Les rapaces plus que jamais pris pour cible; la LPO dénonce l’irresponsabilité des auteurs et l’impuissance des pouvoirs publics

En ce début de mois d’août, un Vautour fauve a été retrouvé mort, criblé de plombs (> 20 plombs dans le corps) sur une commune du Parc National des Cévennes. Sur le territoire des Grands Causses, la LPO recense pas moins de 20 vautours victimes de tirs depuis 2013 et sur le territoire plus restreint du Parc National des Cévennes au sein duquel a été découvert ce dernier vautour criblé de plombs, 8 autres vautours ont été identifiés victimes de tirs sur cette même période.

Ce dernier vautour figure parmi l’une des nombreuses victimes de tirs au fusil, il rejoint la trop longue liste des Aigles royaux, Circaètes Jean Le Blanc, Faucons pèlerins, Buses variables, Grand-Duc d’Europe (Photos 1 et 2) et autres rapaces pris pour cibles.

Ainsi, pas moins d’une trentaine de rapaces victimes de tirs ont été accueillis dans les seuls centres de soins de la LPO et ses partenaires (Tichodrome et Goupil Connexion) depuis le début de l’année. Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. La LPO déplore que les rapaces, espèces emblématiques, fragiles et protégées, sont encore la cible privilégiée des délinquants de la gâchette en ce début de 21ème siècle. Et que très peu d’entre eux sont identifiés et encore moins condamnés.

La LPO dénonce l’obscurantisme de quelques-uns qui ruinent des années d’effort de conservation, et l’impuissance des pouvoirs publics pour les arrêter.

Les vautours ne sont pas les seuls victimes de ces délits : Le 14 juillet, deux circaètes ont été conduits à la clinique vétérinaire de Ganges (Hérault) : l’un est arrivé mort victime d’un tir fatal ; l’autre, encore vivant, a été traversé par une salve de plombs (organes et plumes). Le 26 mai, dans le Parc national des Cévennes (PNC), un Faucon pèlerin a été découvert blessé à l’aile sur la commune d’Ispagnac (Lozère). Souffrant, il a finalement été euthanasié…

En 8 ans, force est de constater que le nombre de rapaces abattus est quasi constant, et ce malgré la forte baisse du nombre de permis de chasse (Graphique 3).

Certes il ne s’agit pas d’actes de chasse à proprement parler, et d’ailleurs les victimes sont retrouvées tout au long de l’année. Mais les munitions sont bel et bien des munitions utilisées par des chasseurs (Radios 4).

Sur les 118 espèces différentes d’oiseaux protégés retrouvés criblés de plombs sur une période de 8 ans, 70% sont des espèces non chassables. Soit 1120 oiseaux, dont 75% sont des rapaces (Tableau 5) !

Cinq espèces de rapaces représentent 49 % de toutes les admissions en centres de soins (faucons crécerelles, éperviers d’Europe, buses variables, milans royaux, vautours fauves). Les espèces retrouvées blessées ou le plus souvent mortes, ne sont que la partie visible de l’iceberg tant la probabilité de retrouver les animaux victimes de tirs est faible voire nulle (= probablement moins 10% des cas sont identifiés).

Du reste, il faut attendre la réalisation de radiographies pour révéler qu’ils ont été également victimes de tirs. Il est alors souvent trop tard pour retrouver les auteurs.

Lorsque le Parquet est saisi à la demande de la LPO, et la police de la nature de l’Office Français de la Biodiversité mobilisée, le secret de l’instruction ne permet plus de disposer d’informations sur l’avancement des enquêtes. Dans les faits, la quasi-totalité des affaires sont classées sans suite comme en témoigne ce seul exemple des Gypaètes barbus dans les Cévennes (Tableau 6).

Les tirs de rapaces représentent près de 26% des affaires pour lesquelles la LPO a déposé plainte suite à des atteintes sur des rapaces. 53% de ces affaires sont en cours d’instruction, près de 27% sont classées sans suite ou n’ont donné lieu à aucune suite, 21% ont conduit à des sanctions toujours insuffisantes.

De nombreux rapaces sont également découverts morts pour d’autres raisons, telles que des empoisonnements, des électrocutions, des percussions ou des collisions etc… Il n’est pas rare de découvrir des impacts de tirs sur des oiseaux morts pour d’autres causes, tel ce Gypaète barbu « Durzon » retrouvé mort empoisonné proche de Millau : l’autopsie a révélé qu’il avait été également plombé. Le plomb alors découvert était présent en sous cutanée au niveau du radius droit est sans lien avec la cause de la mort puisque sans aucune lésion associée. Citons également cet autre Gypaète « Viaduc » mort d’une goutte viscérale. L’autopsie révèlera qu’il avait été également victime d’un tir avec deux plombs incrustés (Tableau 6) !

Les rapaces ont failli disparaitre sous les coups de l’empoisonnement et des tirs dans le courant du 19èmeet la première moitié du 20ème siècle. Bien qu’en meilleur santé grâce aux efforts de conservation, ils sont encore, au 21ème siècle, victime d’une triple peine :

  • Persistance des empoisonnements intentionnels et la contamination de l’environnement notamment par les pesticides,
  • Dégradation des écosystèmes et la perte de leurs habitats (agriculture intensive, urbanisation),
  • Risques de mortalité sur les infrastructures linéaires de transport et d’énergie (réseau électrique, parcs éoliens).

La LPO en appelle à la responsabilité des dirigeants cynégétiques afin qu’ils sensibilisent leurs adhérents.

Elle demande un renforcement des moyens de la police de la nature, la formation et la sensibilisation des parquets. Elle n’accepte pas de voir tant d’années d’efforts de protection réduits à néant par quelques inconscients.

Photo 1

 

 

Photos 2

 

Graphique 3

Radios 4

Tableau 5

Tableau 6

Nom Date de la mort Cause de la mort Présence de projectiles Résultats de l’enquête
Dourbie 2013 Percussion Ligne électrique    
Layrou 2014 Destruction par tir   Affaire classée sans suite
Larzac 2016 Electrocution 1 plomb Pas de dépôt de plainte, région du tir impossible à déterminer
Pro Natura 2017 Electrocution    
Durzon 2018 Empoisonnement 1 plomb Affaire classée sans suite
Viaduc 2018 Maladie 2 plombs  
Buisson 2019 Electrocution    
Europe 2019 Destruction par tir 1 plomb Affaire classée sans suite

Réouverture de l’enquête suite à la requête de la LPO

Lausa 2020 Empoisonnement   En cours
Dolomie 2020 Destruction par tir Une quinzaine de plomb Affaire classée sans suite

 

 

Chasse et pêche : La « chasse traditionnelle » des oiseaux va être de nouveau autorisée

alouette des champs

« À partir de ce week-end, la « chasse traditionnelle » va de nouveau être autorisée en France. Cependant, la querelle entre les pro et les anti-chasse concernant cette pratique n’est pas près de se terminer.

Le Conseil d’État avait annulé plusieurs autorisations de chasse

Pourtant, début août, après avoir été saisi par deux associations de protection des animaux, le Conseil d’État annulait plusieurs autorisations de chasse. Les Sages estimaient que les autorisations ministérielles de chasser les merles noirs, les alouettes des champs, les grives, les pluviers dorés et les vanneaux huppés à l’aide de filets fixés à terre ou de nœuds coulants n’étaient pas « conformes aux exigences du droit européen relatif à la protection des oiseaux ».Ainsi, comme le rappelait le Conseil d’État, une directive européenne datant de 2009 « interdit les techniques qui capturent des oiseaux massivement et sans distinction d’espèce ». Toutefois, ce texte prévoit une dérogation à condition qu’elle soit « dûment motivée et dès lors qu’il n’existe pas d’autre solution satisfaisante pour capturer certains oiseaux ». Et selon les Sages, les autorisations ministérielles ne remplissaient aucune de ces deux conditions.

L’exécutif a lancé des consultations publiques sur la « chasse traditionnelle » des oiseaux

À la suite de cette décision du Conseil d’État, l’exécutif a lancé, jusqu’au 6 octobre, 4 consultations publiques afin de connaître l’avis des Français sur 8 projets de loi visant à permettre la capture de 106 500 alouettes des champs, 5 800 grives et merles, 1 200 vanneaux huppés et 30 pluviers dorés.

Cette phase étant terminée, Le Parisien révèle que la publication de ces textes au Journal officiel doit avoir lieu d’ici vendredi. Ainsi, selon le quotidien, le ministère a mis en avant une « absence de solution alternative », la faible « quantité » des oiseaux chassés et leur « sélectivité ». Ces arrêtés précisent également que des contrôles seront effectués. En tout, 113 530 oiseaux sauvages pourront donc être chassés, dès samedi.

La LPO devrait demander la suspension immédiate de ces arrêtés

Et si la Fédération nationale des chasseurs (FNC) se réjouit de cette décision et de pouvoir « chasser selon ces méthodes », la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) avait vivement critiqué la décision de l’exécutif de lancer des consultations publiques.

Dans un communiqué datant du 16 septembre, la LPO annonçait que si ces arrêtés étaient publiés au Journal Officiel, elle demanderait « leur suspension immédiate devant le Conseil d’État ». La Ligue pour la protection des oiseaux rappelait également que l’alouette des champs était classée en « préoccupation mineure » et le vanneau huppé en « quasi menacé » sur la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) en France.

Source : Démarches administratives  »

L’humeur de Philippe Guerlet :

Jusqu’où ce gouvernement va-t’il se prostituer auprès du lobby des chasseurs pour gagner le million de voix promises pour les prochaines présidentielles ?

Il n’ y a vraiment pas d’autre combat et priorité dans notre pays (crise sanitaire peut-être ?) que d’aller à l’encontre de la Communauté Européenne, du Conseil d’Etat, des associations, des scientifiques et de l’opinion publique ???

A vomir !

 

ASPAS :Newsletter – Septembre 2021

aspas
 
Parmi nos actualités ce mois-ci, des centaines d’oiseaux sauvés des fusils dans les Antilles, une pétition pour interdire la chasse en période de brame, une consultation publique contre les chasses traditionnelles, et le témoignage d’éleveurs qui cohabitent en paix avec le loup. Bonne lecture !

chasse_aux antilles

 
SUSPENSION DE LA CHASSE POUR 3 OISEAUX DES ANTILLES

Vendredi 10 septembre, suite à un recours déposé par trois associations dont l’ASPAS, la justice a suspendu en urgence la chasse de trois espèces menacées dans les Antilles, à savoir : la Barge hudsonienne, le Pigeon à cou rouge et la Colombe rouviolette. Des centaines d’oiseaux sont donc sauvés des fusils : une excellente nouvelle pour la biodiversité ! >> En savoir plus

 

chasse pendant le brame
STOP À LA CHASSE PENDANT LE BRAME !

Attendu avec trépidation chaque année par de nombreux passionnés, le brame des cerfs est l’un des plus beaux spectacles offerts par la nature. Malheureusement, cette période ô combien sensible pour ces magnifiques Rois des forêts attire aussi des chasseurs de trophées… Or aucune loi nationale n’interdit la chasse en période de brame, et l’Office National des Forêts (ONF) encourage même cette pratique scandaleuse dans certaines forêts domaniales, car elle leur rapporte de l’argent !
>> En savoir plus et signer la pétition

non aux chasses"traditionnelles"
non aux chasses »traditionnelles »
 
DITES NON AUX CHASSES TRADITIONNELLES RÉAUTORISÉES PAR LE PRÉSIDENT MACRON !

Interdites par le Conseil d’État, suite à un recours juridique porté par la LPO et One Voice, les chasses traditionnelles (filets, pantes, matoles), s’apprêtent pourtant à être à nouveau autorisées en France ! Opposons-nous massivement aux projets d’arrêtés en participant aux consultations publiques jusqu’au 6 octobre prochain. >> Participer

cohabiter avec le loup
« ON A FAIT LE CHOIX DE COHABITER AVEC LE LOUP »

Confrontés à la présence du loup depuis plus de 25 ans, Ingrid et André élèvent 400 moutons au col de Sagnes, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Suite à des prédations importantes sur leur cheptel en 2010, ils ont décidé de tout mettre en œuvre pour se prémunir de nouvelles attaques. Pari gagné ! Aujourd’hui, leur modèle de protection suscite la curiosité d’autres éleveurs mais aussi de l’administration. >> Voir leur témoignage

 

réintroduire le renard
Renard roux (Vulpes vulpes)
LES PÉPINIÈRES GRADILIS DEMANDENT AU PRÉFET DE RÉINTRODUIRE DES RENARDS !

Confrontés à des dégâts de lapins, les arboriculteurs de l’Hérault ont fait part de leur détresse au préfet, lors d’une rencontre début septembre à Mudaison. C’est là que le président de Gradilis – 2e pépinIériste de France – aurait proposé de relâcher des renards pour une régulation naturelle des petits herbivores ! Nos bénévoles locaux ont alors mené l’enquête : l’absence de petits prédateurs serait liée au piégeage intensif mené par les chasseurs dans les communes limitrophes… >> En savoir plus

 

 

Une aigrette garzette vaut 1 euro !!!

Aigrette garzette les ailes déployées

1 euro de réparation pour le tir d’une aigrette !

Il avait prétendu confondre une aigrette garzette (oiseau au plumage blanc) avec un Grand cormoran (au plumage… noir !). Gilbert Limandas, chasseur, pisciculteur et ancien administrateur de l’ONCFS*, ignorait que des agents de la police de l’environnent surveillaient la zone lorsqu’il a abattu d’un coup de fusil cet oiseau protégé, sur un étang de la Dombes (Ain), en avril 2019.

Si les inspecteurs ont correctement effectué leur travail, en dressant un procès-verbal contre leur ancien patron, le parquet de Bourg-en-Bresse a préféré quant à lui classer l’affaire sans suite, le 19 août 2019 ! Gilbert Limandas, également ancien administrateur de la FNSEA et ancien président de la Chambre d’agriculture, a reçu un simple rappel à la loi, invoquant pour sa défense une « malheureuse coïncidence »… Si aigrette garzette et Grand cormoran ont une taille similaire, leur bec est très différent mais surtout : l’un est intégralement blanc, l’autre complètement noir !

Grand cormoran © M. Quiot

grand_cormoran

Propriétaire de plusieurs étangs, Gilbert Limandas bénéficiait d’une autorisation individuelle de tirs de Grands cormorans délivrée par la préfecture de l’Ain. Ces oiseaux protégés, qui se nourrissent de poissons, sont la bête noire des pisciculteurs dont certains, plutôt que de miser sur les mesures de protection, préfèrent souvent la solution de l’abattage… D’autres oiseaux au régime poissonneux peuvent ainsi être inquiétés par le braconnage, comme les balbuzards, les hérons… et les aigrettes.

Ayant pris connaissance de ce scandale judiciaire grâce à un article du Canard Enchaîné publié le 11 septembre 2019, l’ASPAS a décidé d’attaquer le contrevenant au pénal aux côtés de la LPO et de FNE Ain (rappelons que la destruction d’une espèce protégée est passible de 150 000 euros d’amende et de 3 ans d’emprisonnement !). Après deux ans d’attente, le verdict est enfin tombé le 16 septembre 2021 : Gilbert Limandas est condamné à verser 1€ symbolique (!) en réparation du préjudice moral à chacune de nos associations, et seulement 250 € d’amende versé à l’Etat pour destruction d’espèce protégée.

Son fusil sera détruit, en revanche son permis de chasse ne lui sera pas retiré… Le juge n’a pas non plus retenu la circonstance aggravante d’avoir eu des responsabilités importantes au sein de la police de l’environnement.

Notons que le clientélisme dont semble bénéficier M. Limandas a également troublé la Fédération Départementale des Chasseurs de l’Ain, qui avait choisi de ne pas se porter partie civile.

* ONCFS : Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, devenu depuis 2019 l’OFB (Office Français de la Biodiversité).

Cet article 1 euro de réparation pour le tir d’une aigrette ! est apparu en premier sur ASPAS : Association pour la Protection des Animaux Sauvages.

 

LPO : MOBILISATION GÉNÉRALE : NON au retour des chasses traditionnelles !

alouette_des_champs

Jusqu’au 6 octobre, merci de participer massivement aux 4 consultations publiques sur les 8 projets d’arrêtés ministériels visant à rétablir plusieurs pratiques de piégeage “traditionnel” pour tuer 106 500 alouettes, 1 200 vanneaux, 30 pluviers, 4 800 merles et grives
au cours de la saison de chasse 2021-2022.

Pour accéder aux liens vers les consultations en ligne :

Consultation publique sur les projets d’arrêtés relatifs à la capture de 98 702 alouettes des champs au moyen de pantes dans les Landes, la Gironde, le Lot-et-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques

Consultation publique sur les projets d’arrêtés relatifs à la capture de 7 798 alouettes des champs au moyen de matoles dans les Landes et le Lot-et-Garonne

Consultation publique sur le projet d’arrêté relatif à la capture de 1 200 vanneaux huppés et 30 pluviers dorés au moyen de tenderies aux filets dans les Ardennes

Consultation publique sur le projet d’arrêté relatif à la tenderie de 5800 grives et merles noirs dans les Ardennes

Le site des consultations sature fréquemment en cas de trop nombreuses connections simultanées et il faut parfois persévérer ou recommencer à un autre horaire. Il est également important de ne pas simplement copier-coller des argumentaires existants car seuls les avis individuels originaux sont pris en compte.

Le but du gouvernement étant de laisser le Conseil d’État statuer à nouveau sur la base d’un nouvel argumentaire rédigé par les chasseurs eux-mêmes, une opposition massive lors de la consultation publique est essentielle pour peser sur la décision. D’autant plus que les fédérations de chasse mobilisent également de leurs côtés.

Le 6 août dernier, le Conseil d’État avait pourtant annulé les arrêtés ministériels qui avaient autorisé les années précédentes le piégeage de plus de 110 000 oiseaux sauvages. Qu’importe, Emmanuel Macron ordonne à sa Ministre de l’écologie de désavouer la plus haute juridiction française en prenant des arrêtés exactement similaires.

La chasse à la glu a scandalisé les Français avant d’être enfin interdite en juin dernier. Qu’importe, Emmanuel Macron prolonge l’emploi de matoles, de pantes et de la tenderie, pratiques moins connues mais tout aussi révoltantes.

A Marseille vient de s’achever le Congrès mondial de l’Union internationale de conservation de la nature où le Président français a clamé sa détermination à porter les enjeux de protection de la biodiversité. Qu’importe, Emmanuel Macron planifie quelques jours plus tard le piégeage archaïque de milliers d’oiseaux sauvages.

Décimée par l’agriculture intensive, l’Alouette des champs a perdu 35% de ses effectifs au cours des 15 dernières années. Qu’importe, Emmanuel Macron veut tout de même permettre aux chasseurs du Sud-Ouest d’en tuer 106 500 de plus pour s’amuser.

Les scientifiques nous alertent sur le risque d’extinction massive des espèces sauvages. Qu’importe, Emmanuel Macron réduit la biodiversité à une monnaie d’échange électoraliste afin de satisfaire les fédérations de chasseurs qui ont manifesté le 18 septembre dans plusieurs régions de France et font les yeux doux à un des ses principaux rivaux à l’élection présidentielle.

Le 1er janvier prochain la France prendra la présidence de l’Union Européenne. Qu’importe, Emmanuel Macron veut reprendre des arrêtés que la Cour de justice de l’UE a déjà jugé contraires à la législation communautaire.

Emmanuel Macron semble considérer que les 90% de ses concitoyens qui sont opposés aux chasses traditionnelles constituent une majorité silencieuse sans importance. Qu’importe, prouvons lui qu’il a tort !

Une louve pendue : FERUS porte plainte

louve pendue

Ce matin 24 septembre, le cadavre d’une louve fraîchement abattue a été retrouvé pendue à la devanture de la mairie de Saint-Bonnet-en-Champsaur (Hautes-Alpes).

FERUS va porter plainte pour destruction d’espèce protégée.

Cet acte ignoble est une première en France. Il est l’aboutissement normal de l’impunité accordée aux exactions et violences perpétrées depuis tant d’années par les anti-loups et anti-ours. Les pouvoirs publics sont autant responsables que ceux qui ont tué et pendu cette louve.

Si rien n’est fait, quelle sera la prochaine étape de ces hors-la-loi ?

Voir également l’article du Midi Libre

Une louve a été retrouvée pendue devant la mairie de Saint-Bonnet-en-Champsaur (Hautes-Alpes) vendredi 24 septembre. L’animal aurait été tué par balles puis placé ensuite devant l’édifice public. 

Une louve vient d’être retrouvée morte, pendue et tuée par balles devant la mairie du petit village de Saint-Bonnet-en-Champsaur dans les Hautes-Alpes ce vendredi 24 septembre.

« Réveillez-vous, il est déjà trop tard »

Selon le procureur de la république cité par Le Dauphiné, c’est la personne en charge du ménage du bâtiment qui a retrouvé la pauvre bête pendue. D’après les premiers éléments, la mort serait « très récente » car le sang coulait encore. Il apparaît clairement que l’animal a été braconné. Une balle a été découverte dans le corps de la bête. Une banderole revendicative a aussi été déposée à côté du corps : « Réveillez-vous, il est déjà trop tard ». 

Le parquet de Gap a ouvert une enquête pour déterminer avec précision les circonstances de la mort de cette espèce protégée. La gendarmerie locale et l’Office français de la biodiversité sont en charge des investigations. Selon BFM-TV, les « techniciens de l’identification criminelle » sont sur place ce vendredi matin pour effectuer des relevés. 

Une pression se ferait-elle sentir? et des réponses et commentaires

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La fédération des chasseurs des Hauts-de-France appelle à une manifestation à Amiens le 18 septembre

W-Schraen

 

Les chasseurs se réunissent contre l’avis défavorable formulé par le Conseil d’État, le 6 août dernier, sur la pratique des chasses traditionnelles. Il n’est plus possible d’utiliser des filets pour capturer des oiseaux, dont les vanneaux huppés, pluviers dorés, alouettes des champs, grives et merles noirs, puisque plusieurs autorisations ont été annulées par l’instance.

Le Conseil d’État a jugé illégales le 6 août plusieurs techniques traditionnelles de chasse d’oiseaux utilisées dans les Ardennes et dans le Sud-Ouest et a annulé plusieurs arrêtés autorisant ce type de chasse, notamment à l’aide de filets ou de cages.

La plus haute juridiction administrative juge que les autorisations délivrées par le gouvernement ne sont pas conformes au droit européen. « Le seul motif de préserver ces méthodes de chasse dites ’traditionnelles’ ne suffit pas à les autoriser », a décidé l’institution.

Une décision saluée par les associations de protection des animaux mais vivement critiquée par les chasseurs, comme Willy Schraen. Sur franceinfo vendredi 6 août, le président de la Fédération nationale des chasseurs originaire du Pas-de-Calais estime que « ce n’est pas de la chasse, c’est de l’art »(SIC, ndlr). Il indique qu’il se « battra jusqu’au bout » pour ces « chasses populaires ».

Appel à la démission de Barbara Pompili

En réaction à cette décision judiciaire, considérée comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase, la Fédération régionale des chasseurs des Hauts-de-France a rédigé un communiqué daté du 18 août, repéré par le Courrier Picard. Les cibles sont clairement identifiées : « Mesdames Abba et Pompili à la chasse, c’est comme mettre un végan à l’agriculture et à la pêche ». Bérangère Abba et Barbara Pompili étant respectivement secrétaire d’État chargée de la biodiversité et ministre de la Transition écologique, donc en charge de la chasse.

LA MANIF

Pour défendre la chasse et la ruralité, des dizaines de milliers de personnes manifestent en France

Mais non, on n’emmerde pas les ruraux (comme dénoncé ci-dessous), on emmerde les chasseurs qui défilent avec des pancartes aussi débiles. Pas pareil…

manifestants pour la chasse

Chasseurs souvent urbains d’ailleurs.  Il n’y qu’à voir les plaques minéralogiques des Range qui se ruent en Sologne le week-end….Par ailleurs 36% de permis sont détenus par des cadres et profession libérale, contre 8% par des agriculteurs…

Et puis nous aussi nous aimons et défendons les traditions et la culture : carnaval de Dunkerque, marché de Noël de Strasbourg, joutes nautiques de Sète, penas de Bayonne, folklore Breton : aucun mort à déplorer, pas une goutte de sang (sauf mec bourré qui tombe sur le front)

Quant à l’art de vivre “repas arrosé, ballade en forêt avec les petits-enfanst et les chiens”, ça marche aussi sans fusil !

Bref, de grâce, arrêtez de vous réfugier derrière de fausses valeurs et excuses pour justifier votre soif de sang, votre envie viscérale de fuir le foyer conjugal ne fusse qu’une matinée, et votre besoin frénétique de boire un coup avec le pote de boutanche !

Philippe Guerlet

Ceci étant dit, voici l’article du Monde :

Ils jugent le « monde rural menacé » et les « traditions en danger ». A Mont-de-Marsan (Landes), comme à Amiens (Somme) et Redon (Ille-et-Vilaine), plusieurs milliers de personnes ont manifesté, samedi 18 septembre, pour défendre les chasses traditionnelles d’oiseaux, jugées illégales par le Conseil d’Etat. D’autres rassemblements étaient organisés à Caen (Calvados), Charleville-Mézières (Ardennes) et Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence).

Au son des bandas et cors de chasse sous une pluie battante à Mont-de-Marsan, emmenés par des piboles (petites trompes) à Redon, soutenus par des élus locaux comme le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, à Amiens, des marées orange fluo – de la couleur des vestes des chasseurs – ont envahi les rues.

En août, le Conseil d’Etat a jugé plusieurs techniques de chasse avec des filets (pantes, tenderies) ou des cages (matoles) contraires à la directive européenne « oiseaux » de 2009, qui interdit les techniques de capture massive d’oiseaux sans distinction des espèces capturées. La justice avait déjà jugé illégale, en juin, la chasse à la glu, qui consiste à piéger des merles et des grives sur des tiges enduites de colle, mais qui conduit à capturer aussi d’autres espèces d’oiseaux.

Un électorat très courtisé

Dans la semaine, le gouvernement a toutefois mis en consultation plusieurs arrêtés pour autoriser à nouveau certaines de ces chasses, au grand dam des défenseurs de l’environnement. Une mesure interprétée comme un geste envers cet électorat très courtisé.

« Il y a des enfants, des femmes, toutes les générations… Les chasseurs ont été le détonateur, mais toute la ruralité est là », s’est félicité le directeur de la Fédération des chasseurs des Landes, Régis Hargues, à Mont-de-Marsan, où un peu plus de 16 000 personnes ont manifesté selon la préfecture.

Myriam, une Landaise, épouse de chasseur et de gaveur de palmipèdes, amatrice de corrida, veut pouvoir « transmettre ces traditions » aux jeunes générations. « Ce n’est pas que la chasse, c’est tout un art de vivre », glisse-t-elle. « Que les urbains nous foutent la paix ! », dit un homme à côté d’elle. « J’en ai marre de voir ma culture partir en lambeaux. On a déjà éradiqué ma langue, le gascon, maintenant ce sont les chasses traditionnelles, à l’alouette, la palombe… », déplore Eric, Landais de 47 ans, qui en a assez des « idéologues de la capitale ».

« J’accompagne mon père quand je peux avec mon petit frère de 12 ans. J’aime voir le travail des chiens et j’apprécie d’être en famille. C’est aussi un moment où on décompresse, où on communie avec la nature », explique Jérôme Delalande, un chasseur de 42 ans venu de Loire-Atlantique jusqu’à Redon pour manifester. Dans cette ville, ils étaient 10 000 manifestants selon la gendarmerie, 12 000 selon les chasseurs.

« Arrêtez d’emmerder les ruraux »

Partout, les agriculteurs défendaient aussi leurs traditions. Comme à Redon, où Catherine Lallié, pour la Coordination rurale, a déclaré : « Les végétariens et les végans n’ont pas à faire la police de l’alimentation. On se sent abandonnés par notre gouvernement et nos élus… »

« Pompili, casse-toi ! », « Pompili, t’as rien compris, la chasse c’est toute ma vie », « Arrêtez d’emmerder les ruraux », pouvait-on lire sur des pancartes à Amiens, fief électoral de la ministre de la transition écologique où 12 000 chasseurs, pêcheurs et agriculteurs ont crié leur colère, selon les chiffres de la préfecture.

« Il faut respecter la ruralité et les ruraux », y a affirmé M. Bertrand, candidat à la présidentielle, interpellant Emmanuel Macron :

« Il dit qu’il soutient les chasses traditionnelles, mais son gouvernement fait le contraire. Il faut arrêter le “en même temps”, qui est une blague hypocrite, qui est de chercher à faire plaisir à tout le monde. Dans la vie, il faut faire des choix et avoir des convictions ! Moi, je suis aux côtés des ruraux. »

« On a en face de nous des démagogues. On ne demandera jamais à un végan de manger de la viande, qu’on nous foute la paix ! Qu’on nous laisse vivre », a lancé à la foule le président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, appelant à la création d’un grand ministère de la ruralité, « pour s’y sentir enfin chez nous ».

DEUXIÈME RÉPONSE

Chez soi dans la ruralité ?

Blog : Miscellanées MÉDIAPART

Soyons clair ! Etre rural, c’est être chasseur, faire vivre des traditions, perpétuées de générations en générations par les anciens, rendre heureuse sa femme qui plumera les alouettes au retour, et tout ce qui n’est pas d’accord avec ça, c’est du citadin, forcément. Non contents d’avoir sillonné les chemins de campagne le fusil en bandoulières lors des derniers confinements…

 

Non contents d’avoir sillonné les chemins de campagne le fusil en bandoulières lors des derniers confinements, sous les yeux de ceux qui les observaient déconcertés et envieux derrière leurs fenêtres, passant pour des idiots qui respectaient les règles, eux qui n’étaient pas du clan, de celui où l’on a le réseau assez large pour bénéficier de l’indulgence des gendarmes lors d’un contrôle où le faciès se joue en fonction du nombre de cousins qu’on dans le coin,

Non contents d’être les rois des sentiers de septembre à mars, d’occuper les lieux de promenade avec leur pancarte « attention chasse en cours », qui ne précise pas si l’on risque sa vie à emprunter le chemin départemental pour rentrer le soir à son domicile, de donner des frissons mortifères aux balades à vélo lorsqu’on voit au loin des gilets orange ou jaunes et qu’on entend dans le brouillard siffler des balles ( dont on apprend par ailleurs qu’elles peuvent parcourir des kilomètres et toujours ainsi provoquer des sérieux dégâts),

Non contents de voir le gouvernement s’apprêter à ré-autoriser certaines chasses jugées illégales,

Non contents d’avoir vu le prix de leur permis baisser de 400 à 200 euros en 2018,

les voici maintenant qui manifestent par milliers et s’arrogent une ruralité du chez soi, ce chez soi d’où l’on n’est pas du tout pour peu que l’on soit passé par la ville, alors que l’exode rural n’est pas loin au point d’effacer chez les citadins les grands-pères ou grands-mères ruraux, qui n’étaient pas tous, loin de là ! des chasseurs. Et des chasseuses encore moins! car on a beau trouver des femmes dans les rangs des acharnés de la chasse, leur place est plus généralement au plumage ou à la battue qu’au tir ou à la glu.

« Qu’on nous laisse vivre !  » L’appel du président de la Fédération nationale des chasseurs Willy Schraen, appelant à la création d’un grand ministère de la Ruralité,, « pour s’y sentir enfin chez nous »,  a été relayé dans les médias sans aucune mise en perspective ni parole offerte en contrepartie aux millions de gens habitant dans les campagnes et qui ne chassent pas. 

Il serait pourtant intéressant d’entendre des témoignages de ces cueilleurs promeneurs qui voient ces grands connaisseurs et amis de la nature enfermer leurs chiens dans quelques mètres carrés. Que dire encore des haies taillées certes pour rendre service, mais en pleine période de nidification ou au beau milieu de la saison des mûres ? Et de ces chemins ravagés par les quads pour aller plus facilement dans les bois « entretenir les terrains » et « préserver la nature ». 

Quant à ces faits-divers documentés sur les réseaux sociaux de chasseurs traquant des biches ensanglantées jusque devant la porte de résidents  (mais sans doute non ruraux et donc nulle part chez eux car ni chasseurs ni traditionalistes acharnés), de jeune homme écolo et néo-rural abattu par une balle perdue, de morts par balle alors qu’ils circulaient sur une autoroute en bordure de zone de chasse, pourquoi ne sont-ils pas opposés à la parole envahissante de ces chasseurs qui sont déjà bien assez chez eux !? 

Il serait temps de modérer un peu les propos de ces chasseurs tout permis et de leur montrer l’immensité de leurs avantages dans un territoire qu’ils doivent bien penser à partager, non seulement avec les citadins en visite mais aussi avec les autres ruraux qui ne leur ressemblent pas. On ne peut ainsi s’arroger tout un territoire et il est bien trop facile de diviser les gens de manière caricaturale en rangeant d’un côté les bons ruraux et de l’autre les faux ruraux. Ou alors autant ré-écouter le sketch des Inconnus ! 

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Le gouvernement veut autoriser à nouveau des chasses traditionnelles d’oiseaux jugées illégales par le Conseil d’État

grive musicienne

Une grive musicienne, dans les Hautes-Pyrénées, le 22 juin 2021.  (LILIAN CAZABET / HANS LUCAS / AFP)

En août, le Conseil d’Etat annulait plusieurs autorisations de chasse d’oiseaux délivrées par le ministère de la Transition écologique jugeant qu’elles n’étaient « pas conformes aux exigences du droit européen relatif à la protection des oiseaux ».

Article rédigé par

franceinfo avec AFP

Publié le 15/09/2021

Après une décision du Conseil d’Etat jugeant plusieurs techniques de chasse traditionnelles d’oiseaux illégales, le gouvernement a mis mercredi 15 septembre plusieurs arrêtés en consultation pour permettre certaines de ces chasses, faisant valoir qu’elles respectent bien le droit européen.

Début août, le Conseil d’Etat annulait plusieurs autorisations de chasse des vanneaux huppés, pluviers dorés, alouettes des champs, grives et merles noirs avec des filets (pantes, matoles) ou de cages (matoles), jugeant « que ces autorisations délivrées par le ministre chargé de l’Environnement ne sont pas conformes aux exigences du droit européen relatif à la protection des oiseaux ».

La directive européenne « oiseaux » de 2009 interdit les techniques de capture massive d’oiseaux sans distinction d’espèces. Une dérogation est possible « à condition d’être dûment motivée et dès lors ‘qu’il n’existe pas d’autre solution satisfaisante’ pour capturer certains oiseaux », rappelait le Conseil d’Etat.

Huit arrêtés mis en consultation par le ministère de la Transition écologique

Après cette décision et à trois jours de manifestations de chasseurs prévues dans plusieurs départements, le ministère de la Transition écologique a mis à consultation huit arrêtés pour la saison de chasse 2021-2022 jusqu’au 6 octobre.

Ils concernent la capture à la tenderie des vanneaux et pluviers dorés dans les Ardennes, la capture d’alouettes des champs avec des pantes dans les Pyrénées-Atlantiques, le Lot-et-Garonne, les Landes et la Gironde, la capture d’alouettes des champs à la matole dans les Landes et le Lot-et-Garonne et la capture à la tenderie aux laçets de grives et de merles noirs dans les Ardennes. Il s’agit de « sortir par le haut du débat sur les chasses traditionnelles en permettant au juge de se prononcer définitivement sur leur conformité au cadre légal européen sur la préservation des oiseaux », fait valoir le ministère.

« Les nouveaux arrêtés en préparation demeurent illégaux et la LPO demandera leur suspension immédiate devant le Conseil d’Etat si jamais ils sont signés », a immédiatement réagi la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux). Les populations d’oiseaux des villes et des champs se sont effondrées en France à cause des activités humaines, alertent les scientifiques. Pour la LPO, il s’agit de « satisfaire les lobbies cynégétiques à l’approche de l’élection présidentielle ». « Chasser hors du cadre légal, c’est braconner », assène son président Allain Bougrain Dubourg dans un communiqué.

 

Le gouvernement interdit la chasse à la tourterelle des bois

chasse de la tourterelle des bois

Par Sciences et Avenir avec AFP le 28.08.2021 à 09h38, mis à jour le 30.08.2021

La tourterelle des bois a vu sa population divisée par cinq en 40 ans en Europe, d’après les scientifiques.

Le gouvernement interdit la chasse à la tourterelle des bois, oiseau dont la population s’est effondrée en Europe

AFP/Archives – RENE JEAN

Le gouvernement a interdit le 28 août 2021 la chasse à la tourterelle des bois, oiseau dont la population s’est effondrée en Europe, et qui avait été protégé par le Conseil d’Etat en 2020.

Une population divisée par cinq en 40 ans

« Jusqu’au 30 juillet 2022, la chasse de la Tourterelle des bois (Streptopelia turtur) est suspendue sur l’ensemble du territoire métropolitain« , indique un arrêté du ministère de la Transition écologique au Journal officiel le 28 août. Cet oiseau migrateur a vu sa population divisée par cinq en 40 ans en Europe, d’après les scientifiques. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) – dont le congrès se réunit vendredi prochain à Marseille – l’a placé en « liste rouge » des espèces « vulnérables ». Pour autant, le gouvernement avait autorisé le tir de 17.460 individus en août 2020, avant que le Conseil d’Etat, le mois suivant, ne suspende l’arrêté.

La LPO satisfaite

Pour la campagne de chasse 2021, le gouvernement avait déjà fait savoir en juillet qu’il projetait d’interdire tout abattage. La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) s’en disait satisfaite. « On voit mal comment la France aurait pu continuer à laisser chasser cette espèce à l’agonie« , écrivait-elle dans un communiqué. Mais elle déplorait que « cette suspension ne soit pas prise pour cinq ans au moins, l’espèce n’ayant aucune chance de retrouver un état satisfaisant de conservation à court et moyen terme« . La LPO avançait ainsi que ses observateurs à la pointe de Grave, en Gironde, avaient dénombré l’arrivée de moins de 4.000 tourterelles des bois au printemps 2021, contre 44.000 au printemps 2004. La Fédération nationale de la chasse (FNC) soutient cette chasse au nom de la défense des chasses traditionnelles.

 

ASPAS: Newsletter – Juillet 2021

aspas

Newsletter – Juillet 2021

Le travail de fond de notre inlassable service juridique et les collaborations inter-associatives continuent de porter leurs fruits ! Parmi les actualités du mois de juillet, retrouvez nos victoires juridiques pour les animaux persécutés et mal-aimés, du blaireau au renard en passant par les corvidés ! L’ASPAS, toujours au front et ça paye ! Bonne lecture.

UNE VICTOIRE PORTEUSE
D’ESPOIR POUR LES BLAIREAUX

Saisi par l’ASPAS et AVES, le tribunal administratif de Poitiers a suspendu en urgence, le 27 juillet, les périodes complémentaires de vénerie sous terre autorisées par le préfet de la Vienne. Si la route est encore longue pour voir disparaître la pratique cruelle du déterrage, cette décision de justice marque un pas vers une meilleure prise en compte de l’animal sauvage, de sa biologie et de son comportement. >> En savoir plus

En parallèle, nos associations avaient dévoilé au début du mois de juillet la carte de France de l’horreur. Dans une grande majorité de départements, des chasseurs peuvent légalement arracher des familles entières de blaireaux de leur terrier pour les tuer, et ce dès le 15 mai chaque année si le préfet l’autorise.

JUGEMENT « NUISIBLES » : QUELQUES AVANCÉES
MAIS BEAUCOUP D’ABERRATIONS !

La décision tant attendue du Conseil d’État, tombée le 7 juillet 2021, offre un an de répit à certains animaux sauvages dans certains départements ! Hélas, beaucoup d’autres demandes de déclassement ont été retoquées par le juge, parfois de façon assez illogique et incompréhensible. >> En savoir plus

Vercors Vie Sauvage

TIRS DE RENARDS DANS L’OISE : DES ARRÊTÉS
ILLÉGAUX RETIRÉS GRÂCE À AVES ET L’ASPAS

La préfecture de l’Oise a été obligée de faire machine arrière face à la vigilance d’Aves France et de l’ASPAS ! La raison ? La dissimulation de la publication d’arrêtés illégaux concernant les tirs de nuit du renard, pour empêcher toute tentative de contestation ! >> En savoir plus

EURE : LES BATTUES
ANTI-CORVIDÉS JUGÉES ILLÉGALES

En janvier 2020, le préfet de l’Eure avait autorisé les lieutenants de louveterie à procéder, jusqu’au 31 décembre 2020, à des battues administratives de jour et à des tirs de nuit pour permettre, sur l’ensemble du département, la « destruction » de corbeaux freux, de corneilles noires et d’étourneaux sansonnets. Attaqué par l’ASPAS, le texte a été annulé le 25 juin 2021 par une décision du tribunal administratif de Rouen, qui vient alimenter la jurisprudence en faveur de ces animaux étonnants encore trop victimes de préjugés ! >> En savoir plus et lire la décision de justice

 

RENCONTRONS-NOUS

La liste des évènements à venir continue de s’étoffer et l’ASPAS est toujours à la recherche de bénévoles pour animer certains stands.

Amateur ou amatrice de relations humaines et convaincu.e par les valeurs de sensibilisation de l’association, n’hésitez pas à consulter l’agenda des évènements en région et nous écrire à actions@aspas-nature.org.

De manière plus urgente l’ASPAS à besoin de volontaires pour :

Le festival de l’écologie à Saint-Michel-de-Chabrillanous (07) le 21 et 22 août, au forum des associations à Ventabren (13), ainsi que pour Vivre Nature à Toulouse (31) le premier week-end de septembre.

 

À PARAÎTRE : GOUPIL N°146,
LE MAGAZINE DE L’ASPAS

Le dossier de ce numéro est consacré au chamois, ongulé gracieux et élégant, capable de s’autoréguler, ne faisant aucun dégât, mais qui subit pourtant une forte pression de chasse. Au sommaire également : des milliers d’animaux « nuisibles » sauvés du piégeage, nos actions en faveur des blaireaux et des renards, notre campagne contre la cruelle chasse en enclos, nos dernières victoires juridiques, sans oublier les dernières actualités de nos Réserves de Vie Sauvage®. >> Voir le sommaire

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LA QUESTION DU MOIS

J’ai vu une personne pêcher des grenouilles, en a-t-elle le droit ? Et de les manger ? De les vendre ? >> Lire la réponse

 

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