Un regard en arrière, deux bonds en avant : Tous derrière l’ASPAS et la protection du Vivant !

ASPAS

aspas 2023

En cette fin décembre, l’ASPAS vous propose une petite rétrospection de ses plus saillantes actions, histoire de tranquillement se requinquer avant une nouvelle année de combats militants et acharnés ! Toute l’équipe vous remercie chaleureusement pour votre soutien, votre fidélité et votre mobilisation à nos côtés. Bonne lecture et bon visionnage !

En janvier, alors que la saison de chasse battait toujours son plein, l’ASPAS dévoilait son guide « Maires et chasse », fruit d’un long travail juridique mené en souterrain, pour aider les élus à agir contre les excès de la chasse. Plusieurs communes s’en sont emparées, comme Audun-le-Tiche en Moselle, où la chasse sera bientôt interdite 1,5 jours de la semaine.

L’ASPAS apporte des solutions sur le plan local, l’ASPAS continue d’agiter le chiffon rouge à l’échelle nationale : contre l’État qui ne fait rien pour réformer la chasse et répondre au fléau de l’insécurité, une grande action en justice a été lancée plus tard dans l’année, pour l’obliger à prendre ses responsabilités !

Avant ça, en juin, c’est ce même État que nous avons fait condamner avec les autres associations du collectif Justice pour le Vivant : pour la première fois, un juge a reconnu l’existence d’un préjudice écologique résultant d’une contamination généralisée de l’eau, des sols et de l’air par les pesticides et de l’effondrement du vivant et la faute de l’Etat français dans cette situation. Historique !

maires et chasse

Côté espèces menacées mais toujours chassées, on retiendra les belles victoires pour des flopées d’oiseaux dans les Antilles ou encore celle en Savoie pour les perdrix et les tétras. Quant à la défense des espèces protégées, comme les bouquetins dans le massif du Bargy, l’obstination de l’ASPAS et ses alliées ont une nouvelle fois permis de sauver plusieurs vies.

Année dédiée aux grands prédateurs, ces « gardiens du Vivant » si précieux pour les écosystèmes, 2023 a signé la naissance du kit « J’aime les ours », le petit dernier de notre collection de supports pédagogiques envoyés partout en France dans les écoles, médiathèques et centres de loisirs. Un kit tout entier conçu par l’ASPAS avec l’aide des meilleurs spécialistes, dévoilé à l’occasion de la Journée internationale pour sauver les ours, le 25 février.

Sur le terrain de la cohabitation, nos bénévoles ont poursuivi les actions de médiation avec les bergers dans les estives, quand d’autres ont manié bêches et pioches pour planter des centaines d’arbres fruitiers au fond d’une vallée préservée !

loup 2023

Plus nombreux et plus mobiles que leurs grands cousins plantigrades, les loups ont fait couler davantage d’encre en 2023, mobilisant bien des forces au sein de l’ASPAS que ce soit sur le terrain (anticipation de leur retour dans les zones non encore recolonisés) devant les tribunaux (affaires de braconnage, tentative de sauvetage de l’unique louve du Lot, etc.), devant les politiques (travaux interassociatifs au Groupe national Loup, contestation du nouveau PNA, etc.), auprès des médias (réaction à l’affaire de « l’attaque » à Castellet-lès-Sausses), sans oublier, bien sûr, la sensibilisation et la mobilisation citoyenne (consultations publiques, partenariat avec le film « Vivre avec les loups », etc.)

L’ASPAS n’a pas moins délaissé les renards (deux victoires dans l’Oise et le Pas-de-Calais) et autres indésirables de la liste « ESOD », renouvelée tous les 3 ans, en poursuivant la récolte des déclarations de non-dégât (2800 au total !), alertant sur la manière dont est établi ce classement sans queue ni tête (merci l’Ami des lobbies !), en commanditant une étude scientifique aux côtés de la LPO (merci la FRB !), en sensibilisant les jeunes et moins jeunes au moment de la consultation publique (merci pour votre participation !) et en contestant, enfin, une centaine de classements départementaux en justice (merci à nos juristes salariées et bénévoles !).

blaireau 2023

Les blaireaux, sauvés de battues administratives dans l’Oise et dans l’Ain, échappent à la liste « ESOD » mais pas à la barbarie du déterrage, pratique de chasse immonde contre laquelle l’ASPAS continue d’envoyer ses bombes : saisie du Conseil d’État, plainte devant le Comité de Berne, recours en pagaille devant les tribunaux administratifs… Au final, n’en déplaise au Sénat et son rapport pro-chasse scandaleux, les victoires ont continué de pleuvoir (10 !), et les « petits ours » n’ont jamais été autant à la fête que le 15 mai, date de la 2e Journée Mondiale des Blaireaux, avec une panoplie d’animations organisées à travers toute la France.

Et la sauvegarde des espaces naturels dans tout ça ? En plus des quelque 123 nouveaux refuges créés un peu partout en France pour aider les ruraux à retirer leurs jardins et terrains des fusils, l’ASPAS a inauguré, à Melle (Deux-Sèvres), le tout premier Havre de Vie Sauvage de France, nouveau label de protection forte déposé par notre association, accessible à tout propriétaire d’au moins 5 hectares désireux de laisser la nature en libre évolution pour un minimum de 99 ans !

havre de vie sauvage

Côté Réserves de Vie Sauvage enfin, mises en lumière sur Arte, plusieurs acquisitions foncières dans la Drôme ont permis d’agrandir de 30 hectares l’actuelle Réserve du Grand Barry et d’envisager la création d’une nouvelle zone protégée, plus au sud, au cœur des Baronnies. Quant à Vercors Vie Sauvage et le grand projet de démantèlement par l’ASPAS d’un ancien enclos de chasse (une initiative pionnière que Le Chasseur Français a honteusement cherché à torpiller), l’excellente nouvelle de cette fin d’année a été la publication des analyses génétiques démontrant la non-hybridation entre cerfs élaphes et cerfs sikas, permettant ainsi le sauvetage de tous les cervidés menacés d’abattage et l’abandon du projet de sanctuaire que nous avions un temps envisagé !

Il y aurait 1000 autres actions menées ci-et-là sur lesquelles nous pourrions encore nous attarder… Puissent en tout cas ces quelques temps forts vous procurer un surplus de vitamines et de réconfort : pour les renards, les loups, les blaireaux et la préservation de leurs habitats, fonçons ensemble vers 2024 avec fougue, vigueur et nombreux hourrahs !

Déclassement du statut de protection du loup : Ursula von der Leyen crée un dangereux précédent

La présidente de la Commission européenne a proposé aux États membres, ce mercredi 20 décembre, un déclassement du statut de protection du loup comme espèce « protégée » plutôt que « strictement protégée », créant un précédent inédit dans la Convention de Berne.

Selon la dernière évaluation de l’Union Internationale de Conservation de la Nature (UICN), sur les neuf populations transfrontalières de loups de l’UE, six sont vulnérables ou quasi menacées. De fait, la proposition de la Commission européenne représente un véritable risque pour la protection de l’espèce sur le territoire européen. En proposant, ce qui ne s’est jamais vu, d’affaiblir le niveau de protection d’une espèce protégée dans une convention internationale, la Commission met également en danger la préservation des espèces et des habitats naturels dans leur ensemble, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’UE. En effet, elle cible directement la Convention de Berne, plus ancienne convention internationale en matière de conservation de la nature, ayant conduit à la création de la directive Habitats-Faune-Flore, pierre angulaire du travail de conservation de la biodiversité en Europe.

La proposition de déclassement du statut de protection du loup ne repose sur aucun fondement scientifique et relève d’une logique purement politicienne, à l’encontre même des opinions publiques comme le souligne la récente enquête sur les perceptions des communautés rurales concernant la coexistence avec les grands carnivores. Plus des deux tiers (68 %) des habitants des zones rurales estiment que les loups devraient être strictement protégés et près des trois quarts d’entre eux (72 %) reconnaissent que l’espèce a le droit d’exister dans l’Union européenne.

Les tirs létaux de loups, opérés à titre dérogatoire dans le cadre juridique en vigueur, ne permettent pas de protéger efficacement les troupeaux, du mois de janvier au mois de décembre, dans toutes les conditions climatiques et géographiques diversifiées durant lesquelles les troupeaux peuvent être vulnérables à la prédation. Contrairement à ce qui sous-tend l’annonce de la présidente de la Commission européenne, l’affaiblissement du statut de protection de l’espèce ne créera pas les conditions d’une co-existence durable avec l’espèce. Abaisser le statut de protection de l’espèce, dans l’objectif d’une fuite en avant vers une politique de régulation, ne règlera pas les difficultés auxquelles le monde de l’élevage est confronté et qui dépassent largement l’impact de la présence du loup.

Comme nous le constatons en France, ce sont les mesures de protection dûment mises en œuvre qui ont permis une baisse relative des dommages sur les troupeaux au cours des dernières années. L’impact de la prédation ne peut être résorbé qu’en généralisant une protection des troupeaux améliorée et renforcée, sur la base de la trilogie bergers, chiens de protection et clôtures. C’est cette coexistence entre le loup et les activités humaines que plusieurs de nos organisations contribuent à mettre en œuvre avec des programmes expérimentaux qui font leurs preuves (Ferus/Pastoraloup, WWF/Entre chien et loup, FNE/Alpatous).

Par conséquent, nos organisations appellent la France à rappeler les fondements scientifiques qui doivent baser une perspective d’évolution des statuts de protection, et à rejeter fermement cette proposition.

Chasse : polémique après la mort du plus vieux cerf du Nord

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Éole, 16 ans, a été abattu lors d’une partie de chasse le 13 décembre au matin. – Facebook/Forêt de Mormal

C’était le plus vieux cerf de la forêt de Mormal. Éole, 16 ans, « coqueluche de l’Avesnois » comme le désigne La Voix du Nord, a été abattu lors d’une partie de chasse le 13 décembre au matin. Une mort qui a suscité la polémique bien au-delà de ce massif forestier de plus de 9 100 hectares bordé par la Sambre.

« Dès l’ouverture de la chasse en battue à la mi-octobre, l’ordre avait été donné de ne pas cibler Éole », explique au quotidien régional Jean-François Hogne, animateur bénévole pour le collectif Mormal Patrimoine. Même si rien, du point de vue du droit, n’empêchait de le prendre pour cible, « il y avait une unanimité, y compris au sein de l’ONF [Office national des forêts], pour [le] protéger ». Le message aurait été transmis et répété à toutes les sociétés de chasse. Avec d’autant plus d’insistance qu’Éole était un cervidé « ravalant », c’est-à-dire que sa ramure diminuait avec le temps. « On pouvait le confondre avec un jeune daguet », indique M. Hogne.

éole 16 ans

Or Jean-Claude Bonnin, maire de la commune voisine de Locquignol et président de la société de chasse à laquelle appartient le tireur, l’assure : « Nous n’avons jamais eu l’interdiction de tirer sur ce cerf. » L’ONF, propriétaire de la parcelle où le cerf a été abattu, aurait-elle omis d’alerter les chasseurs ? L’office n’a pas répondu aux sollicitations de La Voix du Nord.

La mort de l’animal a ému la députée écologiste Sandrine Rousseau. « Son brame était splendide. J’étais allée l’écouter, à la nuit tombante, dans la forêt de Mormal. Les brames là-bas sont de moins en moins forts. Face à la cupidité de la fédération de chasse qui vend leurs têtes à prix d’or, les cerfs n’ont pas d’arme. Repose en paix, le brave », a-t-elle écrit sur X, ex-Twitter.

Nord: le plus vieux cerf de la forêt de Mormal tué par des chasseurs, colère des associations

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Juliette Vignaud   Le 14/12/2023

Les associations de défense des cerfs alertent sur la mort d’Eole, le plus vieux cerf de la forêt de Mormal, abattu par des chasseurs mercredi 13 décembre au matin.

« Notre roi est mort, vive le roi. » Les associations de défense des cerfs pleurent la mort d’Eole, plus vieux cervidé de la forêt de Mormal, tué par des chasseurs mercredi 13 décembre, relaie La Voix du Nord. Sur Facebook, ils alertent sur les manquements de l’Office national des forêts (ONF) alors que le cerf a été abattu sur leur parcelle.

« L’ONF n’a pas été capable de te respecter et créer les conditions de t’honorer. Tous, chasseurs compris, voulions t’épargner d’un tir lâche. Encore une fois l’ONF a failli à sa mission », déplorent-ils. « L’ONF a tué notre héros de Mormal. »

MERCI EOLE POUR CES 10 ANS OÙ TU AS SILLONNÉ, CONQUIS, DOMINÉ, VAINCU, TERRASSÉ, ENCHANTÉ NOTRE MORMAL

Nous humbles randonneurs, photographes, chercheurs de mues nous sommes réjouis de te croiser, t’écouter, t’admirer pour ta force et ton intelligence !

Nicolas Jumeaux fut le premier à le prendre en photo au brame sur Tabar, Romain et Clément Lebrun ont découvert sa remise, insolite hors brame car au Nord du massif, et ses premiers bois, Olivier Flamme en fit des portraits de…

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« Une faute de gestion »

Auprès de La Voix du Nord, ils dénoncent un « scandale » et une « faute de gestion » de la part de l’ONF. « Dès l’ouverture de la chasse en battue à la mi-octobre, l’ordre avait été donné de ne pas cibler Eole. Le risque était grand, car sans sa ramure, on pouvait le confondre avec un jeune daguet. Nous avons donc répété toutes les consignes aux différentes sociétés de chasse », indique Jean-François Hogne.

« Pour nous, ce n’est ni plus ni moins qu’une faute de gestion. L’ONF n’a pas alerté les chasseurs présents sur son site qu’il ne fallait pas touché à ce cerf », dénonce-t-il.

De son côté, Jean-Claude Bonnin, maire de Locquignol et président de la société de chasse qui exploite les hectares de la parcelle, assure à La Voix du Nord n’avoir pas été informé.

« Je ne comprends pas, nous n’avons jamais eu l’interdiction de ne pas tirer sur ce cerf », assure-t-il. Il précise que la mâchoire intérieure du cerf allait être analysée pour confirmer son âge.

Âgé de 16 ans, Eole était considéré comme le cervidé ravalant le plus vieux de la forêt.

Juliette Vignaud

éole 16 ans

Chasse : polémique après la mort du plus vieux cerf du Nord

 

Des pesticides dangereux autorisés en toute discrétion

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Générations futures a annoncé le 11 décembre saisir le tribunal de l’Union européenne. – Pexels/CC/Mark Stebnicki

Comme le glyphosate, de nombreux herbicides voient leur autorisation prolongée dans l’Union européenne. Et ce, en toute discrétion. Une association a donc saisi la justice.

La réautorisation du glyphosate pour dix ans en novembre a fait grand bruit. Mais d’autres pesticides reconnus dangereux par l’Union européenne peuvent continuer d’être utilisés bien plus facilement et plus discrètement.

Avant que leur réautorisation ne soit soumise au vote des États, les pesticides doivent subir un long processus d’évaluation. Et tant qu’ils n’ont pas été au terme de ce processus, la Commission européenne peut prolonger l’autorisation, sans aucun contrôle de leurs effets sur l’environnement ou la santé.

Ces prolongations sont en fait monnaie courante. Ainsi, certains pesticides, parmi les plus dangereux, peuvent voir leur utilisation prolongée pendant plus de dix ans. Cela constitue un scandale, selon l’association Générations futures, qui a annoncé le 11 décembre saisir le tribunal de l’Union européenne.

Des herbicides contestés

Pour ses recours, l’association a sélectionné cinq substances auxquelles les Français sont particulièrement exposés. « Elles font partie des vingt substances les plus utilisées au niveau national », assure François Veillerette, porte-parole de Générations futures.

Elle s’est aussi concentrée sur les substances considérées comme cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques, et sur celles dites « candidates à la substitution ». C’est-à-dire des molécules pour lesquelles le risque est considéré inacceptable par l’Efsa, l’agence de sécurité sanitaire européenne, pour la santé, l’environnement ou les eaux souterraines, pour au moins l’un des usages.

« Le processus d’évaluation des pesticides manque de transparence »

Par exemple, le S-Métolachlore est un herbicide utilisé sur le maïs et le tournesol. En 2005, il avait été autorisé pour dix ans. En 2014, Syngenta a donc déposé un dossier afin de demander le renouvellement de son autorisation. La Commission européenne doit normalement étudier ces dossiers en moins de trois ans. Mais elle est très fréquemment en retard.

Ainsi, au bout de dix ans, le processus de réévaluation de cet herbicide vient à peine de se terminer. Il n’a pas été réautorisé, puisqu’il est suspecté d’être cancérogène, et présente un « risque inacceptable de contamination des eaux souterraines », rappelle Générations futures. En attendant, malgré ces dangers, il a bénéficié de pas moins de huit prolongations de son autorisation, et obtenu en tout dix ans de délai.

Le prosulfocarbe, lui, est le second herbicide le plus utilisé en France, après le glyphosate. Il est notamment utilisé sur les cultures de céréales. Et lui aussi bénéficie de la nonchalance de la Commission européenne. Selon Générations futures, il était autorisé jusqu’en 2018. Depuis, il a eu droit à six prolongations lui accordant huit ans de tranquillité supplémentaires, jusqu’en 2027, sans la moindre formalité.

Syngenta a déposé un dossier de demande de renouvellement en 2015. Depuis, pas de nouvelle de l’évaluation des risques, toujours en cours. Pourtant, l’herbicide est très contesté, notamment parce qu’il est extrêmement volatil et contamine les champs bios.

Cancérigène, reprotoxique…

Générations futures s’est également intéressée au cas du tébuconazole. Ce fongicide permet de lutter contre les maladies sur les céréales ou la vigne. Son autorisation pour dix ans a expiré en 2019. Depuis, il a eu droit à cinq prolongations pour une durée de sept ans, la dernière court jusqu’en 2026. Selon Générations futures, cette substance aussi devrait être interdite dans l’Union européenne en raison de sa toxicité pour la reproduction.

Autre joli nom, le chlorotoluron a vu son autorisation expirer en 2016. Les huit prolongations décidées par la Commission européenne permettent de l’utiliser dans l’Union jusqu’en 2026. Pourtant ce pesticide est considéré comme « candidat à la substitution » depuis… 2015. « Il est classé par l’Echa [Agence européenne des produits chimiques] comme suspecté cancérigène (catégorie 2) et reprotoxique (catégorie 2) et est très persistant dans l’eau et les sols », écrit Générations futures dans son rapport.

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Le flufenacet est par exemple utilisé sur le blé. Pexels/CC/André Ulysses De Salis

Enfin, le flufenacet détient le record de la prolongation avec 11 ans et 6 mois. Son autorisation a expiré en 2013, mais la Commission l’a prolongée jusqu’en 2025, là encore sans se soucier du fait qu’elle est « candidate à la substitution » depuis 2015, soit huit ans !

Cet herbicide est utilisé sur le blé, l’orge ou les pommes de terre. Son usage « est responsable d’une contamination très importante des eaux souterraines » et il est « extrêmement persistant dans les sols » et « très toxique pour les organismes aquatiques », souligne Générations futures. Il fait d’ailleurs partie de la dangereuse famille des substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS).

Soupçons sur les industriels

Pour François Veillerette, on a là « un détournement du système d’autorisation ». « Ces prolongations viennent se substituer aux décisions de renouvellement, constate maître Hermine Baron, avocate de l’association. C’est une violation du principe de précaution, car cela aboutit à laisser sur le marché des substances actives dont la toxicité n’a pas été réévaluée. »

Savoir où en est le processus d’évaluation d’une substance, pourquoi il dure bien plus longtemps que les trois années prévues en temps normal, quelles études ont été fournies par l’industriel qui demande la réautorisation, est une affaire compliquée. « Le processus d’évaluation des pesticides manque de transparence », estime Me Baron.

Générations futures en arrive à soupçonner que les industriels font volontairement durer le processus. « Les industriels savent dès le départ quelles études seront nécessaires pour compléter le dossier. Ils attendent qu’elles soient demandées, et les fournissent au dernier moment », avance Pauline Cervan, toxicologue chez Générations futures.

Ces recours sont une première, car la possibilité juridique n’en est ouverte aux associations que depuis 2021. L’association compte en lancer de nouveaux, contre les prolongations d’autres pesticides, dès 2024.

La COP28 d’accord pour en finir avec les fossiles – mais pas trop vite

COP28

La COP28 a évité l’échec, au terme d’une nuit blanche de négociation. L’accord mentionne la « transition hors des énergies fossiles ». Mais sans date ni obligation.

La salle éclate en applaudissements. Le président de la COP28, Sultan Al Jaber, a frappé le coup de marteau signifiant qu’un accord était adopté.

Au terme d’une folle journée de mardi, cadencée par les séances plénières, les réunions bilatérales, les rumeurs, la présidence a proposé tôt le matin une nouvelle version du projet de décision. ll a été adopté au cours de la séance plénière qui s’est achevée à 11 heures (heure de Dubaï). Pour la première fois dans un accord issu d’une de ces COP, le texte appelle à une « transition hors des énergies fossiles ». La formulation tient en quelques lignes qui ont été rédigées mot à mot au cours d’âpres négociations nocturnes : le texte appelle les États à « opérer une transition hors des combustibles fossiles dans les systèmes énergétiques [transitioning away from fossil fuels in energy systems], d’une manière juste, ordonnée et équitable, en accélérant l’action au cours de cette décennie cruciale afin d’atteindre le niveau zéro d’ici 2050 » (article 28).

Les objectifs consensuels sont bien là : triplement des capacités de production mondiale des énergies renouvelables (électriques et biomasse) entre 2023 et 2030, doublement du rythme d’amélioration de l’efficacité énergétique (qui passerait donc à 4 %/an). Plus délicat, étant donné la place que pèse encore le charbon dans de nombreux pays, notamment en Asie, l’accélération de la diminution du nombre de centrales au charbon non équipées de systèmes de captage.

Les secteurs du fret maritime et du transport aérien ne sont pas oubliés : il leur est recommandé d’utiliser des carburants bas et zéro carbone bien avant ou aux alentours de 2050.

L’accord emploie une formule alambiquée à propos de la sortie des énergies fossiles : les États pétroliers s’opposaient jusque là à cette idée, d’où le blocage de la négociation les jours derniers). Elle suggère d’accélérer la décarbonation des systèmes énergétiques de sorte qu’ils atteignent la neutralité carbone au mitan du siècle. Cela peut s’interpréter comme une sortie progressive des énergies fossiles ; laquelle devra se faire « orderly » et de manière équitable. Traduction : chacun pourra le faire à son rythme et selon ses méthodes, sans aucune contrainte.

Pour aider les décideurs à décarboner leur bouquet énergétique, la présidence émirienne a aussi proposé une série de modes de production d’énergie labellisés « bas carbone » : renouvelables et nucléaire (l’inclusion de l’énergie nucléaire dans l’accord est une victoire pour le gouvernement français !). Le texte mentionne aussi des technologies d’extraction du CO₂, telle que le captage-stockage géologique (CSC) et l’hydrogène « bas carbone ». Elles ne devront être utilisées que pour les secteurs industriels difficiles à décarboner : sidérurgie et cimenterie en tête.

Autre point notable, à l’attention des producteurs de gaz et de système de climatisation : il faudra accélérer « de manière substantielle » la baisse des émissions de gaz à effet de serre autres que le gaz carbonique. Comprendre : le méthane (principal composant du gaz naturel) et les fluides frigorigènes qui comptent parmi les gaz à effet de serre les plus puissants qui soient.

Les transports routiers ne sont pas oubliés : ils devront, eux aussi, abattre leurs rejets carbonés. Et en la matière, la voie est toute tracée pour l’électrification du parc automobile mondial. En pointe dans ce domaine, la Chine et l’Europe sont aux anges.

Déjà présent dans les précédentes versions, le couplet sur la fin des « subventions aux énergies fossiles inefficaces », dès que possible, est toujours là. Et l’on ignore toujours leur définition précise. Pourront être maintenues, en revanche, les aides publiques aux précaires énergétiques et à la transition énergétique « juste ».

Un paragraphe qui « reconnaît que l’utilisation transitoire » de carburants ou combustibles fossiles peut jouer un rôle dans la transition énergétique et le renforcement de la sécurité d’approvisionnement a été ajoutée à la demande du Groupe Afrique dont de nombreux États membres privilégient leur développement, quitte à consommer leurs hydrocarbures, à la baisse des émissions. Cette position a notamment été défendue par Adonia Ayebare, chef de la délégation ougandaise.

Les pays en développement ont besoin de plus de 200 milliards de dollars par an pour s’adapter au réchauffement

Séance plénière finale le 13 décembre à Dubaï – © Giuseppe Cacace/AFP

Le texte consacre un chapitre à l’adaptation, sujet majeur pour les pays en développement. Il appelle les gouvernements à accroître leurs ambitions, à réduire les risques de ruptures d’approvisionnement en eau. Ce qui suppose de développer une agriculture résiliente aux effets du réchauffement. Novateur, le texte appelle les pouvoirs publics à se pencher sur les conséquences sanitaires du réchauffement, notamment dans les populations défavorisées.

Il appelle aussi les gouvernements à se doter de plans nationaux d’adaptation. Ces documents devraient mentionner les risques inhérents à chaque pays et les outils mis en œuvre pour y faire face. Il n’y a pas d’urgence : la première échéance est fixée à 2030.

« Regrettant » que les pays occidentaux n’aient pas tenu leur promesse de verser 100 milliards de dollars par an, entre 2020 et 2023, aux nations les plus vulnérables, le texte appelle les pays les plus développés à accroître leurs soutiens pour financer l’adaptation des pays en développement. Leurs besoins sont déjà importants : entre 215 et 387 milliards de dollars par an jusqu’à 2030.

« Ce n’est pas une décision historique »

Dès le début de la matinée, le projet de décision avait reçu le soutien de l’Union européenne. Ce projet apporte des améliorations « conséquentes », estimait le chef des négociateurs de l’UE, Wopke Hoekstra, pour qui « c’est le début de la fin des énergies fossiles ».

De son côté, l’Arabie Saoudite a entraîné avec elle les autres pays membres de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole). La plupart des membres du Groupe Afrique étaient, eux aussi, favorables à la version finale. Mais les ONG environnementales voient l’accord en demi-teinte. « C’est un signal important que toutes les énergies fossiles soient citées dans le texte mais cela n’est pas encore la décision historique dont les populations, notamment les plus vulnérables, ont besoin. Les négociations ne peuvent plus ignorer les avertissements lancinants que nous avons entendus ces derniers jours de la part des représentants des petits États insulaires », indiquait Gaïa Febvre, responsable des politiques internationales au Réseau Action Climat.

D’autres groupes étaient moins enclins à le signer des deux mains. S’exprimant au nom du Coalition de la Haute Ambition (HAC), le ministre du climat de l’Irlande a estimé que « tout le monde a des problèmes avec ce texte. » Un point de vue partagé par la Zambie, le Bangladesh, le Brésil, les États-Unis et le Canada.

Mais l’échec n’était pas envisageable. Tout le monde a donc approuvé. Entérinant le début de la fin des énergies fossiles…

Pourquoi les oiseaux arrivent à dormir debout

DIFFUSION AUTORISÉE PAR FAUNE SAUVAGE

L’humain d’un côté et les oiseaux de l’autre sont seuls à partager la bipédie, mais celle des volatiles repose sur un mécanisme bien particulier, la tenségrité, qui pourrait trouver des applications en robotique, selon une étude publiée le 15 novembre 2023.

« L’oiseau est un « animal à la fois très proche et très éloigné de nous »

Cette flexion, que l’humain ne peut tenir qu’un court moment et au prix d’un certain effort, n’empêche pas les dix mille espèces d’oiseaux recensées dans le monde de dormir debout, rappelle l’étude publiée dans la revue Interface de la Royal Society britannique.

Et si on ne s’est jamais vraiment posé la question de savoir pourquoi, c’est peut-être parce que l’oiseau est un « animal à la fois très proche et très éloigné de nous, dont on s’est intéressé surtout au vol et au comportement »,suppose la première autrice de l’étude, Anick Abourachid, du laboratoire Mecadev (Mécanismes adaptatifs et Evolution) du Muséum national d’histoire naturelle de Paris.

Chez l’humain, l’équilibre dépend d’un squelette travaillant en compression. Les forces s’y propagent verticalement, par gravité, de la tête aux pieds. L’oiseau a une structure différente, avec un tronc plus horizontal, allant d’une courte queue osseuse, via une colonne vertébrale quasi rigide, jusqu’à un long cou puis la tête.

Ce tronc est comme en équilibre sur des jambes, constituées de trois os assez longs, qui forment une sorte de Z avant d’arriver aux pattes. Une structure héritée de leurs ancêtres dinosaures.

L’équipe de Mecadev propose que ce système repose sur la tenségrité. Il permet à l’animal de rester « stable avec un coût énergétique minimal, c’est-à-dire sans quasiment aucun effort musculaire grâce à une tension passive »,selon l’étude.

La tenségrité, mot dérivé de l’anglais alliant les notions de tension et d’intégrité, désigne la faculté d’une structure à conserver son équilibre par un jeu de tension et de compression. Comme pour un pont suspendu dont le tablier tient par un équilibre entre câbles et piliers, à la différence d’un pont classique, qui repose sur la seule compression du tablier et de ses piles.

« Couche de plume »

Chez l’oiseau, « une fois que la structure est mise sous tension, il n’y a pas besoin d’énergie pour la faire tenir debout », dit la Pr Abourachid.

Les oiseaux conservent ainsi leur équilibre avec un minimum d’effort, même sur un câble électrique ou une branche secouée par le vent. Un exploit réservé aux pratiquants humains de « slackline », s’apparentant au funambulisme, mais de préférence sans vent.

Pour tester leur hypothèse, les chercheurs de Mecadev ont conçu avec l’aide de ceux du Laboratoire des sciences numériques de l’Université de Nantes (LS2N) un modèle mathématique mariant biologie et robotique.

Un des rares oiseaux dont la posture a été étudiée par rayons X

Ils ont utilisé les études sur un des rares oiseaux, un passereau de l’espèce Diamant mandarin, dont la posture a été étudiée par rayons X. « C’est la seule façon de comprendre la posture du squelette, parce que tout ce qu’on voit d’un oiseau c’est une couche de plumes avec le bec d’un côté et les pattes de l’autre », dit la chercheuse.

Le modèle fonctionne avec quatre câbles remplaçant les tendons et muscles de la jambe d’un oiseau, et allant du sacrum jusqu’à la patte en passant par chaque articulation.

Une juste tension des câbles permet à l’animal modélisé de trouver son équilibre, jambes pliées. Dans la réalité, un oiseau compte une quarantaine de muscles lui permettant non seulement de rester debout mais aussi, selon l’espèce, de courir, nager, prendre son envol, saisir de la nourriture ou se défendre.

Les chercheurs réfléchissent à des modèles plus complexes pour reproduire le comportement des oiseaux en mouvement. Avec l’ambition de trouver une application en robotique – les robots bipèdes s’inspirent souvent du modèle humain.

Le modèle aviaire permettrait à un robot bipède de maintenir une posture fixe pendant longtemps, pour de l’observation par exemple, avec une dépense énergétique minime.

Source : Sciences et Avenir

 

Victoire contre l’abattage des bouquetins du Bargy

Bouquetins-

DIFFUSION AUTORISÉE PAR « FAUNE SAUVAGE »

Contre tout avis scientifique, la préfecture de Haute-Savoie avait autorisé en 2022 l’abattage de 170 bouquetins sauvages dans le massif du Bargy, soupçonnés de transmettre la brucellose aux vaches dans les alpages… Après une première victoire en justice qui avait permis de suspendre en urgence ce massacre injustifié, la justice vient de se prononcer sur le fond du dossier, en donnant une nouvelle fois raison à nos associations.

Par un jugement du 16 novembre 2023, le tribunal administratif de Grenoble a annulé l’arrêté du préfet de Haute-Savoie du 17 mars 2022 en ce qu’il autorisait des tirs indiscriminés de bouquetins du Bargy, jusqu’à 170 individus en 2022 puis 20 individus par an jusqu’en 2030.

Saisi par l’ASPAS, FNE AURA, FNE 74, AVES, Animal Cross, LPO et One Voice, le juge vient confirmer l’illégalité de cette décision dont les dispositions avaient été suspendues en urgence une première fois mai 2022 puis en juin 2023. Il retient l’argument selon lequel le préfet n’a pas mis en oeuvre d’alternatives préalablement aux tirs de cette espèce protégée, se fondant sur l’avis défavorable du Conseil national de la protection de la nature (CNPN) ainsi que sur l’avis de l’ANSES qui proposait d’autres scenarii permettant de réduire la prévalence de la brucellose tout en limitant l’impact sur les bouquetins sains.

Il retient en outre que les mesures de bio-sécurité visant à réduire le risque de transmission aux cheptels domestiques n’ont pas été suffisamment mises en oeuvre ni évaluées.

Extraits du jugement : 

« L’Anses considère qu’il faut parvenir à l’extinction naturelle de la maladie et que le scénario n° 5, qualifié de « scénario flash » qui rend difficile le suivi postérieur, est « comparable à un pari dont la probabilité de succès (par extinction) est faible » »

« Cette analyse est confortée par l’avis, unanimement défavorable, rendu par le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) le 27 janvier 2022, qui indique que l’arrêté préfectoral « prend en compte la vision sanitaire demandée par le milieu de l’élevage, avec une action choc immédiate d’assainissement, à l’instar de la prophylaxie domestique », ce qui est voué à l’échec s’agissant d’une espèce sauvage. Cette instance explique que l’abattage massif prévu pour l’année 2022 comporte « une prise de risque importante non incluse dans le modèle, qui vient de la déstructuration de la population de bouquetins dès lors que les individus restants peuvent s’agréger différemment ». Ainsi et dès lors que l’abattage de cette espèce protégée ne peut être autorisé qu’en l’absence d’alternative satisfaisante permettant de parvenir à l’extinction de l’enzootie, le préfet ne pouvait légalement autoriser un abattage indiscriminé dans la limite de 170 individus, scénario estimé moins pertinent qu’un abattage plus restreint pour parvenir au résultat recherché. »

« Pour les mêmes raisons, le préfet n’était pas fondé à autoriser « à partir de 2023 et pour les années suivantes » un maximum de 20 abattages indiscriminés, sans tenir compte des effets des mesures ordonnées et réalisées en 2022 puis chaque année »

« Selon les instances consultées, les mesures de gestion doivent être complétées par des mesures de biosécurité tendant à limiter les contacts entre les bouquetins et les cheptels domestiques, mesures dont l’inefficience n’est pas établie faute de mise en œuvre suffisante »

 

Notre article du 19 novembre : Abattage des bouquetins : les chiffres donnent raison aux associations de protection

Le 14 octobre 2022, le Préfet de Haute-Savoie publiait un arrêté , » n°DDT-2022-0913 autorisant sur l’ensemble du massif du Bargy le prélèvement de bouquetins pour viser l’extinction de l’enzootie de brucellose au sein de la population ; dans l’intérêt de la santé publique, pour prévenir les dommages à l’élevage et aux filières agricoles de montagne  pour l’année 2022 « . Malgré 88% d’opinion défavorable exprimés lors de la consultation publique tenue au préalable.

(Pour rappel cette maladie bactérienne, qui peut se transmettre à l’humain par la consommation de produits laitiers crus, terrorise les éleveurs et producteurs de reblochon)

L’article 8 du même arrêté précisait qu’il pouvait être contesté dans un délai de 2 mois

Sauf que, pour une fois, les services de l’Etat sont d’une rapidité foudroyante !

Deux jours plus tard en effet, les 17 et 18 octobre, des agents de l’OFB (Office Français de la Biodiversité), aidés de chasseurs et d’un hélicoptère, se déploient en montagne pour exécuter au plus vite cette mission cruciale et urgente.

Devant ce délai ridicule, tellement pratique, impossible pour les différentes associations (LPO, ASPAS, FNE, One Voice…), vent debout contre cet arrêté, de le contester devant le tribunal administratif de Grenoble.

61 bouquetins – soit environ 20% de la population totale – seront  « prélevés » (lire abattus) en deux jours, simplement parce qu’ils sont suspectés d’être sujets porteurs. Ce qui revient concrètement à prendre le risque d’ôter la vie à des animaux potentiellement sains (rappelons que le bouquetin est une espèce protégée)…

Le mal étant fait, restait à déterminer a posteriori combien d’animaux étaient porteurs de la maladie.

Afin d’en avoir le coeur net, nous avons donc légitimement demandé à l’Etat les résultats de l’analyse bactériologique prévue sur les cadavres.

Et voici enfin leur réponse, un an après la demande initiale, après de nombreux allers-retour entre différents services :

Dans le cadre de la lutte contre la brucellose (maladie grave présentant un danger sanitaire, en raison des risques de contamination des ruminants domestiques et de transmission à l’Homme) au sein du massif du Bargy en Haute-Savoie, des mesures de captures et de tirs ont été mises en œuvre depuis 2013, qui ont permis de faire baisser notablement la prévalence de la maladie dans la population de bouquetins.

Face à la persistance de la maladie, un arrêté préfectoral a été pris le 14 octobre 2022 pour autoriser les prélèvements dans une limite de 75 individus afin notamment de lutter contre la brucellose dans la zone cœur, où les animaux sont souvent inaccessibles pour la procédure de capture et euthanasie.

Les tirs dans le cas des bouquetins du Bargy visaient un double objectif : connaître plus précisément le statut des bouquetins qui ne pourront jamais être capturés, vis-à-vis de la brucellose et, en visant les individus femelles les plus à risque de propagation de la maladie, de diminuer leur concentration dans les zones refuges que sont les barres rocheuses, ainsi la probabilité de contamination du groupe après mise-bas ou avortement de l’une d’entre elles.

Sur les 61 bouquetins ayant fait l’objet de tirs sur la base de l’arrêté du 14 septembre 2022, seuls 52 ont pu être effectivement analysés. Parmi ces derniers, 3 bouquetins se sont révélés être positifs au test rapide et au test en laboratoire et 2 bouquetins ont obtenu un statut sérologique indéterminé. Les autres étaient négatifs.

Les opérations de surveillance par capture et test se sont poursuivies cette année et attestent de la persistance de la présence de la maladie dans le Bargy et de son extension au massif des Aravis. Ainsi, en 2023, moyennant la mobilisation de moyens humains conséquents, les services de l’Office Français de la Biodiversité ont réalisé :

– 50 captures dont 4 positifs et 19 recaptures dont 0 positif dans le massif du Bargy

– 71 captures dont 2 positifs dans le massif des Aravis.

 

Résultat :

  • 5% des bouquetins abattus en octobre 2022 dans le massif du Bargy étaient malades, soit 49 individus abattus pour rien

Sur les recommandations de l’ANSES et du CNPN, et devant la pression mise par les associations de protection, la Préfecture a enfin décidé en 2023 de privilégier l’option la plus raisonnable, à savoir : 1. capture ; 2. test ; 3. euthanasie des individus malades ou relâcher des animaux sains

Et fort heureusement puisqu’en 2023 les prélèvements effectués sur la population de bouquetins ont donné les résultats suivants :

  • 6% des bouquetins testés en 2023 dans le massif du Bargy étaient malades, et donc 65 individus ont été relâchés
  • 3% des bouquetins testés en 2023 dans le massif des Aravis étaient malades, et donc 69 individus ont été relâchés

L’action des associations a donc permis de sauver 134 bouquetins !

Les étonnantes subventions allouées aux chasseurs au nom de la biodiversité

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France Info publie une enquête détaillée sur des pratiques étonnantes de subventions entre le monde des chasseurs et l’OFB (Office français de la biodiversité)qui gère un fond destiné à financer des projets de reconquête de la biodiversité.

Initier des écoliers à manier un couteau, distribuer des nichoirs en plastique, rembourser des déplacements en plein confinement… Selon la cellule investigation de Radio France et le magazine « Capital », des subventions reçues par des fédérations de chasseurs au nom de la biodiversité posent question.

L’enquête est à lire ici sur le site de France Info

Pour notre part nous retenons les interventions de Olivier Thibault, le directeur de l’OFB.

« Est-ce qu’il y a de la triche (dans les dossiers retenus, NDLR)? On ne peut pas l’empêcher totalement. Mais j’aimerais bien voir un système d’aides qui n’a aucun mauvais dossier »

« Le fait qu’il y ait des procédures judiciaires en cours n’est pas un critère pour refuser une subvention.« 

Tout est dit, malheureusement…

Tir mortel de vautours rares et protégés : condamnation d’un éleveur drômois

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faunesauvage.pngautorisation de diffusion

lL avait délibérément tiré sur 2 vautours protégés, le tribunal de Valence a condamné ce 6 décembre un éleveur drômois à 4 mois d’emprisonnement avec sursis, la privation de son droit de chasse pour 2 ans et plus de 30 000€ de réparation des préjudices des associations environnementales. Une condamnation attendue par FNE AURA et Frapna Drôme Nature Environnement, parties civiles, au regard des enjeux. En effet, la destruction de ces 2 vautours menace directement la survie de leurs espèces toutes entières sur le territoire français, aujourd’hui au bord de l’extinction.

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Les faits

Le 31 décembre 2022, un éleveur de brebis drômois a abattu deux vautours, un vautour moine et un gypaète barbu. Grâce à une enquête poussée et solide des services de police de l’Office Français de la Biodiversité (OFB), il a pu être confondu et a comparu le 6 octobre 2023 devant une salle comble au tribunal judiciaire de Valence pour destruction illégale d’espèces protégées. FNE AURA et Frapna Drôme Nature Environnement sont parties civiles dans cette affaire aux côtés d’une dizaine d’autres associations environnementales, mobilisation qui témoigne de la gravité de l’affaire.

Vautours moines et gypaètes barbus, deux espèces en danger d’extinction

Les gypaètes barbus et les vautours moines sont deux espèces dont la survie est loin d’être assurée en France. Ces deux espèces avaient totalement disparu des Alpes françaises au cours du XXème siècle. En 2023, on compte moins de 25 couples de gypaètes et 21 de vautours moine à l’Est de la vallée du Rhône. Ce n’est qu’à force de programmes de réintroduction que ces espèces reconquièrent peu à peu leur place au sein de nos écosystèmes. Mais cette tendance est fragile, le taux de reproduction de ces rapaces étant très bas et les menaces permanentes, notamment les tirs et empoisonnements. Ces espèces sont donc loin d’être sauvées et chaque individu représente une valeur patrimoniale inestimable.

Une cohabitation importante pour l’économie du territoire

Il n’est plus tolérable aujourd’hui de se cacher derrière les vieux mythes de vautours prédateurs, tueurs de brebis, comme le fait cet éleveur qui, heureusement, n’est pas représentatif de la profession. Ces rapaces charognards qui se nourrissent de carcasses sont tout au contraire de véritables auxiliaires de l’activité d’élevage par leur fonction d’équarrisseurs naturels. Dans les Baronnies, ce sont ainsi une centaine d’éleveurs qui comptent sur les vautours pour les débarrasser de plus de 90 tonnes de carcasses par an. Sans compter l’activité touristique générée par le spectacle naturel impressionnant de ces espèces charismatiques et patrimoniales.

Tirer un vautour c’est ainsi non seulement condamner l’espèce, mais c’est aussi jouer contre son propre territoire.

Cette condamnation vient rappeler la nécessaire et bénéfique cohabitation entre l’Homme et les vautours, et assène un message clair : pas d’impunité pour les délinquants qui détruisent des espèces protégées.

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