Antarctique : un iceberg de 1500 kilomètres carrés s’est détaché d’une barrière de glace

énorme iceberg

Par Anne-Sophie Tassart

En Antarctique, un iceberg de 1550 kms’est détaché de la Barrière de Brunt, une barrière de glace. Le changement climatique ne serait pas en cause, selon les experts.

La silhouette de l’Antarctique a une nouvelle fois changé : un énorme iceberg de plus de 1500 kms’est détaché de la Barrière de Brunt, une barrière de glace.

L’événement s’est produit le 22 janvier 2023, entre 20h et 21h, heure française. Des fissures s’étaient développées naturellement au cours des dernières années sur l’immense structure glacée de 150 mètres d’épaisseur. « L’iceberg a vêlé (le vêlage correspond à la rupture d’une barrière de glace conduisant aux détachements d’icebergs, ndlr) lorsque la fissure connue sous le nom de Chasm-1 s’est complètement étendue à travers la banquise, explique dans un communiqué publié le 23 janvier 2023 la British Antarctic Survey (BAS), organisme britannique dédié à la recherche en Antarctique, et dont l’une des stations de recherche est située sur la barrière. La rupture est le deuxième vêlage majeur de cette zone au cours des deux dernières années et a eu lieu une décennie après que les scientifiques du British Antarctic Survey ont détecté pour la première fois la croissance de vastes fissures dans la glace« . 

L’iceberg qui s’est détaché mesure 1550 km2 soit la taille de la région du Grand Londres. Pour rappel, Paris couvre une superficie de 105 km2. « Cet événement de vêlage était attendu et fait partie du comportement naturel de la Barrière de Brunt. Il n’est pas lié au changement climatique« , a commenté le professeur Dominic Hodgson, glaciologue à la BAS. L’organisme mesure avec précision l’évolution de la banquise, plusieurs fois par jour, à l’aide d’un réseau d’instruments GPS. De cette façon, les scientifiques sont capables de repérer la déformation de la glace et ses déplacements, en s’aidant aussi d’images satellites.

Un risque pour la station de recherche ?

Pour le moment, la station de recherche Halley (la sixième du nom depuis 1956) n’est pas menacée… même si les scientifiques britanniques reconnaissent que les conséquences exactes des événements de vêlage restent difficilement prévisibles, la structure de la barrière étant éminemment complexe. Déjà en 2016, la BAS avait préféré déplacer la station à 23 kilomètres, à l’intérieur des terres. Un an plus tard, décision était prise d’y envoyer du personnel uniquement durant l’été antarctique (entre novembre et mars). 

le graphique

Le graphique montre que Chasm-1 a vêlé un énorme iceberg de la taille du Grand Londres près de la station de recherche Halley VI. Crédit : British Antarctic Survey

« Actuellement, 21 membres du personnel travaillent sur la station pour entretenir les alimentations électriques et les installations qui permettent aux expériences scientifiques de fonctionner à distance tout au long de l’hiver. Leur travail se poursuivra jusqu’à ce qu’ils soient récupérés par avion vers le 6 février« , explique l’organisme.

En 2016, une autre fissure avait été détectée à environ 17 km au nord de la station de recherche sur une route parfois utilisée pour ravitailler Halley. Elle a été baptisée Halloween Crack.

Néonicotinoïdes « tueurs d’abeilles »Une formidable VICTOIRE des écologistes

victoire pour le vivant

 

La France doit retirer immédiatement son projet de nouvelle dérogation autorisant l’usage de néonicotinoïdes !

 
La décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) est tombée ce jeudi fin de matinée : « Les États membres ne peuvent pas déroger aux interdictions expresses de mise sur le marché et d’utilisation de semences traitées à l’aide de produits phytopharmaceutiques contenant des néonicotinoïdes« . Elle intervient à la suite d’une action de PAN Europe dont Générations Futures est membre et François Veillerette, notre porte-parole, est administrateur.

Cette décision intervient alors que le gouvernement français propose d’accorder, pour la troisième année consécutive, une dérogation pour l’usage de néonicotinoïdes en enrobage de semences pour la filière de la betterave sucrière. Le contenu de cette dernière est actuellement mis à la consultation du public jusqu’au 24 janvier. 

Générations Futures s’oppose depuis trois ans et par tous les moyens à cette dérogation. Récemment, nous vous avons demandé de participer massivement à la consultation mentionnée précédemment pour vous y opposer. Nous recensons plus de 2500 participations ! Ces dernières années, nous avons aussi envoyé des courriers au gouvernement, lancé des actions d’interpellation de nos décideurs, intenté des actions en justice, publié des rapports indépendants, organisé des conférences

Nos équipes ont déployé un maximum d’actions pour faire pression et mettre fin à l’usage de ces substances extrêmement dangereuses pour les pollinisateurs, la biodiversité, le vivant. Aujourd’hui, le travail a payé !

Cette décision de la CJUE valide les positions de Générations Futures depuis plus de deux ans contre la dérogation permettant le recours aux néonicotinoïdes et invalide les positions du gouvernement Macron pour une telle dérogation qui s’avère illégale ! Notre association demande au gouvernement de retirer immédiatement sa proposition de nouvelle dérogation en 2023.

Néonicotinoïdes : La France renonce finalement à sa dérogation pour la betterave

La France va renoncer finalement à sa dérogation pour les semences de betterave sucrières.

AGRICULTURE – La France ne fera pas figure d’exception. Ce lundi 23 janvier, le ministre de l’Agriculture a annoncé que l’hexagone renonçait finalement à autoriser les néonicotinoïdes pour les semences de betteraves sucrières, après une décision de la justice européenne jugeant illégale ces dérogations pour ces substances toxiques pour les abeilles.

« Je n’ai aucune intention de balader les agriculteurs et en particulier ceux qui sont inquiets », a déclaré le ministre lors d’un point presse à Paris. Le gouvernement ne proposera donc pas une « troisième année de dérogation sur l’enrobage des semences de betteraves, c’est terminé pour cet élément-là, la décision de la Cour de justice (européenne) est suffisamment puissante pour ne pas instabiliser encore plus le système ».

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a estimé jeudi dernier qu’aucune dérogation concernant les semences traitées aux néonicotinoïdes n’était justifiée, y compris dans les circonstances exceptionnelles invoquées pour protéger les betteraves sucrières.

Les néonicotinoïdes, qui s’attaquent au système nerveux des insectes, sont mis en cause dans le déclin massif des colonies d’abeilles.

La France, premier producteur européen de sucre

Plusieurs substances sont interdites dans l’UE depuis 2018, mais une dizaine de pays ont pris des dérogations pour préserver les rendements sucriers, ces insecticides permettant de lutter contre un puceron vecteur de la jaunisse de la betterave.

La France s’apprêtait à autoriser leur utilisation de manière dérogatoire pour la campagne 2023, après avoir fait de même en 2021 et 2022.

Un projet d’arrêté autorisant cette dérogation était en consultation publique en France, en attendant l’avis du conseil de surveillance des néonicotinoïdes – boycotté par une association et un syndicat agricole qui estimaient le recours systématique à ces insecticides injustifié.

« J’ai convenu avec les représentants de la filière qu’on mettrait en place un dispositif qui permettrait de couvrir le risque de pertes qui serait liée à la jaunisse le temps qu’on trouve les alternatives dont on a besoin », a précisé Marc Fesneau.

Le ministre veut également « faire activer au niveau européen les clauses de sauvegarde pour qu’il n’y ait pas de distorsion de concurrence », alors que la France est le premier producteur européen de sucre.

Le label « HVE » attaqué pour « greenwashing » par des associations

label HVE

Le label, créé en 2012 et qui doit promouvoir l’agriculture bio, est accusé de tromperie par plusieurs associations.

Par Le HuffPost avec AFP

Le label HVE doit promouvoir la protection de l’environnement et l’agriculture biologique (image d’illustration).

ENVIRONNEMENT – Plusieurs associations demandent au Conseil d’État d’interdire le label agricole « haute valeur environnementale » (HVE), accusé de « greenwashing » et de tromperie du consommateur, dans un courrier diffusé ce lundi 23 janvier.

La requête au nom de sept associations de défense des consommateurs, de défense de l’environnement et de promotion de l’agriculture biologique « vise à l’annulation des dispositions réglementaires » mettant en œuvre la HVE. « Elle a été déposée vendredi », a indiqué à l’AFP Nadine Lauverjat, déléguée générale de l’ONG Générations futures.

Ce label, créé en 2012 par l’État français, doit garantir, selon le gouvernement, que les pratiques agricoles d’une exploitation « préservent l’écosystème naturel et réduisent au minimum la pression sur l’environnement (sol, eau, biodiversité…) ». Il suppose par exemple une « réduction » de l’utilisation de pesticides, qui ne sont donc pas interdits, à la différence de l’agriculture biologique.

Pas d’interdiction des pesticides dangereux

Ce label permet d’apposer un logo, sur lequel figure une ferme entourée de champs et d’arbres, surmontée d’un soleil et d’un papillon, qui apparaît régulièrement sur des bouteilles de vin ou des sachets de fruits et légumes. Mais il est régulièrement accusé par ses détracteurs de ne permettre qu’un verdissement de façade.

« Il n’interdit pas l’utilisation des pesticides les plus dangereux, pourtant officiellement reconnus comme nocifs pour la santé humaine », pointent les associations (Fédération nationale d’agriculture biologique, UFC-Que Choisir, SYNABIO, Générations futures, Bio consom’acteurs, Réseau environnement santé et Agir pour l’Environnement).

Elles dénoncent également « le caractère trompeur » du label, dans la mesure où « la promesse d’excellence environnementale sous-entendue par le nom du label et exigée dans la loi n’est toujours pas remplie par le nouveau référentiel ».

« Pour l’obtenir, même pas besoin de respecter des règles environnementales de base, selon la Politique agricole commune (PAC), comme le maintien des haies », souligne encore la Fédération nationale d’agriculture biologique dans Le Parisien.

 

Critères renforcés par Bruxelles

Les critères permettant aux exploitations agricoles d’accéder à la certification avaient été renforcés l’an dernier face aux critiques de Bruxelles, pour pouvoir continuer à bénéficier des subventions de la politique agricole commune européenne (PAC). Mais cela « n’a pas amélioré la situation », dénoncent les requérants.

« Il existe un modèle, certes perfectible, mais qui a l’une des plus hautes performances environnementales : ce modèle s’appelle l’agriculture biologique », soulignent-ils.

Contacté par Le Parisien, le ministère de l’Agriculture se défend : « Le référentiel n’exclut pas toutes les molécules. Toutes les CMR1 [type de substances chimiques], les plus dangereuses, sont interdites, mais on a dû laisser quelques CMR2, notamment pour les vergers ». De plus, ajoute-t-on rue de Varenne, « les viticulteurs nous disent en ce moment que nous avons mis la barre trop haut ».

Crise climatique : la moitié des glaciers du monde condamnés à disparaître

crise climatique

Même avec le scénario le plus optimiste (un réchauffement de la planète d’1,5°C), 49% des glaciers du monde sont condamnés à disparaître d’ici 2100.

Article rédigé par

franceinfo avec AFP

 

Sur cette photo prise le 21 septembre 2021, un bloc de glace dérive après s’être détaché du glacier Nordenskiöld, près de l’archipel de Svalbard, en Norvège. (OLIVIER MORIN / AFP)

La moitié des glaciers sur Terre, notamment les plus petits d’entre eux, sont condamnés à disparaître d’ici la fin du siècle à cause du changement climatique, selon une nouvelle étude publiée dans la revue Science jeudi 5 janvier. En revanche, limiter au maximum le réchauffement de la planète pourrait encore permettre de sauver les autres, estime la publication.

Ces travaux fournissent les projections les plus précises à ce jour sur l’avenir des quelque 215 000 glaciers dans le monde. Les auteurs alertent sur l’importance d’agir sur les émissions de gaz à effet de serre responsables du changement climatique, afin de limiter la fonte de ces glaciers et ses conséquences, notamment sur la montée du niveau de la mer et les ressources en eau.

« Lueur d’espoir »

« Je pense qu’il y a une petite lueur d’espoir et un message positif dans notre étude, car elle nous dit que nous pouvons faire la différence, que les actions comptent », a déclaré Regine Hock, co-auteure de l’étude. La particularité de ces travaux est d’étudier l’effet direct sur les glaciers de plusieurs scénarios de réchauffement de la planète (+1,5°C, +2°C, +3°C et +4°C), afin d’aiguiller au mieux les décisions politiques.

Si la hausse des températures est limitée à 1,5°C par rapport à la période pré-industrielle (soit l’objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris sur le climat) alors 49% des glaciers du monde disparaîtront d’ici 2100. Cette perte représentera environ 26% de la masse totale de glace, car les glaciers les plus petits seront les premiers touchés. Les chercheurs évaluent que le niveau de la mer montera en conséquent d’environ 9 centimètres (une hausse qui s’ajoutera à celle liée par exemple à la fonte des calottes glaciaires).

« Les régions avec relativement peu de glace, comme les Alpes, le Caucase, les Andes ou l’ouest des Etats-Unis, perdent presque toute leur glace d’ici la fin du siècle, quel que soit le scénario d’émissions », explique Regine Hock, professeure à l’université d’Oslo. « Ces glaciers-là sont plus ou moins condamnés. » Si la hausse des températures atteint 4°C, le pire scénario envisagé, alors les plus grands glaciers, par exemple en Alaska, seront davantage touchés. Dans ce cas, 83% des glaciers disparaîtraient, ce qui représente 41% de la masse totale de leur glace, et une hausse de la mer de 15 centimètres.

Cinq initiatives pour ensauvager la ville

fouine au Père Lachaise

Protéger les arbres, végétaliser les toits, développer les friches, restaurer les rivières… Pour ramener la nature en ville, chercheurs et élus ont développé des solutions. Exemples à Lille, Rungis, Saint-Rémy-lès-Chevreuse…

Forêts urbaines, toits végétalisés, restauration de rivière ou introduction d’une « trame noire » favorisant le retour des animaux nocturnes : les villes multiplient les initiatives pour ramener la biodiversité en ville. Car, face au réchauffement climatique et à l’effondrement de la biodiversité, développer les espaces naturels en ville devient indispensable. Les arbres créent des îlots de fraîcheur et améliorent la qualité de l’air. La biodiversité fait aussi du bien au moral : la densité des espaces verts en ville est corrélée au niveau de santé mentale. Les citadins s’y rafraîchissent, s’y promènent, respirent mieux. Scientifiques et élus proposent des solutions efficaces : focus sur cinq d’entre elles.

1 — Repenser la place de l’arbre en ville                                     

Premier objectif : préserver l’existant. En ville, l’urbanisation et le réchauffement climatique menacent les arbres. « Les plus anciens sont particulièrement intéressants », souligne Marc Barra, écologue à l’Agence régionale à la biodiversité Île-de-France (ARB IDF). Leurs cavités en bois mort accueillent nombre d’insectes et ils sont plus robustes, et plus résilients face au changement climatique. Dans une étude parue en septembre dans Nature Climate Change, le chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) Jonathan Lenoir et ses collègues ont estimé qu’entre 56 et 65 % des arbres urbains sont menacés par le réchauffement climatique. En France, ce chiffre pourrait grimper à 71 % à l’horizon 2050. Pour aider les nouvelles plantations et les anciennes générations à mieux résister, il convient de choisir des espèces locales adaptées au contexte climatique, de multiplier les essences d’arbres et d’arbustes et de laisser leur système racinaire se développer au maximum. « Aujourd’hui, ils n’ont généralement que 9 m3 à disposition, déplore Marc Barra. Un chêne a besoin de 25 m3 pour être en bonne santé. »

« Il faut surtout penser l’urbanisme autrement, estime Marc Barra. Laisser la place à la nature — aux arbres et leurs systèmes racinaires — et construire autour, plutôt que de tenter de glisser de la végétation dans les interstices. » Selon le spécialiste, pour que la biodiversité s’épanouisse à l’échelle des quartiers, une étude précise qu’il faudrait consacrer 45 % de l’espace à la nature. Pour cela, « le plan local d’urbanisme (PLU) peut être un outil très ambitieux, les élus peuvent inciter à moins cloisonner, déterminer les zones constructibles ou non, déterminer le retrait des bâtiments, inciter à la pleine terre et à utiliser les toits…,souligne Marc Barra. Les acteurs publics doivent s’en saisir. »

cimetiere-foret

Le cimetière La Forêt de la ville de Blois. Réputée pour son important patrimoine végétal, elle a arrêté les pesticides dès 2008.

Dernière étape, il s’agit de connecter les différents espaces pour créer un réseau écologique : des rues agrémentées d’arbres alignés et de bâtiments aux toitures plus ou moins végétalisées, des espaces verts et des jardins privés arborés. Ces jardins sont souvent omis de la réflexion sur l’aménagement du territoire, note le chercheur. Ils sont pourtant partie intégrante de la biodiversité urbaine. Ils regorgent d’insectes, de papillons ou d’oiseaux. Cette faune locale vient s’y loger, s’y alimenter, s’y reproduire. D’autant plus que depuis 2019, l’usage des pesticides y est proscrit. Pour favoriser le développement de cette faune et flore, des associations créent des corridors écologiques de jardin en jardin pour les petits animaux, en laissant de petits passages dans les murs. « Passer moins la tondeuse, et ne pas hésiter à moins gérer son jardin est aussi intéressant », ajoute Marc Barra. On pourra aussi « aménager des passages sous les routes pour permettre aux animaux de traverser sans se faire écraser ou restaurer la continuité des rivières pour permettre aux poissons de les remonter », propose le chargé de mission pour l’Office français de la biodiversité Fabien Paquier. Autre idée : désimperméabiliser les pieds des arbres pour permettre aux herbes folles de pousser et ainsi d’assurer une connexion pour les pollinisateurs…

2 — Investir les toits

Face au manque d’espace, certaines collectivités envahissent les toits. À Paris, ils représentent une surface de 80 hectares, dont près de la moitié constituent des toits de plus de 200 m2. « Les toitures végétalisées ne remplaceront jamais les espaces au sol, mais elles constituent un bonus de nature en ville », explique Hemminki Johan, chargé d’études à l’ARB IDF. Les espèces qui s’y déploient varient en fonction de la conception : potager, espace de détente ou évolution libre. En outre, les toitures absorbent les eaux pluviales, servent d’isolant thermique, et réduisent les effets d’îlots de chaleur. Les espèces présentes dépendent aussi de l’épaisseur du substrat. L’Agence de l’eau estime qu’il faut au minimum 8 centimètres d’épaisseur pour avoir une bonne rétention d’eau. « Pour une meilleure biodiversité, il faut compter 30 centimètres », ajoute le chercheur.

toit_vegetalise

« Les toitures végétalisées ne remplaceront jamais les espaces au sol, mais elles constituent un bonus de nature en ville. » Wikimedia / CC BY-SA 3.0 / Bertrand Paris Romaskevich

Mais la quête d’espaces urbains pousse à la compétition : depuis la loi Climat et résilience, le Code de l’urbanisme stipule que tout nouveau bâtiment commercial ou entrepôt de plus de 500 m2 doit consacrer 30 % de sa toiture à l’installation des systèmes de production d’énergie renouvelable ou des toitures végétalisées. Idem pour les immeubles de bureaux dont la surface excède 1 000 m2. Les deux activités peuvent toutefois être complémentaires, voire synergiques. À Rungis (Val-de-Marne) par exemple, les panneaux solaires côtoient un couvert de plantes basses. Selon deux études menées en 2021, l’association d’un toit végétalisé et d’une installation photovoltaïque favorise la biodiversité et permet d’accroître la production d’électricité de 6 à 8 % l’été. En effet, les plantes rafraichissent les installations électriques et les panneaux créent de l’ombre propice au développement de certaines plantes.

3 — Des friches en libre évolution plutôt que des miniforêts

Des miniforêts, développées selon la méthode Miyawaki, fleurissent un peu partout sur le territoire. Selon Marc Barra, leur intérêt pour la biodiversité est limité car elles introduisent souvent des espèces non locales dans un espace restreint. Sans parler de leurs coûts exorbitants ! « Sur une friche, on peut observer un développement arborescent spontané, avec une richesse bien plus intéressante », estime le spécialiste. La végétation y retrouve sa propre dynamique.

friche_urbaine

Audrey Muratet, écologue et botaniste, étudiait, ici en 2017, une friche à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Certains végétaux qui y poussent ont développé d’étonnantes stratégies de survie en milieu hostile. © Émilie Massemin / Reporterre

Larges espaces de prairies, ces fouillis d’épines et d’herbes folles sont méconnus, et souvent mal-aimés. « Pourtant, les études réalisées partout en Europe montrent qu’elles intègrent la plus grande biodiversité urbaine en faune et en flore », expliquait l’écologue Audrey Muratet à Reporterre. Dans son livre Flore des friches urbaines (éd. Xavier Barral, 2017), la botaniste a présenté les 258 espèces les plus communes. Ces espaces permettent aussi aux animaux des villes — insectes, papillons mais aussi mammifères comme le renard — de se déplacer au gré des tâches vitales de reproduction, alimentation ou repos qu’ils doivent accomplir. En Île-de-France, près de 2 700 friches sont disponibles. La réserve naturelle d’Épinay-sur-Seine est partiellement aménagée et certains espaces sont en évolution spontanée.

4 — Restaurer les petites rivières urbaines

Berges et fonds déplacés et artificialisés, qualité de l’eau fortement dégradée… « Les rivières sont les milieux qui subissent le plus de pression en ville », dit Laurent Lespez, chercheur au laboratoire de géographie physique. Certains cours d’eau sont même complètement enterrés. « Même si les rivières sont très difficiles à restaurer et que l’on part de loin, il est possible de prévoir des trajectoires d’amélioration du point de vue de la biodiversité », souligne-t-il.

À Saint-Rémy-lès-Chevreuse, à seulement 26 kilomètres de la tour Eiffel, l’Yvette a, elle aussi retrouvé, son lit. En raison du dénivelé, la rivière avait été harnachée de nombreux moulins, désormais inutilisés. Après plusieurs années de travaux, l’Yvette « méandre tranquillement dans son lit naturel avec des zones de calme, des zones où le débit s’accélère, ce qui permet d’enrichir des milieux de vie et donc la biodiversité », expliquait en 2021 le président du parc régional de la haute vallée de Chevreuse, Yves Vandevalle. « Des seuils ont été supprimés afin que les poissons puissent circuler d’amont en aval sans difficulté et que les sédiments puissent descendre le cours d’eau naturellement », expliquait aussi le chargé de mission au parc régional de la Gaute Vallée de Chevreuse François Hardy.

Lire aussi : Réparer fleuves, forêts et prairies pour retrouver la biodiversité

Grâce à une succession de mares et de zones humides alimentées par les pluies ou la nappe phréatique, truites sauvages, écrevisses, anguilles, brochets ont retrouvé leurs marques. Mais également la bouvière, un poisson patrimonial remarquable, ou encore la lamproie de planaire, un poisson rustique discret et qui vit dans le sable. Le projet a coûté 1 million d’euros et permet d’absorber 8 000 m3 d’eau. Avec des ouvrages classiques en béton, des digues etc, il aurait fallu huit fois plus pour contenir le même volume, estiment les deux spécialistes. Double intérêt : le projet est bénéfique pour la biodiversité et permet de lutter contre les inondations à moindre coût.

5 — Trame noire pour la faune nocturne

En ville, la pollution lumineuse perturbe les animaux. Première mesure : éteindre la lumière dès que possible. Crise énergétique aidant, de nombreuses collectivités ont franchi le pas cet automne et ont coupé l’éclairage public en cœur de nuit. Mais les chauves-souris, les hérissons ou certains insectes, de nombreuses activités ont lieu au crépuscule. Pour y remédier, certains élus ont travaillé leur trame noire afin de créer des corridors qui permettent aux animaux sensibles à la lumière de se déplacer.

À Lille, au sein du parc de la Citadelle, les chauves-souris ont repris leurs droits. Le parc est équipé d’éclairage de faible intensité aux couleurs orangées. « L’éclairage ne se déclenche qu’en présence de piétons », explique l’adjoint au maire en charge du paysage et de la Nature, Stanislas Dendievel. Résultat : les insectes s’y sont multipliés et ont reconstitué un écosystème favorable aux martins-pêcheurs et aux hirondelles de rivage qui sont revenus en ville. Traversé par la Deûle, le parc pourrait servir d’exemple pour les communes voisines. « L’idée est de continuer à travailler cette trame le long de la rivière et de faire un maillage de plus en plus dense. »

Réchauffement : le nombre de petits lacs augmente sur Terre, et ce n’est pas une bonne nouvelle

Lake in mountains, Lac du Pontet, Villar d Arene, Hautes-Alpes, France

Une évolution inquiétante selon les scientifiques, car ces lacs de moins d’1km2 sont de gros émetteurs de gaz à effet de serre.

ENVIRONNEMENT – Le nombre de lacs sur notre planète est en train d’exploser. Leur superficie totale a augmenté de plus de 46 000 km2 en 35 ans, soit un peu plus de la surface du Danemark. À première vue, on pourrait croire qu’il s’agit d’une excellente nouvelle pour la nature, mais la réalité est toute autre.

C’est ce qu’expliquent des chercheurs de l’université de Copenhague dans une étude publiée dans la revue scientifique Nature. En combinant des images satellites hautes résolution à une intelligence artificielle, ils ont réussi à cartographier l’évolution de 3,4 millions de lacs sur ces quarante dernières années.

Le tout offre un jeu de données inédit… Et une découverte inquiétante pour le climat. « Ces nouvelles connaissances nous ont permis de mieux calculer les émissions de carbone des lacs », explique Jing Tang, professeur adjoint au département de biologie et coauteur de l’étude. C’est de là que vient tout le problème.

« Ces lacs agissent comme des usines à gaz à effet de serre »

Si le nombre de lacs sur notre planète a considérablement augmenté au cours des dernières décennies, c’est surtout à cause de la multiplication des petits lacs. Problème : selon l’étude ces lacs de moins d’1 km2 sont particulièrement émetteurs de gaz à effet de serre.

Concrètement, ils produisent du CO2, du méthane, de l’oxyde nitreux… Le tout à cause des champignons et des bactéries qui s’y développent. Selon les calculs des chercheurs, ces lacs ne représentent que 15 % de la superficie totale des lacs. Ils sont pourtant responsables de 25 % des émissions de CO2 et de 37 % des émissions de méthane des lacs dans le monde.

Pire encore, ils sont responsables de 45 % et 59 % de l’augmentation des émissions de CO2 et de méthane des lacs sur la période 1984-2019. « Les petits lacs émettent une quantité disproportionnée de gaz à effet de serre parce qu’ils accumulent généralement plus de matière organique, qui se transforme en gaz. Et aussi parce qu’ils sont souvent peu profonds. Il est donc plus facile pour les gaz d’atteindre la surface et de remonter dans l’atmosphère », explique Jing Tang, coauteur de l’étude.

« Ces lacs agissent comme des usines à gaz à effet de serre » conclut l’étude. Au total, les émissions de gaz à effet de serre des lacs d’eau douce sont équivalentes à 20 % de toutes les émissions mondiales de CO2 des combustibles fossiles.

Le changement climatique en cause

Pourquoi le nombre de petits lacs a-t-il explosé ? L’étude identifie deux raisons principales : les activités humaines et le changement climatique. Le premier facteur concerne surtout en la création de « réservoirs », c’est-à-dire de lacs artificiels. Le second facteur porte quant à lui sur la disparition glaciers et le permafrost. Plus le climat se dérègle, plus ces couches de glace fondent, ce qui crée de nombreux lacs, notamment dans l’hémisphère nord.

C’est alors un vrai cercle vicieux : le changement climatique créé de petits lacs, ces derniers relâchent des quantités importantes de gaz à effet de serre, comme le dioxyde de carbone (CO2) par exemple… Qui n’est autre que le principal gaz à effet de serre responsable du dérèglement climatique.

L’étude pointe aussi du doigt l’assèchement de nombreux lacs, en raison de fortes températures, de la sécheresse et de la consommation humaine des ressources en eau. Cette tendance est particulièrement marquée pour les lacs observés dans l’ouest des États-Unis, en Asie centrale, en Chine du Nord, et en Australie du Sud.

Plus de 2000 nouvelles espèces menacées d’extinction

dugon de la mer rouge

La liste des espèces en voie de disparition s’allonge. L’Union internationale de conservation de la nature (UICN) a publié, vendredi 9 décembre, une version actualisée de sa « liste rouge », qui répertorie les espèces menacées d’extinction à l’échelle régionale et dans le monde.

Résultat : 2 028 espèces animales et végétales ont été ajoutées à la dernière évaluation de l’UICN, qui datait de 2021. Au total, la survie de 42 108 espèces (a minima) est menacée. Cela représente 28 % des 150 388 espèces évaluées par l’UICN. La situation de millions d’autres espèces vivantes, non-étudiées par l’organisation, reste inconnue.

Pour les dugongs sonne le glas

L’organisation non gouvernementale s’inquiète notamment du sort des espèces marines, victimes de la surpêche, de la pollution sonore et plastique, ainsi que du changement climatique. Celle du dugong semble particulièrement critique. Ce grand mammifère marin herbivore, qui vit au large de l’Afrique de l’Est et de la Nouvelle-Calédonie, est désormais classé en voie d’extinction. On compte aujourd’hui moins de 250 adultes en Afrique de l’Est, et moins de 900 en Nouvelle-Calédonie.

Autres victimes des activités humaines : les coraux cierges, dont la population a diminué de plus de 80 % depuis 1990, et les ormeaux. 44 % de ces espèces de coquillages sont aujourd’hui classées comme « menacées ». En tout, au moins 1 550 espèces marines, sur les 17 903 étudiées par l’UICN, sont menacées d’extinction.

« Nous devons d’urgence nous attaquer aux crises interconnectées du climat et de la biodiversité par des changements profonds dans nos systèmes économiques, ou nous risquons de perdre les avantages cruciaux que les océans nous procurent », a déclaré dans un communiqué le directeur général de l’UICN, Bruno Oberle.

Environnement : le Parlement européen et les Etats membres trouvent un accord pour interdire l’importation de produits issus de la déforestation

déforestation

La déforestation a provoqué la perte d’une zone plus grande que l’UE entre 1990 et 2020 et la consommation de produits en Europe est responsable d’environ 10% de ces pertes, selon le Parlement européen.

 

Une zone victime de déforestation dans l’Etat de l’Amazonas, au Brésil, le 16 septembre 2022. (MICHAEL DANTAS / AFP)

Le Parlement européen et les gouvernements des Etats membres de l’Union européenne ont trouvé un accord, dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 décembre, pour interdire l’importation dans l’UE de plusieurs produits, lorsque ces derniers contribuent à la déforestation. 

Cet accord cible plusieurs produits comme le cacao, le café, le soja ou l’huile de palme. Le bois, la viande bovine ainsi que le caoutchouc sont également concernés, tout comme plusieurs matières associées (cuir, chocolat, ameublement, papier, charbon de bois…). Leur importation sera interdite si ces produits sont issus de terres déboisées après le 31 décembre 2022, a précisé le Parlement dans un communiqué (en anglais). Les dommages infligés à l’ensemble des forêts seront pris en compte.

Les entreprises importatrices seront responsables de leur chaîne d’approvisionnement. Elles devront prouver leur traçabilité via des données de géolocalisation des cultures, qui pourront être associées à des photos satellitaires.

Une zone plus grande que l’UE perdue du fait de la déforestation

Le texte avait été proposé en novembre 2021 par la Commission européenne et repris dans ses grandes lignes par les Etats membres. Les eurodéputés avaient voté en septembre pour le renforcer significativement, en élargissant la gamme de produits concernés. Le Parlement européen avait aussi réclamé d’étendre le champ du texte à d’autres écosystèmes boisés menacés, comme la savane du Cerrado.

L’accord trouvé entre les négociateurs du Parlement et des Etats membres stipule que cette extension « à d’autres terres boisées » devra être évaluée au plus tard un an après l’entrée en vigueur du texte.

Le Parlement européen et le Conseil de l’UE vont devoir formellement approuver cet accord. Dans son communiqué, le Parlement européen rappelle que la déforestation a provoqué la perte d’une zone plus grande que l’Union européenne entre 1990 et 2020 et que la consommation de produits au sein de l’UE est responsable d’environ 10% de ces pertes. Selon l’ONG WWF, l’UE est le deuxième destructeur de forêts tropicales après la Chine. 

La cour de cassation fait jurisprudence en condamnant EDF pour destruction par des éoliennes d’oiseaux menacés

Birds_flying_near_a_wind_far

Depuis leur mise en service, les 31 éoliennes exploitées par les filiales du groupe EDF sur le Causse d’Aumelas dans l’Hérault détruisent en quantité des Faucons crécerellettes alors que cette espèce d’oiseau protégée  justifie le classement de ce causse dans le réseau européen Natura 2000. Après 10 ans de combat juridique, la Cour de cassation confirme que ces destructions sont illégales. A travers cette importante jurisprudence, c’est toute la doctrine construite par la filière éolienne et le ministère de l’environnement concernant les destructions d’espèces protégées par les éoliennes qui est remise en cause.

Des éoliennes implantées en site Natura 2000 qui impactent gravement une espèce d’oiseau en danger : le faucon crécerellette

Le Faucon crécerellette est un petit rapace vivant en colonies, qui a frôlé l’extinction en France dans les années 1980. Grâce aux efforts des associations de protection de la nature et à un « Plan National d’Actions » (PNA) financé par le Ministère de la Transition Écologique, cette espèce est actuellement en cours de rémission démographique, même si elle reste classée sur la liste des espèces en danger d’extinction en France (seulement 3 noyaux de population).

C’est notamment en raison de la présence de la principale colonie française de cette espèce que les collines qui accueillent les éoliennes d’Aumelas sont classées Natura 2000.

Depuis 10 ans, parmi les 30 espèces protégées impactées par les éoliennes d’Aumelas, une soixantaine de spécimens de Faucons crécerellette ont été retrouvés morts au pied des éoliennes de ce parc. Selon le bilan du PNA pour cette espèce, ces 60 spécimens ne constituent que la part visible de la mortalité causée par le parc, estimée au triple. Compte tenu de ces chiffres, les responsables de ce plan considèrent que la principale menace qui pèse sur la population héraultaise de Faucons crécerellette est le parc éolien d’Aumelas.

Une décision judiciaire qui rappelle clairement l’industrie éolienne à la loi sur les espèces protégées

La Cour de cassation rappelle que la destruction d’un seul individu d’une espèce protégée par une éolienne est interdite par la loi, et que les promoteurs éoliens, même liés à EDF, doivent respecter cette interdiction. Elle rappelle que sous certaines conditions strictes (tenant notamment à l’objectif de maintenir les populations d’espèces protégées), la loi autorise le préfet à délivrer des dérogations permettant de détruire des espèces protégées.

Mais, depuis 2010 et les premières découvertes de mortalités d’oiseaux protégés, les sociétés filiales d’EDF se refusent avec constance à présenter une telle demande de dérogation au préfet de l’Hérault ; ces sociétés estiment, à tort, qu’elles ne sont pas soumises à l’interdiction de détruire des espèces protégées qui concerne pourtant toutes les activités et est une exigence du droit européen.

Une remise en question de la doctrine du Ministère de l’Environnement

Cette exploitation illégale perdure depuis des années avec la complicité de la préfecture de l’Hérault et du ministère de l’environnement qui, malgré le constat de mortalités d’oiseaux importantes, répétées et prévisibles, refusent toujours de faire respecter le droit des espèces protégées.

L’indulgence persistante de l’État à l’égard de ce parc éolien – exceptionnel tant par son environnement que par ses impacts – est d’autant plus surprenante qu’en janvier 2020, la DREAL avait rédigé un « rapport en manquement » concluant à la nécessité de suspendre l’exploitation des éoliennes pendant la période de présence des Faucons crécerellette. Il n’avait pas été suivi d’effet.

In fine, la Cour de Cassation vient remettre en question la doctrine du ministère de l’environnement, élaborée main dans la main avec l’industrie éolienne, qui consiste à contourner les lois de protection de la biodiversité au prétexte dévoyé de la transition énergétique, alors que l’un ne peut, et ne doit, pas aller sans l’autre. La transition écologique ne peut pas se résumer à une politique du chiffre en matière de production énergétique.

Pour Simon POPY, Président de FNE Languedoc-Roussillon :  « L’érosion continue de la biodiversité de notre pays (cf. constat UICN rendu public le 3 mars 2021) tient en partie aux carences substantielles de l’Etat dans l’application des législations protectrices des espèces menacées, et à l’irresponsabilité de certains des plus grands opérateurs économiques de notre pays, comme EDF. Une infrastructure de production d’énergie renouvelable ne peut pas se prétendre écologique si elle ne respecte pas le droit de l’environnement. Si l’administration n’est pas capable de faire respecter ce droit dans un cas aussi extrême, à quoi sert-elle ? Certains parcs ont été construits au mauvais endroit, de telles erreurs doivent pouvoir être corrigées. Nous sommes convaincus que sur le long terme, l’entêtement d’EDF et de l’Etat sur un cas extrême fait plus de mal que de bien à la filière éolienne, et nous sommes soulagés qu’au bout de 10 ans de combat, le sens de la loi soit enfin rappelé. Aujourd’hui, nous redemandons l’arrêt des éoliennes d’Aumelas pendant la période de présence des Faucons crécerellette[1] et nous exigeons que le Causse d’Aumelas soit sorti des « zones favorables à l’éolien » dans la nouvelle planification régionale de l’éolien en cours d’élaboration. »

Pour Jean-David Abel, Pilote du réseau biodiversité de France Nature Environnement : « Cette décision renforce la légitimité de notre proposition de création d’un observatoire dédié à la compilation de connaissances sur les enjeux liant les ENR et la biodiversité terrestre, à l’image de l’Observatoire national de l’éolien en mer créé l’année dernière. Cet observatoire rassemblant des données de terrain en situation variées devra contribuer à nourrir les démarches de planification du développement des ENR terrestres et à définir les bonnes pratiques indispensables pour définir les sites d’implantation et éviter des situations catastrophiques comme à Aumelas ».

Photo : parlonssciences.ca

L’Europe interdit l’importation de produits issus de la déforestation

déforestation2

Le petit café du matin, le soja dans un steak de tofu… Actuellement, rien ne garantit que les produits importés dans l’Union européenne ne contribuent pas à la déforestation. Dans la nuit du 5 au 6 décembre, le Parlement européen et les États membres ont trouvé un accord sur une nouvelle loi interdisant les produits issus de la déforestation comme le café, le soja, l’huile de palme, le bois, le caoutchouc et le papier.

Ce texte obligera les entreprises à prouver que leurs produits vendus dans l’UE n’ont pas récemment contribué à la déforestation, c’est-à-dire qu’aucune forêt n’a été déboisée après le 31 décembre 2020. Les entreprises importatrices devront remonter leur chaîne d’approvisionnement jusqu’à la parcelle de production sous peine d’amende, traçable via des données de géolocalisation des photos satellitaires.

Selon Greenpeace France, cette loi « empêchera certaines entreprises de tirer profit de la déforestation ». L’association environnementale alerte néanmoins sur le fait que d’autres terres boisées, comme celles du Cerrado au Brésil, ne sont pas couvertes par le texte. « C’est une avancée mitigée, timide », a réagi sur Franceinfo l’association de défense des forêts Canopée. Le texte serait seulement efficace à 40 %, selon Canopée, puisque « 60 % de nos importations européennes à risque de déforestation [viennent du] soja » qui ne proviennent pas de forêts, mais « dans des savanes arborées », comme celle du Cerrado.

Le texte entrera en vigueur d’ici un an et demi et sera réexaminé dans deux ans. Selon Canopée, il sera déjà trop tard pour le Cerrado au Brésil. « [C]’est 140 000 hectares qui disparaissent chaque année, c’est dix fois Paris. »