Les bonnes nouvelles écolos de 2023

bébé rhinocéros

Un bébé rhinocéros de Sumatra, en voie d’extinction, a vu le jour en novembre, dans l’ouest de l’Indonésie (ici, un bébé de 2022 à Sumatra). – © Ministry of Environment and Fore / AFP

Victoire des Soulèvements de la Terre contre Darmanin, oursons nés dans les Pyrénées, pesticides interdits… Oui, il y a eu des bonnes nouvelles cette année. Voici un florilège !

On ne va pas se mentir : l’année a été rude. Entre catastrophes climatiques en cascade, répression violente des militants écologistes, passage en force de projets climaticides et élus sourds aux alertes des scientifiques, il y aurait de quoi être traumatisé par 2023.

Derrière les défaites cinglantes se cachent toutefois un bouquet de victoires écologistes. Avant de dire adieu à l’année écoulée, prenons le temps de nous remémorer quelques nouvelles enthousiasmantes dont elle nous a gratifiés.

Le vivant qui résiste

Certes, la biodiversité est en crise, mais le vivant peut renaître. Littéralement. Un bébé rhinocéros de Sumatra a vu le jour en novembre, dans l’ouest de l’Indonésie. Un évènement extrêmement rare et bienvenu pour cette espèce en danger critique d’extinction. Plus proche de nous, Sept à huit nouvelles portées d’ours ont été détectées cette année dans les Pyrénées, ce qui devrait permettre à l’ours brun de passer la barre des quatre-vingt individus dans la région.

dragon sans oreille

En Australie, cela faisait plus de cinquante ans que l’on n’avait plus vu de « dragon sans oreilles ». Tympanocryptis pinguicolla, de son nom savant, est l’un des reptiles les plus menacés du monde. Il a été de nouveau aperçu par des scientifiques en février dernier à l’ouest de Melbourne (État du Victoria). Au même moment, au Tchad, une lionne a été filmée par une caméra du parc national Sena Oura. Une belle surprise puisque l’espèce n’y avait plus été vue depuis 2004 et était considérée comme « éteinte » dans cette région du Tchad.

Tympanocryptis pinguicolla est l’un des reptiles les plus menacés du monde. Il a été de nouveau aperçu par des scientifiques en février en Australie. Zoos Victoria

Plus institutionnel, le 15 mars l’Albanie célébrait le vivant en prenant une décision inédite en Europe : la Vjosa, considérée comme le dernier grand fleuve sauvage d’Europe (hors Russie), a été proclamée « parc national ». L’ensemble de son lit et même certains de ses affluents, soit près de 13 000 hectares, sont désormais protégés au titre de la catégorie II de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’un des plus hauts degrés de protection possibles.

Des « grands projets inutiles » sur le carreau

Devenues emblèmes de la maladaptation climatique et de projets agro-industriels dénoncés comme anti-écologiques par leurs opposants, les mégabassines ont connu des revers sérieux cette année. Le 3 octobre notamment, le tribunal administratif de Poitiers a annulé deux arrêtés préfectoraux autorisant la création de quinze mégabassines en Nouvelle-Aquitaine.

Le tribunal a jugé que ces projets n’étaient « pas associés à de réelles mesures d’économie d’eau » et n’étaient pas adaptés aux effets du changement climatique. « Ça montre que les magistrats administratifs écoutent et s’approprient les conclusions des scientifiques », s’est réjoui auprès de Reporterre l’eurodéputé écologiste Benoît Biteau.

ski

Autres tentatives d’artificialisation retoquées à la pelle : pas moins de dix projets de développement des stations de ski de Maurienne ont été annulés en mai par le tribunal administratif de Grenoble. Une « victoire exceptionnelle » pour les collectifs écologistes locaux qui dénonçaient une fuite en avant dans le développement du ski, incompatible avec la raréfaction des ressources en eau et le changement climatique.

L’eau manque irrémédiablement… Dix projets de développement des stations de ski de Maurienne ont été annulés pour préserver cette ressource. Flickr / CC BY-NC-ND 2.0 Deed / Richard Jones

Au nord-est de Toulouse, un projet d’entrepôt géant qui devait grignoter 12 hectares de terres agricoles a été abandonné en février. Il faisait l’objet d’une lutte intense de la part des riverains et d’organisations écologistes. En mars, c’était au tour du projet d’extension du Grand port maritime Nantes-Saint-Nazaire, qui aurait dû artificialiser 110 hectares de zone naturelle et détruire ainsi 51 hectares de zones humides. La preuve que « la lutte paie », racontait un militant victorieux à Reporterre.

Des avancées contre les pesticides

Le 15 février, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a annoncé la prochaine interdiction du S-métolachlore, l’un des plus utilisés en agriculture française — l’interdiction a été confirmée au niveau européen en octobre. L’Anses juge le risque de contamination des eaux trop élevé. Mais l’interdiction ne portera que sur « certains usages ».

Deux autres herbicides, à base de glyphosate, ont été interdits en mai en France. La raison : l’absence de données transmises par Syngenta, qui les commercialise, sur les risques qu’ils font planer sur les pollinisateurs. Une bonne nouvelle pour, entre autres, les abeilles, qui ont également profité de l’interdiction définitive des néonicotinoïdes en janvier. Ce produit réputé être un « tueur d’abeilles » devait être réautorisé sous forme dérogatoire par le gouvernement français pour la troisième année de suite mais une décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) l’a stoppé net.

Ces victoires sont toutefois en demi-teinte puisqu’en novembre, l’Union européenne a réautorisé le glyphosate pour dix ans, malgré l’accumulation d’études sur sa nocivité pour la santé et la biodiversité. Toujours en novembre, le Parlement européen a renoncé à voter l’objectif de réduction de moitié de l’utilisation des pesticides d’ici 2030, sous la pression de la droite et de l’extrême droite.

L’incurie politique sur le sujet a été soulignée en France, où l’État a été condamné en juin pour « carence fautive » dans le « préjudice écologique résultant de la contamination généralisée, diffuse, chronique et durable des eaux et des sols [par les pesticides] ». Une condamnation symbole de l’échec de la lutte contre les pesticides ou de la victoire en droit des militants écologistes ?

Les défaites des lobbies industriels

Parfois, la puissance de frappe financière des multinationales ne suffit pas. Malgré un lobbying des grands industriels qualifié de « sans précédent » par la députée européenne Manon Aubry, le Parlement européen a adopté en juin une directive sur le devoir de vigilance. Une « victoire immense » pour la députée de La France insoumise, qui doit permettre de tenir les multinationales opérant au sein de l’Union européenne responsables du respect des droits humains et environnementaux sur l’ensemble de leur chaîne de valeur.

L’autre grand match contre les lobbies – des énergies fossiles cette fois – s’est joué lors de la COP28 à Dubaï. Un nombre record de 2 456 lobbyistes du pétrole, du charbon et du gaz a tout fait pour que la mention des énergies fossiles n’apparaisse pas dans l’accord final. Mais pour la première fois dans l’histoire des COP, le texte final mentionne ces dernières, constatant la nécessité d’une « transition hors des énergies fossiles ». Un succès mitigé cependant, tant ces termes qui déplaisent à l’industrie ne les empêchent pas de continuer à forer et exploiter de nouveaux stocks fossiles, à l’instar de TotalÉnergies.

À plus petite échelle, les intérêts industriels se sont inclinés à plusieurs reprises face à l’intérêt général en France : en juin, les lobbies de la charcuterie ont échoué à empêcher l’application Yuka de dénoncer les dangers cancérigènes des nitrites contenus dans les charcuteries. Et, en mai, la Ligue pour la protection des oiseaux obtenait du Conseil d’État l’interdiction de plusieurs pratiques de chasses traditionnelles. Une victoire réjouissante face à un lobby de la chasse habitué à être très écouté par les parlementaires.

Des victoires sur le front politique

année 2023-4

L’inquiétante criminalisation des mouvements écologistes par le gouvernement français a atteint son climax cette année. Plusieurs victoires sont tout de même notables : la relaxe quasi générale en appel de militants antinucléaires de Bure en janvier par exemple.

C’est surtout le destin des Soulèvements de la Terre qui occupa le devant de la scène pendant de longs mois. Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, avait dissout en juin le mouvement écologiste, l’accusant de « violences répétées, d’attaques contre les forces de l’ordre, d’appels à l’insurrection » lors de la manifestation de Sainte-Soline. Une mesure jugée « liberticide » et gravement à contre-courant de ce qu’imposerait l’urgence écologique, ainsi que le dénonçaient alors de nombreuses personnalités.

D’abord suspendue en août par le Conseil d’État, la dissolution a été définitivement annulée en novembre. Les juges ont estimé que la dissolution n’était pas une « mesure adaptée, nécessaire et proportionnée », étant donné « qu’aucune provocation à la violence contre les personnes ne peut être imputée aux Soulèvements de la Terre ».

Ailleurs dans le monde, la dynamique politique généralement peu favorable à l’écologie autorise tout de même quelques signes d’espoir. Comme au Brésil, où Lula, investi début janvier, a rapidement pris une série de mesures écologiques. En septembre, le « procès du siècle » a permis la victoire des peuples autochtones d’Amazonie et conforté leur droit inaliénable à occuper leurs terres, face aux appétits de l’agro-industrie.

Bien sûr, la forêt amazonienne, si cruciale pour la biodiversité et le climat mondial, est plus vulnérable que jamais. Mais la déforestation ralentit et est tombée cette année à son niveau le plus bas depuis cinq ans. Une victoire amère mais une victoire tout de même, fruit de l’opiniâtre combat de militants tout au long de l’année. De quoi montrer le chemin pour 2024 ?

Les 15 enjeux majeurs de la préservation du vivant à suivre en 2024

les 15 enjeux majeurs

Depuis 15 ans, les chercheurs de la Cambridge Conservation Initiative publient un rapport annuel qui dresse un état des lieux des menaces et des opportunités de préservation du vivant. Leurs travaux viennent d’être publiés dans la revue Trends in Evolution & Ecology. Ils identifient 15 nouveaux enjeux majeurs pour la préservation de la biodiversité à surveiller en 2024. Ces enjeux découlent notamment de l’essor et de l’utilisation des nouvelles technologies, ainsi que de projets transformant les milieux.

Les chercheurs passent au crible des enjeux sociétaux, technologiques et environnementaux dont ils évaluent ensuite la nouveauté et l’impact potentiel. « Les sujets identifiés par ce scan reflètent la juxtaposition entre les impacts des activités humaines sur la biodiversité et l’accroissement des capacités technologiques pour atténuer ces impacts », déclare William Sutherland, professeur à l’université de Cambridge, spécialiste de la conservation et co-auteur de l’étude, cité par le site ScienceDaily. Il ajoute : « dans certains cas, parmi les nouveaux sujets de préoccupations, certains émergent directement en raison d’efforts entrepris pour atténuer d’autres risques ».

15 nouveaux enjeux environnementaux pour 2024

Durant l’année 2023, les scientifiques de Cambridge ont discuté plusieurs dizaines de nouveaux sujets possibles relatifs à la conservation. Leur objectif est « d’en identifier les sujets de préoccupations avant que leurs impacts substantiels ne soient largement mesurés et identifiés ».

Selon eux, sur les 15 thématiques retenues, 4 constituent des préoccupations pour la protection de la biodiversité puisqu’il s’agit d’impacts négatifs de l’activité humaine sur le vivant (la disparition des vers de terre, celle des oursins de mer, l’augmentation de la température dans la zone mésopélagique et les conséquences de la fonte des glaciers de l’Antarctique sur les courants océaniques). 4 ont des impacts potentiellement positifs dans le maintien de la vie sur Terre (la production alimentaire à partir de bactéries, la photosynthèse sans lumière, l’utilisation de l’éco-acoustique pour mieux connaître les sols et les avancées dans la catégorisation des molécules chimiques toxiques). Enfin, 7 de ces perspectives ont un impact nuancé puisqu’en dépit d’une dimension positive pour le climat ou la biodiversité, cette dernière affecte négativement d’autres pans de l’environnement (les nouvelles sources d’hydrogène, la décarbonation de la production d’ammoniac, les imprimantes à ADN, l’impact des feux de forêt sur le climat, la minéralisation du carbone, le projet de ville futuriste Neom en Arabie Saoudite et le retrait du CO2 des océans).  

Ainsi pour 2024, les scientifiques alertent notamment sur les répercussions du développement de l’hydrogène, l’agriculture urbaine hors-sol, les imprimantes à ADN ou encore la disparition des vers de terre dans les sols… Voici un récapitulatif de ces 15 nouveaux enjeux et risques :

L’essor de l’hydrogène comme source d’énergie

Les scientifiques s’inquiètent des conséquences possibles du développement de l’hydrogène comme source d’énergie, surtout si celui-ci est produit en grande quantité à partir d’électrolyse. Ce procédé risque en effet d’affecter le cycle de l’eau en augmentant la pression sur la ressource en eau douce ou bien, dans l’hypothèse d’un recours à l’eau de mer, de générer des rejets dans le milieu marin de saumures hypersalines ou d’oxygène, ce qui perturberait les écosystèmes marins.

La décarbonation de la production d’engrais à base d’ammoniac

Cette étude met également en lumière les effets de la décarbonation de la production d’engrais à base d’ammoniac (NH3) qui, même si elle est une bonne chose au premier abord, pourrait perturber encore plus fortement le cycle de l’azote.

Les protéines produites à partir de bactéries

Les scientifiques abordent aussi le développement des technologies pour produire de la nourriture destinée aux animaux d’élevage. Ces nouvelles techniques cherchent à réduire l’impact écologique de l’élevage en produisant sa nourriture à base de bactéries. « Si l’industrie peut développer rapidement une méthode de production de nourriture qui ne dépend plus des énergies fossiles, alors la demande croissante en protéines pour nourrir les animaux et les humains pourrait être décentralisée et découplée des importantes conséquences que cette production fait peser sur l’environnement », écrivent les chercheurs de Cambridge.

La photosynthèse sans lumière : un moyen de réduire l’impact spatial de l’agriculture

Le fait de parvenir à cultiver sans lumière naturelle des cultures serait une réponse à l’expansion des terres agricoles. Ce phénomène est une des causes majeures de la disparition des milieux naturels et de l’érosion de la biodiversité. Ainsi, recourir à une photosynthèse artificielle et plus efficace permettrait de gagner des terres tout en produisant plus efficacement la nourriture dans des fermes urbaines, estiment les scientifiques. D’autant plus que la lumière artificielle requise pourrait être produite grâce aux énergies renouvelables. L’espace agricole ainsi économisé pourrait bénéficier à la biodiversité.

La minéralisation du carbone

La minéralisation du carbone consiste à utiliser ce dernier sous forme solide dans l’agriculture pour fertiliser les sols. Cependant, son impact sur l’environnement reste encore mal connu. Les experts estimant que les poussières de carbone peuvent charrier des métaux lourds, contaminer l’air ou l’eau de surface.

L’inquiétante disparition des vers de terre

La disparition des vers de terre, et plus généralement des invertébrés s’avère un sujet de préoccupation majeure. D’autant plus, notent les auteurs qu’« elle est mal documentée » et qu’une étude portant sur le Royaume-Uni montre pourtant une diminution de 33 % à 41 % des vers de terre dans le sol en un quart de siècle. Les chercheurs soulignent que des pays ayant des pratiques agricoles similaires au Royaume-Uni sont confrontés aux mêmes risques. Cette disparition des vers entraîne des répercussions sur le sol, la santé des écosystèmes et l’agriculture. Les lombrics sont en effet des organismes vivants clefs pour la bonne santé et l’aération des sols.

L’éco-acoustique et les sols

Toujours à propos du sol, les scientifiques évoquent l’essor des techniques d’éco-acoustique pour surveiller et mieux connaître ces derniers et ainsi mieux comprendre comment préserver les écosystèmes et prévenir les risques s’ils se dérèglent

Les feux de forêt et les oscillations du climat

Le sujet a fait la Une de l’actu de nombreuses fois durant l’année. Les incendies de forêt et leur rôle sur les oscillations du climat attirent également l’attention des universitaires de Cambridge qui les classent comme un sujet à suivre.

Les imprimantes à ADN et le risque de prolifération

Les imprimantes à ADN permettent déjà de produire des gènes. Cependant, d’ici quelques années, elles devraient permettre de produire à la demande le génome de petits virus. Les applications inquiètent les scientifiques qui craignent une prolifération dans la nature, des bouleversements des milieux et un manque de contrôle sur les biotechnologies.

L’extrapolation de l’impact des produits chimiques

L’évaluation de l’impact des produits chimiques permet de montrer que de nombreux progrès ont été effectués dans ce domaine ces dernières années avec une meilleure prise en compte des effets des molécules sur l’environnement de façon générale et leur recensement. Ils appellent à mieux connaître les effets des molécules sur l’environnement en général et pas uniquement sur les ravageurs ciblés dans le cas des pesticides et est donc un sujet majeur à surveiller.

La ville futuriste de Neom en Arabie Saoudite, un obstacle à la migration des oiseaux

Le projet pharaonique de la ville futuriste de Neom en Arabie Saoudite suscite l’inquiétude des chercheurs. Celle-ci est présentée comme vertueuse sur le plan écologique en favorisant la densité. Pourtant, la hauteur de ces gratte-ciels, 500 mètres de haut, et leur densité sur une ligne de 170 km de long pourrait constituer un obstacle à la migration des oiseaux. Pour aboutir à cette alerte, les chercheurs se fondent sur les chiffres de collision entre les immeubles et les oiseaux en Amérique du Nord. Ces chocs tuent entre 400 millions et un milliard d’oiseaux par an.

La diminution des populations d’oursins de mer

Bien que peu médiatisée, la disparition des oursins en mer pourrait grandement affecter le fonctionnement des écosystèmes marins, avertissent les scientifiques.

Les projets de retrait du CO2 des océans

Les scientifiques émettent des réserves sur les projets de fertilisation des océans dont l’objectif est de permettre à ces derniers de stocker plus de CO2. Ils estiment que les projets de fertilisation, avec par exemple la culture de microalgues par exemple, ont un impact encore inconnu à long terme. Il s’agit de projets de géo-ingénierie dont la gouvernance reste à inventer, et ce alors que de plus en plus d’investisseurs et d’entreprises poussent au développement et expérimentent ces approches.

La hausse des températures entre 200 et 1000 mètres de profondeur

La zone mésopélagique, entre 200 et 1000 mètres de profondeur, concentre une part non-négligeable de la vie des océans. Elle contribue au rôle de pompe à carbone du milieu marin.  Cependant, la hausse des températures à ces profondeurs risque de perturber la séquestration du carbone. « L’efficacité de la pompe à carbone biologique devrait diminuer avec l’augmentation des températures, ce qui conduit à une accélération de la reminéralisation de la matière organique et donc à une réduction de la disponibilité et de la quantité de nourriture pour les espèces des grands fonds marins », résument les scientifiques. La séquestration du carbone serait raccourcie par un océan plus chaud tandis qu’une eau froide préserve l’intégrité de la matière organique, qui coule plus facilement et se trouve donc mieux préservée.

La fonte des glaces de l’Antarctique

La fonte des glaces de l’Antarctique implique l’injection d’un important volume d’eau froide dans les océans. Ce qui bouleverse la circulation des courants marins des abysses. Les scientifiques estiment que les conséquences du phénomène demeurent encore mal connues et comportent un risque majeur.

Julien Leprovost

Source Goodplanet