de l’ASPAS ont élu 7 nouvelles personnes pour renforcer le Conseil d’Administration de l’ASPAS. Le Conseil d’Administration étant un organisme décisionnaire essentiel à la vie de l’association, nous vous proposons une brève présentation des personnes qui le composent, accompagnée d’une vidéo qui rappelle la vision de l’ASPAS. C’est aussi l’occasion de (re)découvrir l’organigramme de l’ASPAS et son équipe salariée. >> En savoir plus

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50 000 SIGNATURES POUR LES BLAIREAUX !

Notre pétition pour l’interdiction du déterrage des blaireaux vient d’atteindre les 50 000 signatures ! La moitié du chemin vers les 100 000 signatures nécessaires pour que le Sénat puisse étudier la question est donc parcouru. Pour autant, il ne reste plus que 2 mois pour obtenir les 50 000 signatures restantes. Si ce n’est pas encore fait, nous vous invitions à ajouter la votre ! Chaque signature compte ! Dans tous les cas, n’hésitez pas à relayer la pétition et à en parler autour de vous ! >> Signez la pétition

>> Voir la vidéo

Le gouvernement veut autoriser le piégeage traditionnel des oiseaux

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Le vanneau huppé est classé « quasi-menacé » sur la liste rouge des oiseaux nicheurs de France métropolitaine. – Flickr / CC BY-NC 2.0 / Corine Bliek

Tandis que les études démontrent l’effondrement de nombreuses espèces d’oiseaux sauvages, récemment aggravé par les incendies et canicules, trois nouveaux projets d’arrêtés ministériels prévoient d’autoriser la capture létale de 107 730 d’entre eux.

Soumis à la consultation publique jusqu’au 10 août, les deux premiers projets, portés par le ministère de la Transition écologique, entendent autoriser la chasse de 106 500 alouettes des champs, l’un à l’aide de filets, l’autre à l’aide de cages. Quatre départements sont concernés, à savoir les Landes, la Gironde, le Lot-et-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques, pour la saison 2022-2023. Un troisième projet d’arrêté défend la tenderie — technique de chasse à l’aide de filets, de 1 200 vanneaux huppés et de 30 pluviers dorés, dans les Ardennes.

2018, 2019, 2020, 2021, 2022… le choix de la récidive

« Ces arrêtés visent une nouvelle fois des espèces dont les statuts de conservation sont défavorables aux niveaux européen et français », déplore la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). Depuis 1980, la moitié des effectifs européens de l’alouette des champs, connue pour avoir l’un des répertoires de chant les plus riches du monde des oiseaux, a disparu. Un fort déclin également constaté dans l’Hexagone, où une perte de près d’un quart de sa population a été enregistrée ces vingt dernières années. Le vanneau huppé est quant à lui classé parmi les espèces « menacées de disparition » en Europe, dans la liste rouge de l’Union internationale de conservation de la nature (UICN).

Le 6 août 2021, saisi par la LPO et One Voice, le Conseil d’État avait pourtant annulé les arrêtés ministériels similaires des saisons 2018-2019, 2019-2020 et 2020-2021. La raison ? Ces pratiques de chasse ne respectaient pas la directive Oiseaux de l’Union européenne.

En dépit de ces interdictions, le ministère de la Transition écologique avait fait le choix de la récidive. Le 15 octobre 2021, « plusieurs arrêtés ministériels autorisant à nouveau [ces pratiques] pour 2021-2022 avaient été publiés au Journal officiel sur ordre d’Emmanuel Macron, soucieux de ménager les fédérations de chasseurs à l’approche des élections », rappelle aujourd’hui la LPO. Une fois encore, les deux associations avaient déposé des recours en référé auprès du Conseil d’État, avant d’obtenir gain de cause le 25 octobre 2021.

Si ces nouveaux projets d’arrêtés, pour la saison 2022-2023, venaient à être publiés, la LPO assure qu’elle les attaquera immédiatement devant le Conseil d’État. En attendant, la LPO invite ses sympathisants à porter haut la voix des oiseaux lors des consultations publiques en cours.